Fiche n° 637 : La Division Cassini de Ken McLeod

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
2303. Les 30 milliards d'humains résidant sur Terre - auxquels s'ajoutent les Exos, qui ont choisi de fuir dans l'espace - sont désormais gouvernés par l'Union solaire. Capitalisme et système monétaire ont été abolis dans cette société mondiale et interplanétaire sans classes, héritage d'un siècle d'obscurantisme initié par la victoire politique des Verts, qui ont mis à bas une civilisation dominée par l'Empire américano-onusien. Bras armé de l'Union solaire, la Division Cassini a pour fonction de défendre les humains des attaques répétées des Joviens, des Exos hostiles exilés sur Jupiter ayant détruit réseaux informatiques et systèmes de communication terriens à force d'inlassables bombardements de virus. Or une nouvelle menace se profile : on soupçonne les habitants de la Nouvelle Mars, planète en voie de terra formation située à des années lumière du Système solaire, d'ourdir aussi un complot contre les Terriens... Des ruines végétales de Londres aux confins de la galaxie, La Division Cassini renoue avec la grande aventure spatiale, au long de laquelle seront révélés les travers de l'Histoire, les terrifiants enjeux de pouvoir d'un monde à nul autre pareil et où, in fine, se posera la question de ce qui définit vraiment l'humanité...

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=5479

Mon avis :
Au Royaume-Uni, Ken McLeod, c’est un auteur dont chaque nouveau roman se voit systématiquement nominé par un grand prix du genre. De fait, l’écrivain écossais a été remarqué par un Prometheus Award et un British Science Fiction Award. Quant à ses nombreuses nominations, on fera l’impasse dessus au risque de vous décevoir et l’on peut dire, sans exagération démentielle, qu’il a été nominé à tous les distinctions du genre ou peu s’en faut.

En France, Ken McLeod, c’est un auteur méconnu. Certains me corrigeront « tu veux dire IAN McLeod » tandis que les autres, haussant les épaules, m’affubleront d’un p’tit « connais pas ! ». Il faut dire que KenMcLeod n’a connu que trop rarement les honneurs d’une traduction française. Ainsi, si l’on regarde de plus près sa bibliographie, on remarquera que seuls quatre de ses textes sont disponibles de ce côté de la Manche. Deux nouvelles (au sommaire des anthologies NSO et Science-fiction 2006, toutes deux parues chez Bragelonne) et deux romans : La Veillée de Newton (Bragelonne aussi) et La Division Cassini (dans la défunte collection Millénaire de J’ai Lu).   

La Division Cassini
est le troisième tome d'une série – Fall Revolution – qui en compte quatre. Toutefois, si vous avez bien suivi, seul ce troisième tome a été traduit ; heureusement pour nous, il peut se lire de manière indépendante.

Après quelques pages, l'impression (fausse mais signifiante) de lire un roman de la Culture écrit par Richard Morgan. En effet, du premier on retrouve le goût de la confrontation de systèmes politiques, d’une vision d’une SF gauchiste non dénuée d’humour et d’ironie. Avec le second, il partage un rythme trépidant servi par un style "rentre-dedans". La division Cassini est le nom affublé à un groupuscule qui a pour objectif d'éliminer tous les post-humains (ça ne vous rappelle pas un certain Blackman ?). On suit l’une d’entre eux, Ellen May Ngwethu, chargée par ses supérieurs de trouver un moyen – ou plutôt une personne, susceptible de comprendre les trou-de-vers sous peine de voir une faction adverse prendre un avantage décisif qui aura pour conséquence l’extermination de l’un ou l’autre des camps. A priori, l’intrigue est simple. Toutefois, à l’inverse d’un David Weber par exemple (pour ne citer que le plus illustres des représentants de la SF militariste), Ken McLeod brouille les pistes et les limites. Point d’extraterrestres dans cet univers, plutôt des sociétés humaines ayant choisies des chemins politiques, religieux et technologiques différents après de multiples guerres et apocalypses en tous genres. Et bien entendu, qu’ils soient capitalistes, téléchargés, anarchistes, croyants, robotisés, I.A.isés ou même socialistes, tous sont persuadés d’avoir raison. La confrontation des uns et des autres permet à l’auteur de proposer sur réflexion sur la nature humaine et sur son avenir : à partir quand devient-on plus qu’humain, non-humain ou post-humain. L’absence même de terme illustre parfaitement le trouble qui agite le monde imaginé par McLeod.

A ceux que la réflexion fait un peu peur, le roman, narré à la première personne est aussi et surtout un divertissement : du Banks sans les longues phases de placement de l’intrigue, du Weber sans les idées puantes.
Somme toute, à la fin du roman de Ken McLeod, on a qu'une envie : prendre son téléphone et harceler nos éditeurs préférés pour avoir la traduction des trois autres tomes du cycle dans les plus brefs délais. Le présent livre n’étant pas paru au format poche, il vous faudra débourser un peu moins de 20 euros pour vous le procurer ; il les vaut.

8/10 Ce n'est rien de le dire : les space opera ne sont pas légions en France. Aussi, lorsqu'on met la main sur un bon, un très bon même, on n'est pas en mesure de le bouder. La Division Cassini, c'est donc un space op' tonique, passionnant, un peu gaucho et intelligent.


Simatural

Publié dans Critiques SF

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Commenter cet article

titi 03/05/2010 12:06


Dommage qu'il soit épuisé... Une raison de plus d'harceler les éditeurs!