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Critiques BD

Jeudi 17 mars 4 17 /03 /Mars 17:41

Couverture :
nouveau_monde_01.jpg

Résumé :
D’un navire à bout de souffle s’extraient des rescapés en quête d’un coin de quiétude sur le sol américain. À leur tête, une jeune femme de caractère : Emie. Elle a traversé l’océan pour retrouver ses enfants, enlevés par son mari, officier anglais parti se battre contre les Français. De ce voyage chacun est ressorti attaché à Emie et à sa quête. De plus, elle a promis de les mener au village caché qui leur permettra un nouveau départ. Ils ont connu les pires affres durant le trajet, mais les dangers sont encore nombreux ! Les Indiens "sauvages", les Anglais à leur recherche, l’ennemi français, la nature hostile sont sur leur chemin. Mais le péril peut aussi venir de l’intérieur de ce groupe hétéroclite où chacun a ses parts d’ombres et ses raisons de recommencer une autre vie.Cette nouvelle série d’aventure vous emmène aux côtés de ces colons pas comme les autres !

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :
Filippi et Mezzomo mettent en scène une aventure dans une Amérique encore vierge, où les Indiens, bien que pris dans le conflit, circulent librement. C'est l'Amérique des colons cherchant une nouvelle vie, des trappeurs et des aventuriers de tout poil.

Dès la couverture, le ton de l'album est donné. Nous y voyons Emie, rejetée sur la plage, esquintée par l'épreuve, mais se relevant, déterminée.
Et c'est cette détermination qui coule tout au long de cet album, Emie ne reculant devant rien pour atteindre son but. Son histoire et celle de ces compagnons est dévoilée peu à peu par d'habiles flash-back mettant en scène Le Bristol, sans briser le cour du récit.
Ces flash-back alternent avec des scènes d'actions et de poursuites où l'Amérique devient un personnage à part entière, rude, immense et sauvage.

Le trait semi-réaliste employé par Mezzomo fait d'ailleurs bien ressortir cette rudesse, notamment sur les scènes de combat. Ces dernières sont sans concession, dynamiques, âpres et violentes, donnant presque le goût du sang à la bouche.
Le personnages ont parfois les traits un peu confus mais leurs attitudes et expressivité sont rendues efficacement, ce qui dynamise le récit.
La représentation de la nature est réussie au point que j'aurais aimé que certaines cases soient plus grandes.
Un bémol à tout cela, le récit est dense et les personnages si nombreux que l'on peut s'y perdre sans une lecture attentive.

6,5/10 Des combats, une galerie de personnages bien trempés et une Amérique immense et sauvage, tous les ingrédients pour  un bon récit d'aventure ! Un premier tome confus mais agréable, notamment pour ses dessins et son contexte.

Christian

Par Librairie CRITIC - Publié dans : Critiques BD - Communauté : autour de la BD
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Mardi 15 mars 2 15 /03 /Mars 08:56

Mon avis :
wollodrin.jpg

Résumé :
Une geôle obscure dans un donjon de Marmaëkard où croupissent des prisonniers attendant la mort.
Cette dernière va être déçue car un sauveur intéressé, le Duc de Regoniem, offre l'évasion aux six condamnés, mais cette évasion a un prix. Notre troupe doit partir en quête de la fille du Duc, enlevée par les sauvages Orcs, mais la retrouver n'est pas une mince affaire.

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :
C'est le retour du « diplomate », Jokkï, de Ivarr l'archer, et du rusé et combatif, Ebrinh !
Nous les avions laissés dans le très bon « 7 voleurs », déjà chez Delcourt, avec un avenir doré devant eux.
Attention, il ne s'agit toutefois pas d'une suite, Wollodrïn pouvant se lire indépendamment de « 7 Voleurs », même si la lecture de ce dernier apporte un éclairage sympathique.

Chauvel et Lereculey nous replongent dans l'univers de Marmaëkard au-travers d'un scénario  classique en Fantasy :  un groupe d'aventuriers réunis autour d'une quête.
Si l'influence de J.R.R. Tolkien et de Fritz Leiber est indéniable, les auteurs ont su donner du relief à leur univers qui en fait bien plus qu'une simple copie de la Terre du Milieu.

Lereculey rend justice à la richesse du monde créé en représentant des paysages magnifiques (des double-pages superbes) et  dessine des scènes d'action dynamiques et épiques. Le dessinateur, au-travers de cet univers, créé une atmosphère rendant quasi palpable Marmaëkard et son monde.
Les personnages sont superbement rendus, leurs expressions et attitudes travaillées (les Orcs sont très réussis) renforçant le récit.

