Fiche n° 893 : Entremonde de Gaiman & Reaves

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Lors d'une course d'orientation, Joey, un lycéen ordinaire, découvre qu'il a le pouvoir de voyager dans des univers parallèles. Ce qui n'est pas sans poser certains problèmes, car il se retrouve dans un Entremonde composé de trois millions de planètes, au beau milieu d'une guerre entre Empire des sciences et Royaume de la magie. Pire ! il y est chargé, avec une armée composée de ses doubles de dimensions différentes, de préserver l'étanchéité paisible qui règne entre les mondes...

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Mon avis :
Chanceux que nous sommes pour cette fin d’année 2010. C’est en effet quasi simultanément que sont sortis les deux derniers romans de Sir Neil Gaiman. Après « Odd et les Géants de Glace » (mettre le lien), l’auteur nous emmène ici dans le sillage de Joey, adolescent lambda, qui n’a de popularité que son incroyable talent pour se perdre. Se perdre, c’est le moins que l’on puisse dire. Parce que marcher dans un environnement commun, et se retrouver dans un environnement identique sur la forme mais avec des différences notables dans le fond, ça à de quoi dérouter le plus intrépide des baroudeurs.

C’est ce qui arrivera à notre personnage, qui comprendra bien rapidement qu’il peut voyager à travers des millions de mondes parallèles. Cela étant, une donnée restera transversale quels que soient les mondes. Lui, Joey. Ou ses variantes. Ils ont comme similitude d’être tous des Marcheurs. La majuscule n’est pas anodine, puisqu’être un Marcheur, ce n’est pas seulement marcher comme nous autres mortels, non non. Marcher au sens noble du terme est ici la capacité pour ladite personne de se transporter d’un monde à l’autre, comme s’il passait le seuil d’une porte banale. Et ce qui est bien lorsqu’on voyage de la sorte, c’est qu’on rencontre du beau monde. Mais également du monde vilain. Point d’originalité ici entre la guéguerre que se font les deux camps rivaux, l’un dominé par la magie, l’autre par la technologie. L’avantage d’avoir pour narrateur Neil Gaiman, c’est que de stéréotypes, il en tire des duplicatas atypiques.  En l’occurrence, les différentes facettes de notre petit Joey à travers le prisme du multivers en est l’exemple parfait. De sexe masculin ou féminin, voire robotique, nous avons affaire à toute une panoplie de Jo/e/y Harker. Chacun venant de son monde propre, avec par conséquence des talents plus ou moins importants en magie, technologie, force physique etc. Autre point en commun de ces faux jumeaux de par leur position dans l’Entremonde, ils sont la proie des méchants magiciens (les Maga), et des méchantes mécaniques (le Binaire). Et c’est ensemble qu’ils tenteront de sauver l’inéluctable, la domination d’une des factions par rapport à l’autre, provoquant la chute du Tout. Seulement voilà, cette recherche de l’équilibre n’est pas sans poser problème. J’ai ainsi bien aimé l’approche humaine de l’histoire, dans le sens où le héros-malgré-lui fait des bourdes, des mauvais choix qui porteront préjudice au résultat désiré.

Bien que ce roman soit tout public, il est néanmoins un ton au-dessus que « Odd et les Géants de Glace » en termes de complexité. Il faut en effet partir de l’axiome, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir fait une thèse en métaphysique quantique pour se plonger dans l’histoire. C’est à grand renfort de termes techniques que l’auteur donne corps à l’univers. Autrement dit, il y a des passages et des explications qui vous paraîtront obscures, mais ne lèsent en rien la fluidité de la lecture. C’est plutôt prétexte à l’immersion qu’à la masturbation intellectuelle. De la même manière, on partira de l’idée de base que dans cet univers, il est tout à fait concevable qu’un gamin apprenne au cours de son périple et de son cycle de formation des données aussi exotiques sans aucun souci. A croire qu’il faudrait que le système scolaire que nous connaissons s’en inspire, mais ça risquerait de donner des suées aux écoliers.

7.5/10 Que dire de plus que le nom de l’auteur pour résumer cet avis. Avec Neil Gaiman, on reconnait toujours son style dès les premières phrases, mais pour autant le plaisir est encore une fois renouvelé… Marchez donc dans cet Entremonde !!

SebO

Publié dans Critiques Fantasy

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