Fiche n° 888 : The Sunday Books de Moorcock & Peake

Publié le par Librairie CRITIC

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Résumé :
En 1946, Mervyn Peake, romancier, poète, illustrateur de L'Île au trésor, d'Alice, de La Chasse au Snark, auteur de la Trilogie de Gormenghast, s'installe avec sa famille sur l'île de Sercq. Contre l'ennui des dimanches insulaires, il instaure le rituel des Sunday Books, cahiers dans lesquels il dessine pour ses deux fils, improvisant au fil des illustrations des histoires pleines de fantaisie.
Soixante ans après, Michael Moorcock, géant des lettres anglaises, proche de Peake et passeur de son œuvre, réinvente les bouts-rimés, les limericks, les aventures extravagantes qui formaient la bande-son perdue de ces images. Deux grands esprits joueurs dialoguent à travers le temps, un trésor familial nous est rendu dans sa magie intacte.

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Mon avis :
A la fin des années 1940, Mervin Peake et sa famille sont installés dans l'île anglo-normande de Sercq. Pour amuser ses enfants, l'illustre artiste invente les Sundays Books, brodant une histoire autour d'une illustration improvisée chaque dimanche. Hélas, aucune trace n'est restée de ces histoires, aucun but artistique ou commercial n'ayant présidé à la naissance de ces livres du dimanche. Les dessins de Mervin Peake contiennent autant de pirates que d'indiens et d'animaux fantastiques. Faussement naïves, ses illustrations sont de petites merveilles de fraîcheur, véritable plongée dans la magie de l'enfance. L'ensemble est burlesque, délirant, fantastique au sens premier du terme, empruntant autant à Stevenson qu'à Lewis Caroll ou Fenimore Cooper.

C'est donc à un exercice très délicat que Michael Moorcock s'est frotté en décidant de relier ces croquis au rythme de son propre récit. Impossible bien sûr de faire aussi bien qu'une histoire inventée par un père pour ses enfants, en terme de charge émotionnelle ou d'amour mais Moorcock s'en tire à merveille en nous racontant une histoire délicieusement absurde, délicate et follement anglaise dans l'humour et dans l'esprit (vous me direz, c'est bien le moins qu'on puisse en attendre.).Le maître anglais nous conte une histoire parmi toutes celles que ces dessins pourraient inspirer mais rien n'interdit aux parents déjà entraînés par Petit Poilu d'ignorer sa prose et de broder leur propre histoire. En matière d'hommage à Peake, il serait difficile de faire mieux.

Dès lors cette édition peut aussi bien s'adresser aux fans de Peake, à ceux de Moorcock (dans un registre d'écriture qui lui est peu familier mais ça ne fait jamais qu'une corde de plus àl'arc de son immense talent.), aux parents désireux d'offrir de belles histoires à leurs enfants mais aussi aux amateurs de beaux livres.

9/10 Sous des abords de lecture confidentielle, The Sunday Books est en réalité un magnifique objet à mettre entre toutes les mains, petites ou grandes.

Winter

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