Fiche n° 818 : Rouge de Kristin Cashore

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Rouge n'est pas belle. Elle est sublime et elle peut contrôler les esprits, des qualités qui attisent la passion comme la haine. Aussi a-t-elle choisi de vivre à l'écart du monde. Mais des seigneurs rebelles ont rassemblé des armées et s'apprêtent à marcher contre le royaume des Dells. Rouge peut le sauver... à condition d'affronter les ombres du passé et des ennemis déterminés à l'anéantir.
La beauté est une arme, et Rouge va s'en servir.

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Mon avis :
Bon, tout n'est pas à jeter dans ce roman, mais on n'en est pas loin.

Il part d'une idée sur laquelle on place quelques espoirs et qui est d'ailleurs le prétexte essentiel à la trame générale du roman. Des "monstres", appelés tels quels dans le roman, sont des animaux ou des humains qui ont pour spécificité des couleurs inhabituelles voire carrément flashy : un chat bleu, un faucon vert, etc. (des éléphants roses ?) Bon... rien de monstrueux là dedans me direz-vous, mais ils ont tout de même la capacité d'accaparer l'attention de ceux qui les observent pour les manipuler à leur guise. De redoutables prédateurs, donc. Or, Rouge se trouve être la dernière représentante des "monstres humains" . Aha ! Après quelques pages, on se dit que ce livre a un potentiel !

Que nenni ! Rouge s'enferme très rapidement dans une histoire prétendument psychologique aux effluves bien gnan-gnan à laquelle on a du mal à s'accrocher. Une vraie caricature ! L'héroïne cache un sombre passé qu'on a subodoré des les premières pages, et le scénario prend rapidement une tournure téléphonée qui laisse véritablement perplexe à la fin de l'ouvrage : n'aurait-on pas perdu son temps ?

Tout est cohérent, cela se lit plutôt bien et s'il est agréable de s'éloigner de l'archétype du héros de fantasy classique pendant quelques pages on a du mal à trouver une quelconque saveur à l'ouvrage. Kristin Cashore a mis en scène un contexte politiquement fragile dans une contrée aux paysages parait-il saisissants – on n'en saura pas plus – et malgré l'aide du facteur plus ou moins original des "monstres" on s'enferme dans un flot de tergiversations sentimentales très terre-à-terre. Est-ce vraiment intéressant de découvrir qu'un "monstre humain" s'avère être capable d'éprouver des sentiments humains et qu'il en attend autant en retour des-dits humains? Parce que l'essentiel du bouquin tient à çà. La politique, les intrigues et les complots sont d'une simplicité effarante : les "gentils" sont charismatiques et tout plein de prestance sur leurs beaux chevaux, les "méchants" sont antipathiques et font la grimace alors qu'ils ont une sale gueule. Non non, je ne caricature même pas...

Bref, le livre se cherche tout au long de sa mise en scène et s'avère être d'une banalité exaspérante. Pourtant, par moment, on se surprend à espérer quelque chose. On apprécie donc tout particulièrement de le terminer histoire de passer à autre chose.

3/10 Lecture facile et plutôt pépère, heureusement. Rouge est une héroïne plutôt attendrissante : naïve, belle et en quête de reconnaissance... et pourtant redoutable. Et puis c'est tout. Pourquoi se prendre la tête à nous inventer un univers de fantasy si c'est pour nous pondre un truc pareil ?

Boulet-Time

Publié dans Critiques Fantasy

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