Fiche n° 615 : Transparences d'Ayerdhal

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :

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Résumé :

Jeune femme sans type défini utilisant une arme blanche ou détournant de sa fonction usuelle un objet quelconque, réagissant à ce qu'elle considère comme une agression à connotation sexuelle ou à une atteinte à sa liberté.
L'acte violent est toujurs spontané, bref et extrêment performant. Elle disparaît ensuite sans laisser de trace.
Les témoignages sont toujours contradictoires, personne n'est capable d'en faire une description précise, il n'y a jamais ni empreinte, ni cheveu et aucun enregistrement audio ou video exploitable.
Ayerdhal quitte ici les terres de la SF pour celles du thriler contemporain : un coup de maître.

 

Informations complémentaires :

GF : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=8811

poche : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=26966

 

Mon avis :
Ce n'est jamais simple de chroniquer un roman qu'on apprécie, surtout si l’on ne veut pas trop en dévoiler. Et je l'avoue : j'aime beaucoup les écrits d'Ayerdhal.

Du coup, je ne vais pas vous dire pourquoi Transparences, c'est excellent, je vais plutôt vous expliquer pourquoi d’une part Ayerdhal c'est très bien et de l’autre pourquoi Transparences est, pour moi, son meilleur roman.
Le premier livre que j'ai lu d'Ayerdhal, c'était Mytale. J'ai aimé le côté efficace de l'auteur, et apprécié les messages (à peine) sous-jacents ; depuis, je l'ai relu, j'aime toujours et pour les mêmes raisons.

Ainsi, j'en ai lu un deuxième, puis un troisième, puis tous ceux sur lesquels j'ai pu mettre la main ; certes, j'ai mes préférés, mais je n'ai jamais été déçu. Et puis je suis tombé sur Demain une oasis. Celui-là m'a foutu une claque. J'ai toujours classé Ayerdhal comme un auteur « d'action ». Le style est efficace, il n'y a ni descriptions longues, ni digressions importantes, bien qu'on y trouve des moments de poésie. Mais ça ne ce résume pas à ça.

J'ai prêté Demain une oasis à une amie qui m'avait demandé un exemple de ce que j'aimais en « SF ». La première question qu'elle m'a posé après l'avoir lu c'est : pourquoi c'est de la « SF »? Et il est vrai que, de mémoire, le seul point un peu SF est une histoire de moto nucléaire. De toutes façon SF ou pas je n'aime pas les batailles d'étiquettes. Par contre, elle comme moi, c'est pour le message, je dirais humaniste, que l'on a accroché.

Et c'est pour ce cocktail messages + action que j'adore cet auteur.

Puis vint Étoiles mourantes, coécrit avec Jean-Claude Dunyach, que j'aurais un peu classé à l'opposé : auteur principalement poétique (ceci n'étant en rien négatif, bien au contraire). J'ai l'impression que cette coopération a un peu changé le style d'Ayerdhal (ou alors, c'est ma façon de le lire qui a changé).

Et dans Transparences, ça transparaît (oui c'était facile) : le style reste efficace, le message est là, mais avec quelques petits plus... Comme dans beaucoup de romans d'Ayerdhal, l'héroïne est une femme ; mais si habituellement ces récits se plaçaient de son point de vue, ici nous suivons principalement ceux qui la cherchent. Sans rien ôter à l'héroïne, ce changement de perspective donne plus de corps aux autres personnages. Ensuite le rythme, plus posé qu'à l’ordinaire (c'est après tout une enquête), ne gâche rien ; bien au contraire, il donne plus de profondeur à l'histoire.

Enfin je trouve que le fait que l'action se situe dans le présent donne plus de poids aux messages que l'auteur distille au cours du roman.

Bref, à mon sens, Transparences est :
1. Le meilleur d'Ayerdhal.
2. Une lecture indispensable.

Oui un roman d'action engagé ça existe, que peut-on vouloir de plus qu'un divertissement qui fait réfléchir?

10/10 Indispensable j'ai dit !

Monsieur Point

Publié dans Critiques Policier

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