Fiche n° 825 : Hercule : Les Guerres Thraces de Moore et Wijaya

Publié le par Librairie CRITIC

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Résumé :
Quand le roi des Thraces demande à Hercule et à ses farouches compagnons de renforcer les rangs de son armée, le héros ne peut résister à l'appel du sang et de la guerre. Mais le temps des combats est aussi celui des terribles prises de conscience. Et, plongé dans la boue et le sang, Hercule comprend qu'il est bien loin de l'Olympe.

 

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Mon avis :
Auréolé de gloire après ses12 travaux, Hercule se rend en Thrace à l'appel du roi Cotys. Avant que ne commence la Guerre de Troie, Hercule y voit l'occasion pour les grecs de consolider leur alliance avec leurs remuants voisins barbares, d'éviter qu'un second front ne s'ouvre au nord pendant qu'ils combattent en Orient et une bonne occasion de s'enrichir. Sur place, la situation se dégrade rapidement, l'hostilité traditionnelle entre les thraces et les héros grecs rassemblés par Hercules font que la mission va s'effectuer dans un climat détestable. Chargés par Cotys de mater une rébellion, la troupe grecque affronte des adversaires déterminés et indomptables, prêts au sacrifice ultime pour défendre leur cause. Pas sûr que les héros aient choisi le bon camp ...

Si les héros grecs vous évoquent les péplums bon enfant de Cecil B. DeMille, les niaiseries de chez Marvel, la violence aseptisée hollywoodienne du Troie avec Brad Pitt ou encore le ridicule Kevin Sorbo, vous allez être surpris par ce récit.
Hercule n'a rien d'un héros : c'est un personnage d'une rare violence, à la morale trouble, parfois pris de folie furieuse au combat à la manière d'un berserker. Ses compagnons sont tout aussi douteux, sinon psychotiques : le sanguinaire et cannibale Tydée, Atalante, Autolycos, Amphiaros, Iolaos, tous ont un passé douloureux, tragique. Le monde dans lequel ils évoluent ne vaut guère mieux, les champs de batailles rouges de sang sont bien mieux représentés que les palais et leur colonnes doriques.

Le récit est extrêmement violent et les illustrations sont à l'avenant : pas grand chose n'est épargné au lecteur pendant les combats. Pourtant, la magie opère et on s'attache à ces héros qui n'en sont pas et à leurs turpitudes. Cette Grèce antique est glauque et barbare au possible si bien que même si Hercules est un demi-dieu, ce récit est certainement plus près de la réalité d'il y a 3200 ans que tout les exemples minables que j'évoquais plus haut. La vie n'y a pas grande valeur et la trahison est omniprésente. Dans cette tragédie, peu d'envolées lyriques mais beaucoup de coups de masse.

L'équipe artistique nous livre là un sacré bon boulot. Steve Moore, scénariste anglais pilier de 2000 AD, nous entraîne dans une histoire violente mais pas dénuée de subtilités tandis que Admira Wijaya illustre l'ensemble de fort belle manière. Assurément un artiste à surveiller.

La suite est déjà prévue et on va guetter ça de près. Une adaptation cinéma est dans les tuyaux. Sortie prévue pour courant 2011.
 
8/10 Un récit noir et violent pour une vision inhabituelle de la Grèce Antique. Une très bonne surprise.

Winter

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