Fiche n° 562 : Les Furies de Calderon (Codex Alera 1) de Jim Butcher

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Le sort du royaume repose sur les épaules d’un garçon qui ne possède aucun pouvoir !
Pendant mille ans, les habitants d’Alera se sont protégés des envahisseurs en utilisant le lien unique qu’ils entretiennent avec les furies, ces élémentaires de la terre, de l’air, du feu, de l’eau, du bois et du métal, qu’une magie ancienne leur permet d’invoquer.
Mais dans la lointaine Vallée de Calderon, le jeune Tavi mène un tout autre combat. Un combat contre lui-même car, à quinze ans, il est toujours incapable d’user de la magie de son peuple. Il n’a aucun vent de furie pour l’aider à voler, aucun feu de furie pour allumer les lampes…
Or, la horde de Marat, l’ennemi le plus puissant du royaume d’Alera, s’apprête à envahir sa vallée ! Tavi devra faire face avec un courage et une ingéniosité qui pourrait se révéler bien supérieur à n’importe quelle furie, un pouvoir exceptionnel autant qu’inattendu en ces temps troublés et qui pourrait bien déclencher la guerre…

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35894

Mon avis :
Le coup du « jeune garçon sans pouvoir dans un monde où tout le monde en a » n’est pas inédit (cf La Légende de l’Epée noire, Lunes pour Caméléon, etc.) ; mais on avait quelque peu hâte de voir ce qu’en ferait l’auteur des Dossiers Dresden.  Après les aventures de Harry Dresden, le magicien aux pouvoirs intermittents, voici venir celles de Tavi, le magicien sans pouvoir magique…

Rapidement, il apparaît que les deux séries n’ont rien à voir pour le meilleur (Alera n’est pas une redite fantasy des Dossiers) comme pour le pire… Mais ne grillons pas les étapes.

Oubliée la narration à la première personne des Dossiers puisque Butcher a décidé de privilégier la troisième personne dans le but d’accompagner plusieurs personnages. Outre Tavi, on suit Amara, une jeune femme ainsi qu’une petite dizaine de protagonistes secondaires des deux camps ; point de manichéisme non plus, ce dont on ne se plaindra pas.

Le roman s’ouvre sur une mission qui « foire » à faire rougir de jalousie Malcolm Reynolds. Par la suite, l’histoire ne connaît pas – ou très peu – de temps morts : fuite,  chasse à l’homme, batailles, conspiration, meurtres, l’amateur de high fantasy en a pour son argent et les pages se tournent toutes seules.

Malgré une action relevée et constante, ce premier tome du Codex Alera ne surprend hélas jamais et se révèle bien plus classique que l’on était en droit de l’attendre de la part de Butcher. Alors que l’on pouvait penser que celui-ci allait s’amuser, avec son humour coutumier, à tordre le coup à certains clichés, il se complaît dans les stéréotypes et ne vient que trop rarement les bousculer.

Le plus révélateur peut-être, c’est que Les Furies de Calderon rappelle par moment la Belgariade, dans ses qualités (humour, personnages savoureux, histoire classique) comme dans ses défauts (avec Tavi dans le rôle de Garion aka héros-jeune-,-naïf-et-un-peu-boulet)… à ceci près que l’habituel décor moyenâgeux laisse aussi transparaître une (trop faible) influence romaine.

Toutefois, ce premier tome se révèle un tome d’introduction où l’auteur plante de nombreuses graines. Après la Belgariade, le prochain tome promet de revoir Harry Potter avec Tavi dans le rôle du magicien binoclard à l’école des sorciers…

6,5/10 Moins en verve dans la high fantasy que dans la fantasy urbaine, Butcher réussit quand même à nous faire passer un agréable moment malgré le sentiment de déception qui pointe de plus en plus à mesure que les espoirs de lecture ne se voient pas confirmés. Le lecteur averti se souviendra que les Dossiers Dresden, avant d’être la référence que l’on connaît en matière de fantasy urbaine, avaient commencé par une entrée timide. A voir…
   

Simatural

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