Fiche n° 816 : La Chronique des Immortels (tome 5 à 7) de Hohlbein

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :

A la recherche du medicus Franz Breiteneck, personnage inquiétant qui pourrait les aider dans la quête de leurs origines, Andrej et Abou Doun, tous deux immortels désormais, se retrouvent dans Vienne assiégée par l'armée ottomane. Mais un autre vampyre a juré la perte de Breiteneck et ce n'est pas un inconnu pour Andrej. Pour sauver la vie de son ami prisonnier des forces de défense de Vienne, il doit se risquer dans les catacombes afin d'atteindre le camp ennemi et de tuer le sultan Soliman. Mais des créatures démoniaques veulent l'en empêcher.

Informations complémentaires :
Tome 5 : ICI
Tome 6 : ICI
Tome 7 : ICI

Mon avis :
Puisqu’il s’agit ici d’une critique globale des tomes 5 à 7 de la série La Chronique des Immortels , et que j’essaie de ne jamais trop dévoiler les tenants et aboutissants scénaristiques, n’hésitez pas à consulter celle que j’avais rédigée pour les tomes 1 à 4 (cf  ICI ).

Cela étant dit, rentrons dans le vif du sujet. Nous retrouvons notre aimable Andrej, vampyre malgré lui de son état, toujours à la recherche de ce qu’il est, et du pourquoi il est ainsi. Et c’est bien là que réside l’intrigue principale. Au lieu de se satisfaire de ce qui pour certains serait un don (du diable), il n’en a cure, et s’attire par la même occasion le regard hostile de ses congénères. La particularité de ces derniers tomes, c’est qu’ils reprennent pour chacun d’entre eux des personnages ou des faits présents dans les premiers, tissant ainsi un univers cohérent, et non plus seulement des one-shot, un tome = une histoire = un méchant. Cela ne signifie pas que la mécanique du début n’a plus lieu d’être. C’est d’ailleurs à double tranchant dans l’adhésion que le lecteur aura à poursuivre ou non l’histoire d’Andrej, qui pour rappelle, se déroule dans l’Europe de l’est aux environs du 15-16ème siècle. En effet, si vous, qui lisez ces lignes, n’avez pas aimé les premiers opus, nul intérêt de poursuivre ce cycle. Ceux qui ne le connaissent pas, je vous conseille de lire les deux premiers. Le premier permet d’installer le cadre, sur un registre plutôt sérieux et sobre. Le deuxième instaure le ton global de l’ensemble de la série, toujours sérieux certes, mais avec davantage d’humour.

Que ce soit le tome 5 « Les catacombes de Vienne », le 6 « La comtesse des neiges » ou le dernier paru en VF « Le fugitif », nous retrouvons bien UN vilain pas beau qui veut du mal à notre Andrej et son complice musulman Abou Doun. Alors pourquoi est-ce que j’aime cette série, dont je viens d’en énoncer quelques redondances ? Et bien je trouve que malgré tout, à chaque tome, l’ennemi prend une forme différente et qui est très bien retranscrite par l’auteur. De la même manière, l’environnement géographique changeant (Vienne, l’Europe centrale sous la neige, la Méditerranée avec l’île de Malte), l’environnement temporel (2 semaines entre la fin du tome 5 et le 6ème, mais quelques années ensuite pour le tome 7), ainsi que les personnages qui se renouvellent, m’ont permis de réitérer le plaisir. Wolfgang Hohlbein arrive à dépeindre rapidement des personnages secondaires intéressants, que ça soit par leur ambiguïté, leur fanatisme, leur dévotion. Ils entourent et animent alors très bien la trame principale du tome, qui elle-même s’inscrit dans la trame générale du cycle.

Là où l’auteur n’est pas exempt de tout reproche, c’est sur certaines ficelles qu’on devine parfois facilement. Dans cet ordre d’idée, deux autres éléments peuvent rebuter les lecteurs à force d’enchaîner les tomes. Tout d’abord, la naïveté quelque peu irritante du personnage principal qui dans bien des situations fonce dans le piège, et est aveugle à ce qui se passe alentour. On a tout bonnement envie de lui mettre une bonne paire de claques pour le secouer. Citation qui va avec ce ressenti « Pfff, j’aurais dû écouter Abou Doun ». Mais quel héros n’en fait pas qu’à sa tête ...quitte à la perdre. Enfin, bien qu’immortels, ça n’empêche pas nos chers amis de flirter avec la faucheuse régulièrement. Ce qui me revient à l’esprit pour vous l’expliquer c’est : « Je n’avais jamais été aussi proche de la mort, mais là, j’ai failli y passer, promis! ». Telle est l’une des difficultés dans ce genre de cycle. Faire en sorte de conjuguer l’immortalité des personnages avec une mort qui peut tout de même leur arriver pour que l’histoire ne se transforme pas en boucherie. Autrement dit, au fur et à mesure qu’on s’y habitue, on se doute bien qu’il y aura un élément qui le sauvera des situations désespérées. Pour ma part, j’essaie plutôt d’en rigoler, et de passer outre cette rengaine, pour me concentrer uniquement sur l’intrigue qui se veut à chaque fois efficace, simple, et qui permet d’avancer petit à petit dans la compréhension de la quête d’Andrej.

6,75/10 Ma note sur le début du cycle était de 7,5. Si pour la suite je mets moins, ce n’est pas tant pour la qualité moindre des opus que du manque d’allant. Si vous avez aimé la recette des premiers épisodes, vous aurez plaisir à lire la suite, quand bien même persiste les petites redondances exprimées plus haut. La chronique des immortels reste néanmoins une série intéressante, comprenant plusieurs originalités, le tout servi par une plume efficace et sans fioriture. Une intrigue ouverte dont on en apprend un peu plus à chaque fois. Je lirai sans hésitation le prochain tome, en espérant un peu plus de punch et une mécanique moins stéréotypée.

SebO 

Publié dans Critiques Fantasy

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