Fiche n° 909 : Frey de Chris Wooding

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Frey est le capitaine de l’aéronef Ketty Jay et le chef d’une petite bande d’aventuriers. Séducteur invétéré et fripouille notoire, il vit, avec son équipage, d’activités illégales en se cachant des frégates de la Coalition.
Ils s’en sortent toujours avec les moyens du bord : quelques coups de feu, des lames bien affûtées, une pincée de magie noire ou… en prenant leurs jambes à leur cou !
Aussi, lorsque Frey entend parler d’un navire chargé d’un trésor qui a tout d’une proie facile, il croit que sa fortune est faite. Mais l’opération tourne mal et notre ami malfrat devient l’ennemi public numéro un, avec toutes les forces de la Coalition à ses trousses.
Il devra faire preuve de tous ses talents criminels pour prouver qu’il n’est pas l’assassin qu’on l’accuse d’être…

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Mon avis :
Un des drames de ma vie a été l’annulation de Firefly, cette série qui mélangeait superbement western et space opera. Écrite et réalisée par Joss Whedon – le père de Buffy, Angel et Dolmen… hum… pardon, Dollhouse –, elle mettait en scène l’équipage d’un vaisseau qui s’adonnait à la contrebande et autres missions pas très légales. Malheureusement pour eux – et c’était l’un des points forts et récurrents de la série -, celles-ci ne se déroulaient jamais comme prévu. Et puis, il y avait les personnages, ces personnes de fiction auprès desquelles on voulait vivre mille aventures, mille « plans sans accroc ». Je ne vous parlerai pas pour deux raisons. La première, c’est ce petit pincement au cœur qui ne manque pas de me saisir alors que je pense à l’inénarrable Malcom Reynolds, à la fidèle Zoé, à la magnifique Inara, au redoutable Jayne, au mystérieux Pesteur… et ça y est, j’en parle. Ne me lancez pas sur Firefly. La seconde, c’est qu’il vous faut découvrir par vous-même cette série à nul autre pareil, ma série – n’ayons pas peur des mots – préférée, celle que je visionne tous les ans. Pour la petite histoire, un film a vu le jour Serenity, sensé conclure les (més)aventures du Firefly et de son équipage. Il est chouette. Le truc, c’est qu’il manque tellement d’épisodes entre les deux que l’on aurait presque préféré qu’il ne vu pas le jour. Presque. 

Firefly a été arrêtée par la Fox au bout de 14 épisodes. Ce déchirement, Chris Wooding l’a aussi connu. Mais Chris Wooding est écrivain. Alors, il s’est dit que si l’on ne voulait plus lui donner du Firefly, il allait le créer SON Firefly. C’est ainsi qu’est né Retribution Falls, Frey en français.

Une fois n’est pas coutume, je vais pousser mes récriminations avant de pousser plus avant la critique. Elles sont le fait de l’éditeur, pas du roman. Non mais, qu’est-ce que c’est ce titre ? D’habitude, ce sont les Américains qui titrent leurs œuvres en fonction du personnage principal. Pas nous. Qui plus est, cette mauvaise habitude a été enterrée au siècle dernier. Frey, mais qu’est-ce que ce titre ? Vous êtes vraiment sûr de vouloir en vendre ? Et puis, il y a cette couverture. Laide. Moche. Je suis par ailleurs un grand fan des illustrations de Rossbach mais dans le cas présent, force est de constater qu’il s’est planté. C’est quoi cette posture aussi naturelle que le jeu de Carla Bruni. Résultat, pourvu d’un titre moisi et d’une couverture ratée, Retribution Falls a toutes les chances de passer inaperçu en librairie. Faudra pas venir se plaindre après si le roman ne se vend pas par palette.

Mais parlons de Frey.
De FiREflY.
Capitaine d’un aéronef autrefois à la pointe de la technologie, Frey n’a pas sa pareille pour se mettre dans les ennuis. Ainsi, le roman débute à peine que voilà Frey en bien mauvaise posture puisqu’un type peu recommandable qu’il a essayé d’arnaquer pointe le canon d’un revolver contre le front d’un de ses passagers. On pensera sans peine aux nombreuses situations similaires dans lesquelles s’était fourré notre Malcom Reynolds préféré.

Cependant, Frey et Malcolm diffèrent sur de nombreux points que je ne dévoilerai pas pour ne pas gâcher la surprise aux fans du second. On ne dévoilera toutefois rien si l’on qualifie Frey de capitaine en devenir alors que Mal se révèle dès le premier épisode comme un chef accompli. Le reste de l’équipage n’a pour ainsi dire rien à voir avec la série de Whedon – ce qui n’est pas un reproche, tout au contraire – et comporte son lot de personnages secondaires attachants. Tous fuient quelque chose. Tous ont intérêt à aller dans le même, ce qui n’est pas forcément dans leur projet immédiat, alors que l’intrigue démarre à peine. Leurs passés respectifs cachent quelques révélations savoureuses…

Aux deux ingrédients de l’œuvre de Whedon – la fantasy et le Western pour ceux qui n’auraient pas suivi – Chris Wooding a rajouté la fantasy et la piraterie. On obtient du coup un roman à la frontière des genres, susceptibles de plaire aux amateurs de SF comme à ceux de fantasy, un roman que n’auraient pas renié Jack Vance, Julia Verlanger et tous ceux qui, les années passant, nous ont offerts du grand spectacle et de l’aventure dans des mondes qui n’ont pas tout à fait existé. Si l’esprit de Firefly est toujours là, il a été plongé au cœur d’une planète mystérieuse, nous offrant un superbe planet opera, le meilleur depuis l’Écorcheur de Neal Asher.

8,5/10 Frey Retribution Falls, c’est de l’Aventure avec un grand A, c’est du Divertissement avec un D majuscule, c’est un roman de piraterie et un western,  de la SF et de la fantasy à la fois, et c’est à lire, vraiment.

Simatural

Publié dans Critiques SF

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Commenter cet article

Christophe 07/02/2011 19:09


Vrai de vrai, je suis au tiers et c'est trop de la balle ! certains scénaristes de BD pourraient s'en inspirer !!


thomas geha 07/02/2011 13:19


Je pense que ça devrait plaire à Juan !