Fiche n° 844 : Agonie (La Mort de Staline 1/2) de Nury et Robin

Publié le par Librairie CRITIC

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Résumé :
Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph Staline, le Petit Père des peuples, l'homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fit une attaque cérébrale. Il fut déclaré mot deux jours plus tard. Deux jours de lutte acharnée pour le pouvoir suprême, deux jours qui concentrèrent toute la démence, la perversité et l'inhumanité du totalitarisme. A partir de faits réels, Fabien Nury, scénariste d'Il était une fois en France, et Thierry Robin, le créateur de Rouge de Chine, signent un album éblouissant, d'un humour ravageur et cruel, portrait saisissant d'une dictature plongée dans la folie.

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Mon avis :
Après s’être attaqué – et s'attaque toujours d’ailleurs – à Joseph Joanovici dans Il était une fois en France, Nury s’attarde cette fois-ci sur Staline en personne. Et plus particulièrement sur la fin de sa vie – le titre de l’album est on ne peut plus évocateur.

Pour aborder cette figure historique, Nury a choisi de donner à son scénario un ton froid qui cache en fait un humour ravageur. Alors que Staline meurt à petit feu, il règne auprès de lui une activité incessante. De fait, tout autour de son corps, on trahit, on conspire, on ment, on corrompt, on se projette dans un futur proche où Staline ne sera plus. Pour représenter cette « camaraderie à la soviétique », le dessinateur a opté pour conférer à ses personnages des postures, des faciès qui rappellent certains animaux comme des loups, des corbeaux et même des agneaux. En plus de l’énorme travail accompli sur les personnages, Robin alterne les plans rapides, les découpages incisifs pour coller à l’histoire et rendre toute la colère et la violence qui transpirent dans cet album. On est bien en peine de dire qui est le plus salaud de tous.

Entre réalité et fiction se joue alors devant nos yeux une farce certes dramatique, mais assez drôle pour peu que l’on goûte à l’humour froid et ravageur évoqué plus haut (si tel n’est pas le cas, passez votre chemin). Toutefois, cette austérité, ce détachement, cette cruauté ont un prix et on ne peut en aucun cas se rattacher d’une quelconque façon aux évènements qui ont lieu – en tout cas, pas comme dans Il était une fois en France où, par exemple, les personnages provoquent une empathie certaine par leur complexité.

7,5/10 Une bonne BD historique de la part du scénariste d’Il était une Fois en France. Si vous appréciez l’humour froid, vous devriez y trouver votre compte.

Simatural

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