Les personnages principaux ne sont pas des ersatz d'Aragorn ou du Souricier Gris, chacun possédant une part de mystère les rendant attachants. En effet, au début de l'ouvrage, nous ne savons rien d'eux et peu à peu certains dévoilent  leurs mystères, avec humour pour certains, plus tragiquement pour d'autres.
Pas de manichéisme dans tout ça, chacun a sa part d'ombre et de lumière et nous verserions presque une larme sur le sort des Orcs …
C'est là une force de l'histoire, le classique de la quête permettant de mettre en avant nos aventuriers autrement que par leurs seuls exploits guerriers.
Qui plus est, certains indices laissés dans le récit laissent à penser que l'univers est loin de nous être complètement dévoilé …

8/10 Un récit de Fantasy très réussi où les auteurs nous livrent un univers riche, des personnages charismatiques et mystérieux, des orcs, des nains et une quête ! Les influences de J.R.R. Tolkien ou de Leiber sont parfaitement assimilées et utilisées intelligemment, sans jamais tomber dans la recopie. A lire absolument !

Christian

Par Librairie CRITIC - Publié dans : Critiques BD - Communauté : autour de la BD
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Samedi 12 mars 6 12 /03 /Mars 10:39

Couverture :
temps_nouveaux.jpg

Résumé :

1938. Après 8 ans passés au Congo, Thomas revient dans ses Ardennes natales. Alice, son amour de jeunesse, est maintenant la mère des enfants de son frère Charles. Déchirée entre les rexistes pro-nazis de Léon Degrelle et ses querelles intestines, la Belgique peine à se déterminer au sein de cette Europe trouble, agitée par les conquêtes hitlériennes et la guerre d'Espagne. Une page sombre de l'Histoire, au prisme de la vie d'un village des plus tranquilles... en apparence !

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :
Ce n’est que le premier des deux tomes qui composent l’histoire, mais il semble que cette dernière soit tout de même un peu fade.

1938 et l’aube du plus grand conflit mondial est là. Thomas, jeune explorateur dilettante revient dans ses Ardennes belges après une absence de 8 ans et un certain temps passé au Congo alors colonie belge.

Lorsqu’il revient, son amour de jeunesse est devenu sa belle-sœur et l’écart s’est davantage creusé entre son frère aîné et lui.

En analogie avec l’Histoire du monde, les drames et les déchirures se jouent également dans ce microcosme perdu dans la campagne et comme les pays du monde, les opinions politiques et les ambitions déchireront encore plus ces deux frères que tout oppose.

Entre prémices de la seconde guerre mondiale, idéaux hitlériens et la guerre civile espagnole, Thomas évolue en compagnie d’une Espagnole au caractère bien trempé et une nostalgie du temps passé difficile à gérer.

Si le dessin est ordinaire et colorisé pour une ambiance champêtre réussie et que le scénario a l’avantage de proposer une vision de la seconde guerre mondiale différente parce que belge, l’histoire est fade et on se lasse des éternelles rivalités familiales et des caractères stéréotypés.

L’implication des milices et des partis politiques nous apprend sur l’histoire belge tout comme le personnage espagnol permet une relation étroite avec la naissance du franquisme, mais tout cela est grandement desservi par des personnages sans envergure et complètement prévisibles.

5/10 Espérons que le second volume apporte rebondissements et piments à cette histoire qui mériterait davantage d’ambition tant pour les personnages que pour l’interprétation des faits historiques.

Olwen

Par Librairie CRITIC - Publié dans : Critiques BD - Communauté : autour de la BD
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Jeudi 10 mars 4 10 /03 /Mars 09:46

Couverture :
aslak1.jpg

Résumé :
Afin de satisfaire un cruel roi viking, deux frères partent en quête d’un célèbre conteur. Celui qui échouera devra périr. Une course-poursuite sans merci s’engage dès lors. D’un côté, Skeggi s’accoquine avec le sanguinaire Roald le Borgne. De l’autre, Sligand embarque à bord de l’Aslak, le drakkar le plus piteux du royaume commandé par la téméraire Brynhild. Leur quête s’annonce des plus périlleuses…

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :
Voici, ma foi, une BD fort sympathique. Au premier abord, la couverture ne présage rien d'exceptionnel ; et puis, très vite, on rentre dans un univers haut en couleurs, aux personnages soignés, attachants et drôles. L'histoire n'est pas sans rappeler, par son approche et son humour, une BD comme les 7 missionnaires ou bien un film comme Erik Le Viking

