Fiche n° 907 : La Pucelle du Diable-Vert de Paul Beorn

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé:
Jéhanne est une Rouge, un soldat du Bailli, et ses origines plutôt modestes lui valent de s'appuyer sur un solide bon sens. C'est peut-être ce même bon sens qui la rend si peu sensible à la magie, alors que celle-ci semble envahir le Royaume. Tout le monde veut aller à Diable-Vert, cette cité pauvre des confins destinée il y a peu à un oubli complet.
Lorsqu'on lui demande d'aller enquêter sur la nature du mystérieux phénomène, Jehanne se retrouve plongée au coeur d'une situation qui la dépasse. Dans un monde en guerre où les hommes semblent devenus fous, elle n'a pour garder les pieds sur terre que sa morale simple, une perle aussi bavarde qu'impertinente à son oreille et un bébé dans les langes qui attire d'étranges convoitises.

Informations complémentaires :
tome 1 : ICI
tome 2 : ICI

Mon avis:
La Pucelle de Diable-Vert est un ditpyque. Le premier tome s’intitulant La perle et l’enfant et le second Le hussard amoureux. Je vais ici présenter une critique transversale, chaque opus ne faisant que 230 pages environ.
Comme son nom l’indique, le personnage principal est une pucelle. Oui, mais pas n’importe laquelle, car elle a pour elle deux particularités. La première, c’est qu’il s’agit d’une Rouge, c’est-à-dire d’une soldat du Bailli, chose très rare à l’époque du récit. La deuxième c’est qu’elle est peu sensible à la magie. Et là où ça devient une plus-value pour Jéhanne, c’est que sa péripétie aura comme principal adversaire une entité magique. La belle affaire! Elle doit en effet enquêter sur une cité qui attire du monde alors qu’elle est pauvre et oubliée du reste du monde. Quel est donc ce phénomène ? Sur la route menant à cette ville, elle fera la rencontre de deux personnages… vous l’aurez deviné, une perle et un enfant! Si avec ça elle ne combat pas farouchement le mal, c’est à n’y rien comprendre.

Bon ok, vous aurez compris à mon ton quelque peu caustique que je n’ai sûrement pas accroché plus que cela à cette aventure. Pourquoi me demanderez-vous ? Alors tout d’abord, il faut nuancer mes propos. A vrai dire, j’ai trouvé le premier livre sympa… du moins le début. J’ai trouvé le ton frais, sans prise de tête. Et ça tombait bien, je n’avais pas envie de me faire des nœuds au cerveau. Seulement le hic, c’est que de fraîcheur on tombe presque en naïveté, voire niaiserie. Le tout, dans une histoire un peu décousue, pas forcément incohérente, mais qui manque de profondeur, de densité. Dans un roman pour moi il y a 3 styles d’écriture. Un pour le narratif descriptif, un pour la « pensée » personnage, et la dernière pour le dialogue. Pour ce qui est du premier, point trop de souci, l’auteur gère correctement cela. On ressent bien l’ambiance, la topographie et l’architecture des endroits visités. Quand on en vient à ce que pense le personnage, ça se gâte. On se dit finalement qu’elle n’est pas pucelle pour rien. Tantôt naïve avec des propos futiles, tantôt rigide avec son aura de légaliste qui revient à la charge dès qu’un évènement contraire à la loi déboule, la personnalité de Jéhanne est ambivalente. Et le mieux pour conclure, les dialogues. Les caractéristiques précédentes sont non seulement maintenues, mais aussi amplifiées par un penchant excessif pour le langage argotique. Que ce soit dans les mots, ou dans la construction des phrases, il n’y a que cela.  Exemple: « Puisque le Grand Sénéchal est trop occupé à se pavaner en ville avec sa putasserie de lieutenante, c’est moi qui vais rendre visite à Dame Nataba. » Il ne s’agit que d’une citation, et j’avoue qu’au début j’avais trouvé ça orignal, un côté gouaille sympathique. Mais force est de constater qu’à la longue, c’est comme les kilomètres pour les souliers, ça use.

C’est d’autant plus frustrant que certaines idées sont plutôt bien trouvées. Le rôle de la Perle notamment, m’a enlevé quelques légers rictus par moment. De même que la  magie, fonctionnant plutôt sur les capacités mentales et psychiques des personnages sert à la trame générale de l’histoire. Ca n’empêche pas certaines longueurs, encore plus présentes dans le tome 2. On a l’impression que l’auteur cherche à combler des vides entre deux évènements (évènements souvent mineurs) , par le biais de flashback entre autres, mais sans que le lecteur en trouve un quelconque intérêt. En outre la conclusion de la magnifique épopée de Jéhanne laisse un goût d’inachevé. Tout s’enchaîne rapidement, elle se voit aider de manière somme toute divine lorsqu’elle a un souci, pour conclure sur un happy end couru d’avance. Et non, on ne sait toujours pas si elle reste pucelle longtemps après son combat, mais elle aurait bien le droit au repos du guerrier également la jouvencelle, y a pas de raison !

6/10 le premier 5/10 le deuxième. La pucelle de Diable-Vert a malgré quelques bonnes idées de trop lourdes carences pour devenir une lecture à recommander fortement. Une écriture parfois trop pompeuse et un scénario qui manque de densité et d‘envergure. Vous pouvez toujours tester le 1er opus, si jamais ça trouve davantage d’échos dans votre esprit que dans le mien et aviser ensuite pour lire le second tome.

SebO

Publié dans Critiques Fantasy

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