Fiche n° 921 : Angor (tomes 1 à 3) de Gaudin et Armand

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Trois adolescents, Talinn et Evrane et le tout jeune Corky, vivent dans un petit village du vaste Royaume d’Angor. Membres de la plus petite Caste leur l’avenir est tout tracé ; ils devront travailler la terre et élever le bétail aux côtés de leurs parents.
Tous les trois rêvent pourtant de chevalerie, d’aventure et de liberté. Mais s’ils veulent être maîtres de leur destin, ils devront quitter la cité quel qu’en soit le prix à payer.
Témoins d’un affrontement meurtrier entre deux chevaliers, ils récupèrent un collier dont ils n’imaginent pas encore les propriétés. Cet événement sera le déclencheur de leur départ pour un long voyage. Un périple d’autant plus dangereux qu’un éminent membre de l’ordre des épées se lance à leur poursuite.
Talinn, Evrane et Corky vont découvrir que ce pendentif a un pouvoir exceptionnel. À son contact, ils pourront « passer » à volonté de leur âge réel à un autre âge unique de leur choix. Une faculté extraordinaire aux conséquences tantôt positives et tantôt désastreuses… A la fois, adolescents et adultes, ils devront maîtriser ce « saut temporel » pour franchir les obstacles et réaliser leurs rêves…

Informations complémentaires :
tome 1 : ICI
tome 2 : ICI
tome 3 : ICI

Mon avis :
J’ai hésité longtemps à la meilleure manière de produire cette chronique : d’une part parce qu’il s’agit de commenter  d’un coup, d’un seul  les 3 tomes d’une série non terminée, d’autre part parce qu’ils sont de qualité inégale et enfin et sans doute parce que tout est satisfaisant, tout est bien fait mais …rien de bien neuf sous le ciel de l’Héroïc Fantasy.

Synoptique ; Dans le royaume d’Angor, la population vit sous forme de castes. On y fait la rencontre de deux adolescents Talinn, apprenti écuyer, Evrane, jeune et jolie garçon manqué et de Lorky, gentil môme spontané et turbulent. Leurs parents sont de pauvres fermiers et tout porte à croire que nos héros seront obligés de suivre cette « voie ». Ils sont à un âge où les illusions et les espoirs se confondent et rêvent d’aventure et de liberté plus encore. Pressés par leurs familles, ils vont de fil en aiguille échafauder un plan d’évasion de la cité. Les évènements se précipitent quand  ils assistent impuissants à une esclandre meurtrière entre deux chevaliers, laissés pour morts, dont ils vont récupérer les montures et équipements pour s’enfuir. Dans le harnachement de l’une de ces montures se trouve un magnifique pendentif dont ils ignorent un temps la propriété exceptionnelle : il permet de passer à volonté de leur âge actuel à un autre âge de leur choix ! (déterminé une fois pour toute)… ; compliqué non ? Ben oui mais bon , il faut de la matière, on fait ce qu’on peut. Ils se trouvent rapidement poursuivis par plusieurs factions sans savoir si il leur est  reproché leur fugue, la mort des chevaliers, la contestation du système des castes ou …d’autres choses encore !

Un inconnu les aident qui leur révèle les pouvoirs du pendentif, les enjeux dont il est l’objet et leur ouvre les yeux sur les luttes magiques séculaires qui gouvernent le monde et les conflits politiques qui en découlent. Je vous  laisse découvrir la suite pour conclure que tout est réuni dans un monde médiéval rempli de chevaliers , de brigands et de mages pour créer une bien sympathique histoire ou des enfants vont avoir la chance ou le malheur de pouvoir choisir leur âge pour pouvoir faire  - ou tenter de faire - ce que bon leur semble dans des aventures ou ils se confrontent à la liberté et à la folie d’adultes plus rusés et aguerris qu’eux . S’en suivent des situations qui alternent drames, dangers, évènements comiques et incongruités divers.

Tout est là pour faire un succès, nous avons du Narnia, de la boussole d’Or, du Robin de Bois, du Sinbad… mais avons-nous du Angor ? L’histoire prend quelque longueurs, des errements scénaristiques,  pour ne pas parler de graves digressions (surtout dans le tome 3), qui visent bien maladroitement à inscrire de l’action pour de l’action dans le cadre plus vaste d’un complot politique à peine esquissé,  lui-même épisode de la lutte éternelle entre le bien et le mal.

Pour le dessin, nous retrouvons le Dimitri Armand que nous connaissons dans Salamandre au Lombard ; des graphismes percutants, des dessins léchés, de belles proportions, de très belles couleurs et une belle qualité dans les expressions des personnages. Tout ça  tire clairement la série vers le haut.

On est en droit d’attendre plus cependant : en effet, l’encrage, la couleur et surtout la découpe des vignettes sont répétitives, classiques, voire lassantes sur Angor comparées à ce que Mr Armand nous a montré par ailleurs quand on voit la qualité d’exécution de Salamandre. Un travail sur la mise en page, un  « story boarding » plus original apporterait beaucoup et demanderait à Mr GAaudin de l’imagination et de la lisibilité scénaristique à la fois.

6/10 Angor reste une série efficace, plaisante à lire pour les amateurs de ce style de bandes dessinées et pas trop connaisseurs. Les tomes 2 et 3 auraient ils été de la qualité du premier, la série restait sur du 7.5 voire 8.  Malheureusement, le scénario ne prend pas, on s’essouffle, on fatigue.  Avoir de très bonnes idées ne suffit  pas - loin s’en faut - à « fabriquer » un bon scénario.  Prenez exemple sur les séries aux dessins et couleurs classiques mais somptueux (Aster du dessinateur Paul Cauet,  Les 4 Princes de Ganahan du dessinateur Tony Valente) qui ont énormément pâti de scénarii alambiqués, indigestes et  laborieux, pondus par des scénaristes dont je tairai le nom. Angor est une série publiée chez Soleil et ça commence à se voir ! Attention, le tome 4 peut et doit créer l’évènement !

Christophe

Publié dans Critiques BD

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xavier 20/02/2011 23:03


Et ça continue angor et angor, c'est que le début d'accord d'accord ! Quelque chose vient gonfler, sur les planches de ta BD, c'est toujours le même film qui passe, et toute seule au fond de
l'espace, y'a personne devant... personne...


C... 20/02/2011 20:43


Quant au nombre infini de critiques, et au nombre fini de livres... Il n'y a que 365 jours et quelques brouettes par an, ce qui correspond à peu près au nombre de parutions d'un ou deux mois...
donc bon...


C... 20/02/2011 20:42


Là ça fait quand même deux fois de suite, avec des notes presque identiques, pour des bd qui ne valaient peut être même pas une critique...
Donc bon, ça me gave, c'est tout... Je boude ;-)


Etienne 20/02/2011 16:10


Il y a un nombre fini de livres pour un nombre infini de critiques à faire 8)


Simatural 20/02/2011 15:32


Plus il y a d'avis... plus on rit.
Plus sérieusement, ce n'est pas pour remplacer tes critiques mais deux avis (même identiques, même contradictoires) valent mieux qu'un. :-)