Fiche n° 500 : Charisme de Michael Coney

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Falcombe est un tranquille port de pêche des Cornouailles. Rien d'important ne peut s'y produire. En apparence. Or, c'est peut-être là que va se jouer le sort de l'humanité. Car près du port, se trouve un mystérieux Centre de Recherches dont les travaux ont permis d'établir l'existence d'une série illimitée d'univers parallèles au nôtre, et légèrement décalés dans le temps.
Que se passe-t-il, dans ces conditions, lorsqu'un meurtre est commis à Falcombe, et que l'assassin demeure insaisissable  ?
Que se passe-t-il lorsque deux amants cherchent à se retrouver dans l'infinité des mondes possibles  ?
Que se passe-t-il lorsqu'un voyageur imprudent découvre, dans une autre réalité, l'imminence de sa propre mort  ?
Que se passe-t-il lorsque, un beau jour, ces univers se mettent à converger  ?
Le voyage dans le temps, les mondes parallèles  : deux des plus vieux rêves de la science-fiction. Dans Charisme, Michael G. Coney montre, avec humour et poésie, qu'on n'avait pas tout dit sur eux.

Informations complémentaires :
(livre épuisé)

Mon avis :
Si vous suivez un tant soit peu ce blog, vous le savez sans doute : ici, Michael Coney, on aime bien. Mieux, on est fan (cf Péninsule, Le Crépuscule des Mondes et La grande Course de Chars à voile). Alors qui mieux que lui pouvait être mis à l'honneur avec notre 500ème chronique (happy birthday to you le blog !).

Après quelques pages, le doute n'est plus permis : nous sommes bien dans un Michael Coney. On retrouve rapidement toutes les constantes de l'auteur : ambiance de fin du monde, histoire d'amour, sf légère, personnages complexes, etc.

Mais la magie prend toujours et le lecteur se laisse emporter, bercé par les oscillations d'un monde qui vascille, au coeur d'une histoire comme seul l'auteur américain savait nous les concocter. En quelques lignes, Coney dresse le portrait de personnages profondément humains, à l'image du narrateur, John Maine, un homme spécialisé dans le business nautique et qui voit celui-ci mis à mal par un homme d'affaires qui tente de l'arnaquer. Mais John n'en a cure, car John vient de rencontrer Susannah et de tomber amoureux. Mais l'amour n'est jamais simple, pour John moins encore que pour les autres puisqu'il ne peut retrouver son amante que le temps de quelques instants... avant que ne sonnent les douze coups de minuit et que cette dernière ne se réfugie dans son  propre monde, un monde parallèle où le Temps a suivi un cours un peu différent. Et lorsque tombe le rideau noir, l'histoire d'amour vire au drame : Susannah meurt. Pour John, la seule consolation possible semble se trouver au fond des bouteilles de whisky. Mais John n'a pas encore toucher le fond puisqu'à ce premier décès en succède un autre, un meutre. S'en suit une enquête où verra John peser contre lui de forts soupçons. Pour se sortir des ennuis et retrouver celle qu'il aime (?), John devra traverser  bien des mondes et des époques : une course contre la montre, une course contre le Temps où l'amour est promis au vainqueur...

En nouant une intrigue policière autour du récit de son narrateur, Coney nous immerge doucement mais sûrement dans une Cornouaille proche de la nôtre à bien des égards, une Cornouaille plongée dans une ambiance pesante qui laisse toujours à penser que le pire est toujours à venir. Malgré la présence d'une "intrigue policière" et d'une "course contre la montre", n'allez pas croire que le roman est mené selon le rythme suvolté d'un thriller ; vous en auriez pour vos frais. Non, tous deux vous font indéniablement tourner les pages mais ne sont au aucun cas les moteurs du récit.

Si la recette de l'auteur n'a pas changé d'un iota, elle s'avère en revanche toujours aussi efficace. A l'instar de John, on se fait avoir et on s'en moque, car cette histoire d'amour sur toile de fin du monde, de mondes parallèles et de voyages dans le temps ne laisse pas indifférente. Avec beaucoup d'humour, d'intelligence et de subtilité, Coney réutilise des thématiques rebattues du genre dans ce magnifique roman où la SF s'efface derrière les personnages, derrière l'Homme, cette bête qui n'aura jamais fini de nous surprendre.

8,5/10 Quoiqu'un tantinet prévisible pour qui a lu d'autres romans de l'auteur, Charisme prolonge l'oeuvre géniale d'un humaniste trop méconnu. Volez-le chez votre bouquiniste, harcelez votre éditeur préféré pour qu'il le réédite mais lisez-le !

Simatural

Publié dans Critiques SF

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