Fiche n° 319 : La grande course de Chars à Voile (Le Chant de la Terre 1) de Michael Coney

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :


Résumé :
Le Chant de la Terre est supposé extrait d'un chant épique qui relate l'histoire de l'humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu'il faudrait plus d'un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l'île au sceptre.
Le cycle conte la mésaventure d'un presque dieu, Starquin le Cinq-En-Un, qui, se promenant dans l'univers des aléapistes, autrement dit des possibles, se trouva piégé quelque part dans l'espace par les champs de mines d'une guerre interstellaire future. Malgré ses pouvoirs, il risque d'y périr d'inanition au bout de quelques millénaires si l'histoire ne peut être réécrite afin de le libérer.
La Grande Course de chars à voiles constitue le prologue du cycle, et se situe dans un Brésil futur, en un temps où la technologie sauvage qui a menacé de détruire la Terre a été oubliée et où la sculpture des êtres vivants a pris sa place : Karina, l'héroïne du roman, est une félina, issue d'un croisement de Vrai Humain et de chat, elle a la beauté d'une femme et la souplesse d'un fauve, sa cruauté et sa violence. La vie lui fera rencontrer Raoul, le fils du capitaine indomptable, tandis que se déroule sur un rail unique, à travers forêts, jungles et marais, la terrible, la fantastique grande course de chars à voiles...

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=18841

Mon avis :
Notre ami Simatural nous avait parlé, il y a quelques temps, d'un auteur grâce avec leaquel il avait pris une grosse claque : Michael Coney. A mon tour aujourd'hui d'être bluffé par son talent ! Je dois avouer que ça faisait longtemps que je n'avais pas autant pris mon pied en lisant ! Une grosse baffe, donc.

La grande Course de Char à Voile est le premier tome du cycle du Chant de la Terre. Le chant de la terre, c'est le chant d'Alain nuage bleu, voix de la mémoire de l'univers. Le chant de la terre, c'est la somme colossale de tous les événements, de toutes les histoires, de toute les légendes sur lesquelles est basée l'humanité. Mais le chant de la terre ne peut nous être racontée dans son intégralité ; alors Alain Nuage bleu nous conte l'histoire de Starquin le presque dieu. Voyageur colossal dont l'avenir semble être lié à celui de la terre, Starquin se retrouve piégé dans un coin de l'univers par des bombes Haines, une arme destinée à protéger les humains. Ceux-ci en effets ont abusé de la technologie et sont allés trop loin dans leurs voyages interstellaires et se sont mis en danger.

Mais cette époque est révolue : grâce aux Chihuahuas, sorte de sages de l'espace que les humains ont appris à révérés, l'humanité est revenu sur un chemin plus sain (du moins le croit-elle). Désormais, les voyages se font sur des chars à voile glissant à toute vitesse sur des rails. Les habitants vivent en harmonie avec la nature dans une sorte de jungle. Chacun, "vrai humain" ou spécialiste (mi homme mi-bête) a une place et un rôle, malgré quelques tensions.

Pourtant Starquin est toujours prisonnier et le temps presse. Alors les Didons, ses envoyées, font tout ce qu'elles peuvent pour le sauver. Et ce, sur toutes les réalités du monde (les aléapistes). Nous suivons ainsi le parcours d'une jeune felinas (une spécialiste mi-femme mi-jaguar) dont l'avenir pourrait compter dans la libération de Starquin. Seulement voilà, ici comme sur toutes les autres aléapiste, la belle ne semble pas décidée à se laisser dicter sa conduite ni par la Didon, ni par son père d'ailleurs....

Mais au delà de l'histoire elle-même, il est question de religion, d'éthique, de racisme, d'écologie, de politique, de tortugas et de char à voiles. Il est question d'individus qui, même s'ils ne sont là que l'espace d'une page, ont une vraie âme et un vrai rôle. Rien dans cette œuvre (car oui, il s'agit bien d'une œuvre, d'un chef-d'œuvre même) n'est laissé au hasard ; chaque chose est importante, au moment de la lecture ou, plus tard, dans le récit. Le style est simple et efficace. Tout est où il faut quand il le faut.

Ca vous semble compliqué ? Pourtant, raconté par Coney, c'est limpide, riche, enthousiasmant et inoubliable. Michael Coney, c'est de l'aventure mais de l'aventure intelligente et bien écrite. Michael Coney, c'est des milliers d'idées géniales. Michael Coney, c'est un écrivain qui sait créer de vrais univers et donner vie à ses personnages. Michael Coney, c'est un écrivain méconnu, sous-estimé mais aujourd'hui réédité, notamment par les éditions Robert Lafont (qui avait publié une premiere fois cette saga dans les années 80). Profitons-en !

9.5/10 ÉPOUSTOUFLANT ! N'hésitez pas, ce livre est fait pour vous ! Comment je le sais ? Et bien, c'est simple, il peut aussi bien plaire à ceux qui aiment la science fiction qu'à ceux qui aiment la fantasy ou encore à ceux qui aiment l'Aventure (avec un grand A), ou l'action, ou la réflexion... Lisez-le, découvrez Michael Coney et soyez prêts à être bluffés. On vous aura prévenu.

Mitificus

Publié dans Critiques SF

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Acr0 03/08/2009 12:30

J'ai moi aussi beaucoup apprécié (même si je ne lui mettrai pas 9,5/10). Et pourtant, je ne suis pas forcément très fana de la SF avec tous les a priori que nous pouvons avoir...
Je suis entrain de lire le tome 2 "la locomotive à vapeur céleste" et pour moi, c'est encore MIEUX.

http://livrement.canalblog.com/archives/2009/06/08/14007453.html