Fiche n° 942 : Dilvish le Damné de Zelazny

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
 Il s'appelle Dilvish de Sélar, mais les vieilles chansons parlent plutôt de lui comme de Dilvish le Libérateur. Vaincu par Jélérak, il a été exilé plusieurs siècles durant aux enfers. Un séjour qu'il a mis à profit pour apprendre les douze Abominables Formules de la magie noire. Chevauchant un sombre cheval d'acier capable de cracher du feu, chaussé de bottes d'elfe qui ne laissent aucune empreinte derrière elles, armé de l'Épée Invisible, Dilvish est de retour. Et la route qui le mène de la résurrection à la vengeance lui fera traverser un monde magique où derrière chaque rencontre se cache un danger mortel ou un faux-semblant.

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Mon avis :
Il a jailli tout droit des enfers, monté sur un cheval de métal noir comme le péché, à l'intelligence inquiétante, Dilvish le libérateur, Dilvish de la lignée de Selar le tueur de dieu, Dilvish le Damné...

Il traverse le monde, et le monde change derrière lui: les villes meurent, les malédictions tombent et les spectres se lèvent...

Il recherche le mage immortel que l'on n'ose pas nommer.
Il poursuit celui qui l'a condamné à des siècles dans les Maisons de la Douleur.
Il le pourchasse de ses forteresses les plus reculées jusqu'aux cauchemars d'un dieu fou...

C'est la première fois que nous pouvons lire toute la séquence de Dilvish, dont seules quelques bribes avaient été traduites dans un autre siècle, chez un éditeur depuis bien longtemps disparu. 

L'auteur de Dilvish n'est pas le Zelazny ambitieux qui ré-écrit les religions du monde: celui-là apparaît dans le recueil des Seigneurs de Lumières, chez le même éditeur.
C'est le Zelazny des Princes d'Ambre, de l'aventure et de l'action, quand il rend hommage aux pulps, aux Weird Tales de Lovecraft et Clark Ashton Smith (et peut-être aussi Howard, je ne saurais dire).

Les personnages peuvent sembler froids, un défaut fréquent chez l'auteur - et pour la fantasy de l'époque en général. Le contraste avec un monde baroque esquissé par petites touches, par allusions, aide à faire ressortir ce dernier. Ce détachement fait même tout le charme - enfin, façon de parler - de Ténèbres, le soit-disant cheval qui n'est rien d'aussi simple et inoffensif qu'un vulgaire démon.
De même, la séquence de Dilvish est courte, dense, nous précipite immédiatement dans le vif du sujet. Les voyages parfois presque contemplatifs du héros, tout comme les ellipses du récit, accentuent le rythme de sa vengeance.

Comme dans tout recueil, les textes qui composent Dilvish le Damné sont inégaux. L'ensemble reste un très agréable divertissement, plein d'action mais entrecoupé de visions subtiles.
Les quelques temps morts du livre se trouvent principalement dans les rêves d'un dieu fou qui plie les dimensions autour de lui.

8/10 Quand la Sword & Sorcery rend hommage aux pulps, aux Weird Tales, à Lovecraft.
Un maître de la fantasy se fait plaisir - et à nous aussi.

Eldritch

Publié dans Critiques Fantasy

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