Fiche n° 902 : Au nom du Fils de Belin et Perrotin

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Michel Garandeau est ouvrier aux chantiers navals. Pendant une pause déjeuner, il entend à la radio que des jeunes Européens, dont un Français, ont été enlevés par les FARC en Colombie. La nouvelle le pétrifie. Son fils, Étienne, est en effet parti depuis plusieurs mois en Amérique du Sud. Mais peut-être s’agit-il d’un autre ? De retour chez lui, plus aucun doute : les autorités confirment son enlèvement. D’abord en colère contre Étienne, Michel se décide : il ira lui-même chercher son fils. Sa femme, Marie, essaie de l’en dissuader : Michel n’a jamais pris l’avion et ne parle pas espagnol… En vain. C’est une folie, sans doute, mais Michel est convaincu d’une chose, et d’une seule : il ne sait pas s’il retrouvera son fils, mais il se doit d’essayer…

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Mon avis :
L’histoire que racontent Clément Belin et Serge Perrotin s’est certainement produite dans tant de familles d’Europe, d’Amérique latine ou d’ailleurs.

Au nom du fils relate l’aventure d’un père de milieu modeste qui part à la recherche de son fils enlevé par des guérilleros en Colombie. Un homme qui ne fait pas confiance aux politiciens et tente par ses propres moyens de retrouver un fils qu’il a de plus en plus le sentiment de ne pas assez connaître.

Le décor est planté : un homme bourru, l’Amérique latine, de jeunes aventuriers…Si le ton est juste, sans prendre pour autant de grandes envolées lyriques, le texte aurait mérité d’être moins laconique. Lorsqu’il est narratif, le texte est fluide et son rythme prend l’élan nécessaire à une lecture facile, mais dès qu’il s’agit des dialogues, on se perd dans des vignettes saccadées et des personnages aux expressions figées qui ralentissent l’avancée dans la bande dessinée.

Le thème est intéressant, toujours d’actualité (même si peu médiatisé depuis 2 ans) et il s’agit d’une démarche universelle. Un père vers son fils. On pourrait s’attendre à davantage de politisation et donc de mise en contexte, mais les auteurs ont vraisemblablement fait le choix d’un style épuré tant dans le dessin que dans la narration. Certains passages narratifs sont agréables à lire alors que l’ensemble de l’ouvrage fait les frais d’un manque de finesse. À trop vouloir se centrer sur la quête de ce père, le scénario oublie de raconter. L’aspect politique de la situation manque cruellement dans le périple, de même que le manque de fluidité de l’action rend trop simples les démarches, les rencontres et les interrogations du personnage dans un contexte où tout est tout, sauf simple. On voudrait se heurter, comme il serait plus réaliste que le personnage se heurte également, aux obstacles qui jonchent la démarche et les difficultés vers lesquelles il avance à grands pas.

Il ne s’agit que du premier des deux tomes qui vont composer toute l’aventure, mais les dessins sans mouvements rendent difficile la mise en route de la lecture et moins rompue, l’histoire explorerait plus les sentiments de ce père déterminé, mais confus.

5/10  Un bon thème à explorer, mais une BD dans laquelle il est difficile de rentrer. Peut-être suffit-il d’attendre le deuxième tome ?

Olwen

Publié dans Critiques BD

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