Toutefois, les auteurs ne sont pas des inconnus. On retrouve au scénario un Hub en grande forme ( cf la série Okko qu'il scénarise et dessine) et un Michalak en non moins bien inspiré, lui qui oeuvre depuis quelque temps déjà au story-board de la même série, et qui a par ailleurs dessiné la série Les Cercles d'Akamoth, une série qui était parfois perfectible au niveau du dessin. C'est corrigé ici avec un dessin très chouette qui joue pour beaucoup dans le plaisir que l'on retire de cette histoire. J'adore tout particulièrement le personnage du Berserker, vraiment excellent.

7 /10 Une très belle découverte où humour et aventure sont au rendez-vous, une série à découvrir et à suivre sans nul doute. Après les guerriers d'asie avec Okko, rentrez dans l'univers impitoyable du Grand Nord et de ses Vikings. Plaisir garanti !

Eric

Par Librairie CRITIC - Publié dans : Critiques BD - Communauté : autour de la BD
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Dimanche 6 mars 7 06 /03 /Mars 09:18

Couverture :
feroces_tropiques.jpg

Résumé :
Précipité dans le bruit et la fureur d'un monde pressé de se meurtrir et de se détruire, Heinz le peintre nous conte son errance à la recherche d’une innocence à jamais broyée par la folie des hommes. Récit de voyage, chronique de guerre et manifeste esthétique, cette oeuvre inclassable résonne du chant de l’artiste brisé par la brutalité de son temps. Embarqué comme peintre officiel dans une mission océanographique allemande en Papouasie, en 1913, Heinz découvre la beauté sauvage des forêts et de leurs habitants, au milieu desquels, abandonné par l'équipage, il apprend à vivre. Arraché à cet éden, propulsé dans la boucherie de la Grande Guerre puis démobilisé à l'armistice, il finira par repartir à la recherche de son paradis perdu. Mais ce qui est perdu ne revit pas. Commence alors la longue errance solitaire du peintre à travers les mers...

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :

Voilà une bande dessinée inclassable ! Un esprit original, une allure unique, Féroces Tropiques est l’histoire d’un peintre Allemand méconnu, Heinz Von Furlau et d’une quête qu’il entreprend.

C’est à l’aube de la Première guerre mondiale que l’on découvre ce peintre embarqué pour une mission océanographique qui le conduira jusqu’en Papouasie. Rejeté par les marins qu’il accompagne, il saisira vite à ses dépends que ce simulacre d’exploration est davantage du colonialisme poussé par la folie humaine que par une réelle volonté de découvrir le monde.

Malgré lui et pour son bonheur, ce peintre marchera dans les pas de Paul Gauguin en vivant avec une autochtone mais la guerre mondiale le rattrapera et lui-même vivra la guerre en Europe.

C’est alors qu’écoeuré par l’humanité et la bestialité qu’il en retire, il partira à la recherche de la terre qu’il appelle son Eden pour naître une troisième fois. Mais la guerre et le temps sont passés, il est déjà mort deux fois…

La relation entre son introspection et le rythme de l’humanité rendent difficile une vision globale de l’ouvrage. Carnet de voyage, témoignage de guerre, épopée picturale, cette bande dessinée raconte comment un homme perd ses illusions et se perd lui-même pour les vivre et/ou les retrouver, forcé d’avancer malgré la brutalité du monde.

Ce livre  est bel et bien une bande dessinée mais qui se présente davantage comme une succession de petits tableaux et fresques qui nous font voyager au gré des époques et des sensations du héros.

Desservie par une narration saccadée et des voyages dans le temps difficiles à suivre, l’histoire nous emporte malgré tout vers la fin du tome et nous entraîne dans les désillusions et les espoirs de maître du pinceau. Le travail de Pinelli dans les couleurs et les ambiances est pour beaucoup dans l’intérêt que suscite la BD. Un changement de couleur et de forme pour chaque époque, le dessin nous donne plutôt l’impression de voir la bande dessinée comme le peintre représente le monde et peut-être tel qu’il le voit même si par moments, ces mini-tableaux deviennent ardus à déchiffrer.

6/10 Si le travail graphique est impressionnant et apporte de la douceur aux atrocités de l’humanité et aux turpitudes de Heinz, l’histoire est néanmoins étrangement construite.

Olwen

Par Librairie CRITIC - Publié dans : Critiques BD - Communauté : autour de la BD
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