Fiche n° 889 : Les petits Dieux (Les Annales du Disque-Monde 13) de Pratchett

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
En ce temps là, le grand dieu Om adresse la parole à Frangin, l'Elu : " Psst ! " Frangin s'arrêta au beau milieu d'un coup de binette et balaya du regard le jardin du temple. " Pardon ? " lança-t-il. C'était une belle journée du printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent venu des montagnes.
En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles concentriques. Frangin haussa les épaules et s'en retourna à ses melons. Le grand dieu Om reprit la parole : " T'es sourd, mon gars ? " Et très vite le jeune novice sentit une lourde responsabilité s'abattre sur ses frêles épaules. Une guerre sainte allait éclater et il fallait l'étouffer dans l'oeuf.
Car il est des hérétiques, voyez-vous, qui prétendent contrairement aux dogmes les plus sacrés, que le monde est plat et qu'il renverse lentement l'univers sur le dos d'une tortue gigantesque... Blasphème !

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Mon avis :
Le volume qui m’avait le moins plu à la première lecture. J’avais eu beaucoup de mal à avancer dans l’histoire, surement parce que les deux principaux sujets traités, la religion et la philosophie, ne me parlaient pas beaucoup à 10 ans.

Quelques années plus tard, ce fut la révélation. Oui, l’humour parodique du Disque-monde est ici en retrait, mais au profit d’une critique bien plus corrosive : l’obscurantisme religieux est ici traité dans sa forme la plus extrème, notamment grâce à l’image de l’inquisition donnée par Pratchett.

Le pitch de l’histoire lui-même est une triste constatation de ce que la religion peut donner de pire : le dieu Om, censé être tout-puissant, n’a en fait qu’un seul et unique fidèle. Les autres habitants d’Omnia craignent son courroux et les foudres de son eglise, mais ne ressentent aucune foi en lui…

Le jeune Frangin, benêt possédant une mémoire défiant la raison (se souvenir de sa naissance n’est pas donnée à tout le monde) se retrouve alors bien malgré lui embarqué dans les plans de conquête du diacre Vorbis, sorte de version Disque-mondienne du Frollo de Victor Hugo.

En effet, ceux qui ne suivent pas la doctrine d’Om doivent être anéantis, et la ville d’Ephèbe se dresse comme une injure à sa religion. Les philosophes de la ville sont d’ailleurs de parfaites dérives de ceux de la Grèce antique, permettant ainsi à l’auteur d’inclure des débats complètement délirants dans le roman

6/10 Plus difficile d’accès que les autres par son humour acerbe et sa réflexion plus sérieuse (mais toujours englobée dans un univers burlesque), cette annale ne se révèlera une bonne lecture qu’à condition de connaître les bases de la philosophie et du fonctionnement de la religion.

Chips

Publié dans Critiques Fantasy

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jplotton 19/01/2011 16:27


Trop compliqué


Tyrael 26/12/2010 12:38


Note intéressante je trouve, j'ai lu tous les Pratchett et celui-ci est mon préféré justement car à mon sens, c'est le plus profond, celui qui apporte le plus de réflexion. Bizarre qu'il ait une
note moyenne pour cette raison, ou alors me trompe-je sur les raisons ?