Fiche n° 710 : La Parallèle Vertov de Frédéric Delmeulle

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
     En ce début de IIIe millénaire, Child Kachoudas s'ennuie dans des boulots aussi inintéressants que peu rémunérateurs. Jusqu'au jour où son oncle lui confie une mission un peu spéciale : visionner les archives de l'enterrement d'Édouard VII en 1910, observer la foule endeuillée et le contacter ensuite. Les images en noir et blanc défilent sous ses yeux indifférents, quand un homme se retourne et lance à la caméra un coup d'œil entendu. Cet homme n'est autre que son oncle, José-Luis de Almédia !
     Le vieux savant misanthrope a réalisé l'impossible : transformer un sous-marin nucléaire soviétique, le Vertov, en machine à voyager dans le temps. Embarquement immédiat pour Sélinonte en 117 après J.-C. Mais la balade temporelle tourne au fiasco : en grippant l'Histoire n'ont-ils pas défait le monde ?

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Mon avis :
Encore une histoire de voyage dans le temps ? Oui, mais la machine en question est un sous-marin nucléaire soviétique. Quand on est attiré par les questions géopolitiques, la Guerre Froide ou les relations entre les blocs comme votre serviteur, un pitch comme celui-là donne franchement envie. Sans compter que La Parallèle Vertov démarre de fort belle manière.

D'un côté, une enquête sur des meurtres étranges dans l'Angleterre de 1910. Ambiance victorienne décadente garantie. De l'autre, une mystérieuse transaction dans les glaces de la Nouvelle-Zemble en 1993, en pleine décomposition de l'empire soviétique. Deux époques forts différentes, évoquées de façon brillante et passionnate. Chacune fourmille de détails (on sent l'historien derrière l'auteur) et si le roman entier était resté à ce niveau, on aurait tenu un des romans de l'année.

Hélas, après un départ sur les chapeaux de roues, il faut bien avouer que le cœur du roman se tasse un peu. D'un niveau très soutenu, on passe, avec l'arrivée et la présentation de la machine à voyager dans le temps, à une trame assez classique avec les inévitables questions philosophiques et morales sur le voyage dans le temps, le risque de création de paradoxes, de lignes temporelles parallèles. La lecture devient agréable mais plus aussi enthousiasmante et on commence à se demander comment va se faire le lien avec ce début si prometteur. De même, les explications finales et le deus ex machina pourront en agacer plus d'un (moi le premier).

Il n'empêche que je suis curieux de voir le développement qu'a apporté Frédéric Delmeulle à la seconde partie de son diptyque (parution ce mois-ci). Par que, malgré mes critiques, j'ai trouvé le personnage de Child fort attachant, l'incarnation de l'IA du Vertov absolument géniale et que ce roman recèle des moments très forts (La découverte de Lugdunum, le périple dans le Massif Central).

7/10 Un roman inégal mais tout de même d'une lecture agréable. Quelques moments particulièrement réussis qui laissent entrevoir un gros potentiel. A suivre.

Winter

Publié dans Critiques SF

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