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Couverture :

Résumé :
Je m’appelle Alcatraz, j’ai treize ans, je suis orphelin et je ne suis pas un gentil.
Laissez-moi vous dire une bonne chose : si un vieux bonhomme à la santé mentale douteuse débarque chez vous sous prétexte qu’il est votre grand-père et que vous devez l’accompagner dans une
espèce de quête mystique… refusez sans hésiter. Je fus obligé d’enfreindre cette règle. Ne m’en veuillez pas, c’était un cas de force majeure. Mais croyez-moi, c’est à ce moment-là que mon destin
bascula, direction autels, sacrifices, dinosaures, magie noire et infâmes bibliothécaires.
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=37018
Mon avis :
Les bibliothécaires, c’est comme les dentistes : ils ont l’air gentil – ils le sont même sûrement – mais ils ne pensent qu’à une seule chose : dominer le monde. Aussi, en attendant le livre qui
révèlera au grand jour la nature maléfique des dentistes, le très prolifique Brandon Sanderson dévoile la vérité à propos des bibliothécaires.
À la lecture d’Alcatraz, on ne doute pas qu’avant de devenir un grand auteur de fantasy, Sanderson en a d’abord été un grand lecteur. Avec ce roman jeunesse, il évacue ses références, parfois
telles quelles (Gemmell et Pullman sont nommés), souvent en se moquant de certains clichés, toujours avec beaucoup de finesse et d’humour. Toutefois, Alcatraz n’est pas une parodie – en ce
sens que sa trame n’est pas la parodie d’une autre histoire – mais plutôt une histoire originale qui caricature la Fantasy en s’appuyant sur l’ironie de son narrateur (le dénommé Alcatraz) ou les
stéréotypes du genre que l’auteur ridiculise au gré de ses gags.
Du côté des personnages, l’auteur ne s’est pas privé pour grossir les traits. De fait, il apparaît rapidement qu’Alcatraz n’est pas le anti-héros qu’il se vante d’être ; plus maladroit et
malchanceux que méchant, cet orphelin risque de vous arracher bien des sourires malgré son air de déjà-vu. Une remarque que l’on pourra, de manière générale, étendre à l’ensemble du casting
puisque tous – à l’exception peut-être de ce pauvre Sing, véritable clône d’Arthur Weasley – font mieux que remplir la fonction parodique de leur rôle ; on pourrait presque s’attacher à eux.
Cependant, quelques ombres obscurcissent ce tableau pourtant riche en couleurs. Ainsi, si les apostrophes du narrateur qui interpellent le lecteur à la moindre occasion vous hérissent les poils,
vous risquez de mettre votre pilosité à mal à la lecture d’Alcatraz. Ces appels sont souvent drôles et bien trouvés (son explication sur les incohérences de son récit en prenant l’exemple de la
caverne de Platon tient du grand art / n’importe quoi) ; ils créent un lien de complicité avec le lecteur qui rit avec l’auteur des mésaventures des personnages principaux ou de leurs références
communes. Mais l’auteur d’Elantris y a recours de façon un peu trop régulière et systématique même si leurs utilisations tendent à s’espacer par la suite. Dans le même ordre d’idée, certaines
plaisanteries deviennent, à la longue, un peu répétitives lorsque l’auteur se sent par exemple obligé de rappeler un nombre de fois conséquent que son héros est un méchant.
De manière générale, si Alcatraz évoque Artemis Fowl avec son ton humoristique volontiers moqueur, il n’est pas au niveau de son illustre aîné. Il lui manque un certain « sérieux », un soupçon de
rigueur. On ne serait pas étonné d’apprendre que l’auteur a écrit le roman en très peu de temps.
7,5/10 Vous aimez Artemis Fowl pour ses personnages haut-en-couleurs, ses situations loufoques et son humour débile ; vous aimerez Alcratraz pour les mêmes raisons. Vous connaissez la
différence entre la prison Alcratraz et la série littéraire éponyme ? Non. De la première, on ne pouvait pas s’échapper, de la seconde, on ne veut pas s’échapper. Ahah. Hum. Rutabaga
!
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