Fiche n° 811 : Cerebus : High Society de Dave Sim

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
cerebus.jpg

Résumé :

Débuté en 1977, Cerebus est une saga culte qui se termine en 2004, soit un graphic novel de quelques 6000 pages. Pendant toutes ses années, Dave Sim nous fait partager la vie de Cerebus, un oryctérope à la moralité trouble, parfois sympathique, parfois impitoyable, souvent grossier, alcoolique, misanthrope. Enfin traduit en langue française, Cerebus est devenu au fil des ans une œuvre culte à l'humour noir très grinçant, constamment alimentée par des références littéraires et bédéphiliques variées. Un régal !

Informations complémentaires : ICI

Mon avis :
Je viens de tourner la 518ème et dernière page de High Society et je me dis que chroniquer cet ovni ne va pas être simple du tout.

Cerebus est un oryctérope anthropomorphe qui parle à la troisième personne et qui cultive nombre de point communs avec certain barbare nordique célèbre, notamment en ce qui concerne les aspirations dans la vie (être riche, puissant, redouté, boire plus que de raison) et la manière d'y parvenir (taper fort, menacer, filouter, voler, conquérir). 25 numéros durant, Cerebus fut un pastiche de Conan. Entre le numéro 25 et le 26, Dave Sim a fait un bad trip au LSD. Il en est revenu avec, dit-il, la matière pour faire de Cerebus ce qu'il devenu tout au long des 300 épisodes de la série.

High Society regroupe les épisodes 26 à 50 de la série et voit Cerebus débarquer dans la cité de Iest en qualité de plénipotentiaire de Lord Julius, tyran de la contrée voisine. Cerebus ne tarde pas à comprendre que la réalisation de ses aspirations (être riche et le reste) peut aussi passer par le clientélisme, la manipulation, la basse politique et les manœuvres en tous genres auprès des gens influents prêts à tout pour s'attirer les bonnes grâces de Lord Julius par son biais. Coaché par l'énigmatique Asteria, véritable encyclopédie de la politique iestienne, Cerebus prend goût à cette nouvelle façon de s'enrichir rapidement et devient une figure politique locale influente. Dans l'ombre, le Cafard de Lune, justicier de la masse prolétaire étranglée par les taux d'intérêts et amoureux transi d'Asteria s'apprête à frapper.

Cerebus est une œuvre étrange, très riche, mêlant allègrement burlesque, dénonciation des tyrannies économiques, pastiche des super-héros (impayable Cafard de Lune tapant aussi bien sur le Shadow que sur Moon Knight), expérimentations graphiques, non sens montypythonesque et j'en passe. Imaginez un mix de Conan, de The West Wing, du supplément économique du Figaro et des Marx Brothers et vous êtes encore loin du compte.
Je ne vous cache pas qu'il faut s'accrocher pour aller au bout. Cerebus est une œuvre très exigeante qui demande un réel investissement de son lecteur mais qui récompense la persévérance. Véritable icône de l'édition indépendante, de part son engagement, sa folie et sa radicalité, Dave Sim a longtemps refusé que son œuvre soit traduite à l'étranger.
J'ignore comment Vertige Graphic a réussi à le convaincre mais je leur souhaite de réussir ce pari hautement risqué qu'est la publication de Cerebus. Je ne suis pas encore tout à fait capable de vous dire si j'aime Cerebus ou pas. On verra ça au prochain volume (ou pas).

X/10 Impossible mettre une note, tant Cerebus m'a séduit, irrité, enthousiasmé, agacé, perturbé.... au fil des pages. Aussi fou que son auteur, tel est Cerebus.

Winter

Publié dans Critiques Comics

Commenter cet article

freddt 24/09/2010 11:34


Une oeuvre formidable dont j'espérais la traduction depuis plus de 20 ans. Espérons que le succès minimal nécessaire pour poursuivre la publication sera là, car en VO les tomes qui suivent - Church
& State, Jaka's Story et Melmoth - comptent parmis les meilleures BD que j'ai pu lire...
Ajoutons que Vertige Graphic a vraiment fait un beau boulot d'édition noir et blanc.
Félicitations... et merci.