Fichier n° 794 : Le Dernier de son Espèce d'Andreas Eschbach

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Dans un petit village de pêcheurs sur la côte occidentale irlandaise, un homme s'est retiré qui porte un lourd secret. On lui avait promis l'avenir d'un surhomme : l'invalidité le guette aujourd'hui. Il se voyait devenir un héros : il est obligé de se cacher du monde. Il n'espère plus désormais que de vivre dans le calme et l'oubli le reste de son existence. Or voici qu'un inconnu le recherche, que le passé brusquement lui surgit à la figure et que l'avenir s'obscurcit. Car le secret de Duane Fitzgerald c'est lui-même. Il est le dernier de son espèce. Révélé par l'étrange et poignant Des milliards de tapis de cheveux, Andreas Eschbach s'est affirmé comme un maître du suspense avec Jésus vidéo. Tout au long de ce stupéfiant nouveau frileur de science-fiction, il nous invite à une quête de l'humanité à travers l'aventure d'un homme solitaire qu'on en a exclu.

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Mon avis :
Ayant connu Andreas Eschbach lors de la sortie de son dernier roman En panne sèche, son dernier roman traduit en français, et qui m’a beaucoup plu, je me suis lancé dans ses autres ouvrages. Ainsi, après Jésus vidéo, c’est à un plus petit thriller que je me suis attaqué, Le dernier de son espèce. Je vais tout d’abord émettre un avis général sur cet auteur, puisqu’il se retrouve dans l’ensemble de ses livres, du moins ceux que j’ai pu lire.

La principale qualité des histoires narrées par Andreas Eschbach est la recherche qu’il fait en amont sur les différentes thématiques abordées. Qu’il s’agisse en effet du pétrole dans « En panne sèche », de l’archéologie et religieux dans Jésus vidéo, ou pour ce qui nous concerne ici la biotechnologie, on se sent tout de suite immergé dans un univers cohérent. N’étant pas féru de ces diverses disciplines, je ne peux remettre en cause la véracité de tous ces éléments. Pour autant, mes avis que l’objectif est atteint, dans le sens où ces univers fouillés sont mis au service de la trame que tisse l’auteur. Cependant, j’ai trouvé Le dernier de son espèce un ton en deçà de ce que j’avais pu lire des deux autres livres cités. Le fait qu’il soit moitié moins long y joue sans doute pour quelque chose, puisqu’il est toujours plus facile de détailler un contexte avec de la place. Ceci dit, ça n’enlève en rien au charme de ce titre, où j’avoue avoir apprécié le choix du lieu du récit, l’île verte d’Irlande. Cette dernière se veut fidèle à ce que l’on peut connaître. A la fois sauvage, chaleureuse, tout en ayant cet aspect de fierté nationale.

C’est dans cet environnement traditionnel que s’est retranché notre protagoniste, Duan Fitzgerald. Cette mise à l’écart intentionnelle qui est l’accroche de l’histoire, servira donc de base aux nombreuses mésaventures de notre homme qui vaut plus que trois milliards. Car oui, notre héros est véritablement un héros… n’ayant jamais servi. Mais surtout, étant le fruit d’un programme militaire top-giga-méga confidentiel américain, cette mise sur la touche n’avait pour vocation que de laisser ces cyborgs se dépérir, laissant par la même occasion un flou total et volontaire. Mais POURQUOI ? Oui, pourquoi des investissements de plusieurs milliards de dollars pour au final expatrier ces guerriers d’un genre nouveau dans un silence le plus complet ? Répondre à cette question deviendra l’objectif de Duan. Une priorité de plus en plus pressante que se succèderont les évènements entourant l’apparition d’un personnage dans ce village reculé d’Irlande…

A travers les découvertes qu’il fera sur soi, son passé, voire son entourage, il avancera sur la recherche de la vérité, de SA vérité. Ce que j’ai trouvé intéressant dans cette histoire, c’est que l’auteur ne place pas Duan comme un soldat immortel. Il est par conséquent parfois avantagé dans certains cas, de par les nombreux ajouts dont il a été la résultante d’expérimentations, mais également dans d’autres circonstances, totalement démuni à cause de ce qu’il est devenu. La question de savoir qui l’on est réellement revient régulièrement dans le récit, avec sous-jacent à cela, la proportion d’humanité que l’on peut garder lorsque son corps se voit transformé peu à peu en machine de guerre. Toute cette quête devient alors plus subtile qu’il n’y paraît. Vous n’aurez pour résumer pas affaire à un Terminator éliminant tout sur son passage, mais à un homme isolé, qui bien qu’ayant des superpouvoirs, n’en demeure pas humain.

Tout cela est efficacement mis en scène par la plume de l’auteur, qui comme dans ces autres titres, se veut simple et franche, non sans humour noir et de situations cocasses, la nature même du personnage n’étant pas une source négligeable de prétextes à ce registre. Néanmoins, la « quête de l’humanité » écrite à la fin de la 4ème de couverture n’est pas des plus détaillées. Il y a certes une réflexion sur cette idée, mais qui sert davantage d’arrière plan que trame principale, autrement la réponse au « Mais POURQUOI ? » examiné un peu plus haut dans cette chronique. Pour autant, j’ai sincèrement apprécié les débuts de chapitre, ponctués chacun par une citation du philosophe Sénèque. Elles permettent d’une part d’alimenter la réflexion sur l’humain, mais bien souvent est en phase avec la teneur du chapitre, une assez bonne trouvaille.

7/10 Voilà un bon thriller, d’un peu moins de 300 pages, qui combine plusieurs éléments accrocheurs. Une écriture simple, dynamique et caustique, une trame SF via la nature cyborg du personnage principal dans une région de l’Irlande qui créée un certain décalage agréable. Ces différents éléments servent bien à accompagner Duan dans la quête de la vérité et de l’humanité pour une conclusion qui se voudra … humaine.

SebO

Publié dans Critiques SF

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