Fiche N° 549 : Swamp thing de Moore, Bissette et Totleben

Publié le par Winter

Couverture :
swamp thing
Résumé :
C'est sur cette série qu'Alan Moore dévoila son génie. On donna carte blanche au scénariste, dont l'intervention était l'ultime tentative de sauver la série. Moore redéfinit alors complètement le personnage, le faisant passer du statut d'homme transformé en monstre à celui d'esprit élémentaire de la végétation et de la terre. Swamp Thing développa des thèmes politiques et environnementaux tout en conservant son univers fantastique et horrifique. Dans cet album illustré par Stephen Bissette, nous assistons non seulement au renouveau d'un personnage, mais aussi à la métamorphose d'une série d'horreur basique en une série culte !

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35726

Mon avis :
       Encore une réédition du Swamp Thing d'Alan Moore ? La dernière chez Delcourt date d'il n'y a pas si longtemps pourtant, me direz-vous. Oui, mais celle que nous propose Panini dans le cadre de la collection Vertigo Cult mérite qu'on s'y attarde. Cette édition est en couleur là où Delcourt nous proposait une version noir et blanc et ça change tout ! Je m'explique : Delcourt ou Panini adaptent en fait les trade paperbacks américains (c'est à dire les éditions reliées) et jusqu'à récemment DC/Vertigo ne proposait les rééditions de Saga of the Swamp Thing qu'en noir et blanc alors que la publication originale en fascicules mensuels était bien en couleur. Mais depuis l'année dernière, retour de la couleur dans les recueils américains. Les dessins de Bissette et Totleben rendaient bien en noir et blanc, soyons honnêtes, mais la couleur a toujours fait partie intégrante du schéma narratif de Swamp Thing. Par exemple, la Créature est reliée à une conscience collective végétale appelée le Vert où forcément tout est ...eh bien...vert. Difficile à rendre en noir et blanc, forcément. De même, l'environnement des marais est rempli de petits détails, de fleurs, d'animaux que la couleur rehausse. Alors, bien sûr, c'est une colorisation des années 80 d'où un cachet quelque peu kitsch.

       L'apparition de la couleur n'est pas la seule nouveauté de cette édition par rapport à l'édition de Delcourt. On a droit à une nouvelle traduction d'Alex Nikolavitch ainsi qu'au premier épisode scénarisé par Moore (le #20 de la série US) jusque là absent des rééditions. Cette absence est assez curieuse puisque Moore y clos le travail de l'équipe précédente et prépare le terrain pour ses projets.

       Et sinon, foin de ces considérations éditoriales, c'est bien Swamp Thing ? Oui, c'est génial. Les scénarii sont de petits bijoux d'écritures, Moore distille une ambiance assez intense à l'image de la Créature : sombre, glauque, inquiétante. Les ennemis ne sont plus simplement des monstres que Swamp Thing réduit à grands coups de latte comme c'était le cas auparavant mais de vicieux démons qui torturent l'âme des innocents et distillent peur, frissons et dégoûts.

       Swamp Thing est bien un comic d'horreur mais Moore insère habilement des préoccupations écologiques, spirituelles et sentimentales (si, si, vous verrez dans le tome 2 avec le superbe Rites of Spring). C'est le premier travail de Moore aux USA et c'est l'acte fondateur de la ligne Vertigo. C'est aussi là qu'apparaît pour la première fois John Constantine d'Hellblazer. Je comprendrais que ceux qui ont investi dans les éditions de Delcourt aient un peu mal au fondement de devoir remettre ça juste pour la couleur mais pour les autres, aucune hésitation à avoir. Maintenant plus qu'à espérer que Panini ira jusqu'au bout de la série, voire nous gratifiera des autres série Swamp Thing, là ce serait le bonheur.

9/10 Réédition bienvenue d'une œuvre culte du maître anglais dans sa version d'origine. Tout amateur sérieux de comics se doit de posséder ce Swamp Thing.

Winter

Publié dans Critiques Comics

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