Fiche n° 932 : Féroces Tropiques de Pinelli et Bellefroid

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Précipité dans le bruit et la fureur d'un monde pressé de se meurtrir et de se détruire, Heinz le peintre nous conte son errance à la recherche d’une innocence à jamais broyée par la folie des hommes. Récit de voyage, chronique de guerre et manifeste esthétique, cette oeuvre inclassable résonne du chant de l’artiste brisé par la brutalité de son temps. Embarqué comme peintre officiel dans une mission océanographique allemande en Papouasie, en 1913, Heinz découvre la beauté sauvage des forêts et de leurs habitants, au milieu desquels, abandonné par l'équipage, il apprend à vivre. Arraché à cet éden, propulsé dans la boucherie de la Grande Guerre puis démobilisé à l'armistice, il finira par repartir à la recherche de son paradis perdu. Mais ce qui est perdu ne revit pas. Commence alors la longue errance solitaire du peintre à travers les mers...

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Mon avis :

Voilà une bande dessinée inclassable ! Un esprit original, une allure unique, Féroces Tropiques est l’histoire d’un peintre Allemand méconnu, Heinz Von Furlau et d’une quête qu’il entreprend.

C’est à l’aube de la Première guerre mondiale que l’on découvre ce peintre embarqué pour une mission océanographique qui le conduira jusqu’en Papouasie. Rejeté par les marins qu’il accompagne, il saisira vite à ses dépends que ce simulacre d’exploration est davantage du colonialisme poussé par la folie humaine que par une réelle volonté de découvrir le monde.

Malgré lui et pour son bonheur, ce peintre marchera dans les pas de Paul Gauguin en vivant avec une autochtone mais la guerre mondiale le rattrapera et lui-même vivra la guerre en Europe.

C’est alors qu’écoeuré par l’humanité et la bestialité qu’il en retire, il partira à la recherche de la terre qu’il appelle son Eden pour naître une troisième fois. Mais la guerre et le temps sont passés, il est déjà mort deux fois…

La relation entre son introspection et le rythme de l’humanité rendent difficile une vision globale de l’ouvrage. Carnet de voyage, témoignage de guerre, épopée picturale, cette bande dessinée raconte comment un homme perd ses illusions et se perd lui-même pour les vivre et/ou les retrouver, forcé d’avancer malgré la brutalité du monde.

Ce livre  est bel et bien une bande dessinée mais qui se présente davantage comme une succession de petits tableaux et fresques qui nous font voyager au gré des époques et des sensations du héros.

Desservie par une narration saccadée et des voyages dans le temps difficiles à suivre, l’histoire nous emporte malgré tout vers la fin du tome et nous entraîne dans les désillusions et les espoirs de maître du pinceau. Le travail de Pinelli dans les couleurs et les ambiances est pour beaucoup dans l’intérêt que suscite la BD. Un changement de couleur et de forme pour chaque époque, le dessin nous donne plutôt l’impression de voir la bande dessinée comme le peintre représente le monde et peut-être tel qu’il le voit même si par moments, ces mini-tableaux deviennent ardus à déchiffrer.

6/10 Si le travail graphique est impressionnant et apporte de la douceur aux atrocités de l’humanité et aux turpitudes de Heinz, l’histoire est néanmoins étrangement construite.

Olwen

Publié dans Critiques BD

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