Fiche n° 786 : Zombie Island (Zombie Story 1) de David Wellington

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
À la suite d'une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. À la recherche d'un remède au virus, un groupe d'adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York. Tous se croient préparés au pire. Mais dans l'île de Manhattan en ruine, ils vont bientôt découvrir que la non-mort est loin d'être le destin le plus terrifiant...

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Mon avis :
La fin du monde est arrivée. Les morts se relèvent, l'humanité ne parvient pas à faire face et se fait dévorer toute crue, littéralement. Suprême ironie, les derniers bastions de résistance sont les anciens pays mis au ban des nations : Afghanistan, Pakistan, Somalie ont réussi à repousser les non-morts là où les démocraties occidentales, trop dépendantes de la technologie et prisonnières des valeurs morales qui avaient fait leur grandeur, se sont effondrées.

Mais pour diriger ces dernières enclaves, il faut un pouvoir fort, incarné par des leaders solides. Des dictateurs, pour faire court. Mama Halima, dirigeante de la République des Femmes Libres de Somalie est atteinte du SIDA. Si elle meurt, la Somalie s'effondre et peut-être le dernier espoir de l'humanité. Dekalb, agent de l'ONU en charge des programmes de désarmement, et sa fille ont eu la chance d'être au Kenya quand l'Epidémie s'est déclenchée. Lui et sa fille ont pu se réfugier dans la proche Somalie. En échange de leur vies, il accepte de livrer à Mama Halima la liste de tout les bâtiments de l'ONU qu'il connaît. Après avoir écumé tous les stocks de l'ONU dans l'est de l'Afrique, Dekalb lance une idée en l'air : le seul endroit sur Terre où on peut trouver tout les traitements rétroviraux à coup sûr, c'est le siège de l'ONU à Manhattan. Sauf que Mama Halima le prend au sérieux et envoi Dekalb à New-York par bateau accompagné d'une troupe de soldats fanatiques pour récupérer les précieux médicaments.

Débarquer en douce à Manhattan, éviter les dix millions de zombies potentiels, s'emparer des médicaments, revenir et éviter que sa fille Sarah ne soit élevée dans une madrasa par des fanatiques religieux, voilà le plan de Dekalb. Sauf que la population de New-York pourrait bien réserver de mauvaises surprises aux nouveaux arrivants. Un habitant en particulier, un dénommé Gary.

Avec les vampires et les loups-garous, s'il est un genre bien balisé dans le récit d'horreur, c'est celui mettant en scène des zombies. Sans être particulièrement novateur, David Wellington s'en sort haut la main.
Rien à redire, le pitch de départ est bien trouvé, qu'il s'agisse de la situation mondiale ou de la motivation des personnages. L'ensemble est malin et cohérent. Pour ne rien gâcher, l'auteur use d'un art consommé de la description. Le délabrement des êtres et des lieux en est presque palpable. L'ambiance de pourrissement est prégnante tout au long du récit pour notre plus grand plaisir ou dégoût, c'est selon mais dans un roman d'horreur, c'est positif. Dans son souci de renforcer son univers, l'auteur nous montre ce que pourrait être un environnement sans êtres humains et croyez-moi, tout n'est pas positif.
L'autre force du récit, c'est la grande place accordé à l'introspection des personnages. On est littéralement embarqué dans les têtes de Dekalb et Gary, ce qui n'est pas rien dans le cas de ce dernier. Concrètement, on peut dire que les personnages sont cohérents et équilibrés : il y a plus de lâches que de héros ici, comme au quotidien.

Jusqu'à la 200ème page, on peut légitiment se dire qu'on a là une histoire de zombie plus qu' honnête, rondement menée et très efficace. C'est le moment que choisit l'auteur pour faire basculer son récit avant qu'il ne commence à ronronner. Je n'en dévoilerai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir mais on passe alors à un stade supérieur où l'horreur le cède un peu au fantastique. Dès lors les pages s'envolent jusqu'à la surprenante mais géniale conclusion.

7,5/10  Ne vous fiez surtout pas à la quatrième de couverture qui essaie de nous vendre ce livre comme un survival horror bas de gamme ou un mauvais remake de l'Aube Rouge. Ce serait passer à côté d'un récit efficace et nerveux qui vous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Winter

Publié dans Critiques Horreur

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