Partager l'article ! Fiche n° 586 : Sous des Cieux Etrangers de Lucius Shepard: Couverture : Résumé : « Tout cela s’est passé il n’y a pas ...
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Couverture :

Résumé :
« Tout cela s’est passé il n’y a pas si longtemps sur la station Solitaire, par-delà l’orbite martienne, là où sont assemblés et lancés les astronefs de reconnaissance qui s’évanouissent dans une
gerbe de feu de plusieurs milliers de kilomètres de diamètre, et c’est arrivé à un homme du nom de William Stamey, mieux connu sous le sobriquet de Bernacle Bill. Une minute, rétorquerez-vous
sans doute, j’ai déjà entendu cette histoire. Elle a été racontée et reracontée. À quoi bon la ressasser ? Mais qu’avez-vous vraiment entendu ? »
En cinq longs récits d’une implacable justesse, Sous des cieux étrangers, manière de pendant à Aztechs, lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire 2007, fait éclater les frontières des genres et
célèbre la modernité d’une littérature ciblant le cœur de l’âme humaine.
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=36265
Mon avis :
Lucius Shepard est un auteur à part.
À part pour les genres qu’il transgresse comme s’ils n’existaient pas.
À part pour le trop faible lectorat qui semble l’apprécier à sa juste valeur.
À part avec ses histoires courtes mais longues, riches et denses, ses histoires à la première personne où le bizarre et l’étrange se font quotidien, où l’âme humaine se voit disséquée par le
scalpel de l’un des plus grands stylistes du genre.
Avec Aztechs, il avait prouvé qu’il était l’un des tous meilleurs auteurs de l’Imaginaire ; avec Sous des Cieux
étrangers, les éditions du Bélial (que l’on remercie au passage) en remettent une couche : oui, Shepard est grand. Très grand.
Plutôt que de vous résumer le début de chaque novella, je vais essayer d’évoquer rapidement – en une ou deux phrases – leur ambiance ou ce qu’elles ont convoqué chez moi. D ‘une part, parce que
je n’ai pas le talent de conteur de Shepard, d’autre part parce qu’une partie de leur intérêt découle de la surprise que l’on prend à les découvrir. Deux phrases, c’est plus qu’il n’en faut
à Shepard pour vous plonger dans un univers aussi étrange que familier, dans une histoire aussi drôle qu’émouvante.
Bernacle Bill le spatial ou quand Bill le héros galactique rencontre Des fleurs pour Algernon. Loin,
très loin de la Terre qui abrite habituellement ses textes, Shepard nous raconte l’histoire d’un type, d’un pauvre type, d’un type devenu un héros. Comme toujours, la vérité est bien plus
ampoulée que la légende, plus moche, c’est sûr. Plus belle aussi, un peu.
Dead Money et ses zombies vaudou joueurs de poker et ses jolies bimbos un peu folles dans le cadre d’une Louisiane post-Katrina.
Radieuse Etoile vert, c’est un peu comme l’univers du cirque vu par Sturgeon, entre freaks et magie, c’est aussi le condensé littéraire d’une saison des Caravanes de
l’Étrange (Carnivale en V.O.).
Limbo. Que cachent les fantômes qui rôdent autour des lacs ? Voici une superbe ghost story qui n’est pas sans rappeler l’univers de certains jeux vidéos japonais (Siren, etc.).
Des Étoiles entrevues dans la Pierre s’apparente à la fois Robert Charles Wilson (Spin et ses étoiles), Michael Coney (et ses monde en suspens avec l’épée de Damoclès qui peut
tomber à tout instant) et Stephen King. Quand l’univers du rock part en bad trip, qui peut dire où le voyage va se terminer ?
Lucius Shepard, c’est l’écrivain parfait, celui qui vous raconte de belles histoires, celui dont la plume mérite les plus hautes distinctions littéraires, celui qui vous touche droit au cœur et
vous donne à réfléchir.
Sous des Cieux étrangers, ce sont des phrases qui concentrent tant d’idées que certains en écriraient des nouvelles, des nouvelles avec des personnages « comme nous », des personnages
entraînés dans des histoires d’amour, toujours. Sous des Cieux étrangers, c’est un recueil à ranger entre Aztechs, Corps-Machine et Rêves d'Anges, les Visages de
Mars et L’homme qui dessinait des Chats. Indispensable dans toute bonne bibliothèque idéale.
9,5/10 Sous des Cieux étrangers, c’est un auteur génial au sommet de son art. Cinq histoires aussi différentes que magnifiques. Quand l’arme est aussi affutée que ciselée, quand
l’auteur est aussi lucide que généreux, cinq coups de poignard en plein cœur, ça fait mal. On pleure, on rit et on se dit que demain verra peut-être des cieux plus beaux – sans trop y
croire…
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