Fiche n° 529 : DMZ de Wood et Burchielli

Publié le par Winter

Couverture :
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Résumé :
Embourbé dans des guerres à travers le monde qui mobilisent son armée et sa garde nationale, le gouvernement américain a commis l'erreur de négliger la menace que constituent les milices anti-gouvernementales, à l'intérieur des États-Unis. L'Amérique moyenne se soulève et déclenche une seconde guerre civile qui s'arrête sur la ligne de front de Manhattan : la DMZ. Matty Roth, un photographe stagiaire un peu naïf, va en devenir le correspondant bien malgré lui

Informations complémentaires :
Tome 1 : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=24654
Tome 2 : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=27426
...
Tome 6 : http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35671

Mon avis :
       Parfois je me demande comment ils font chez Vertigo. D'accord, il y a des choses moyennes de temps à autres mais globalement, c'est assez impressionnant. Sandman, Swamp Thing, Hellblazer, Transmetropolitan, Y : The Last Man, House Of Secrets, Pride Of Baghdad, Preacher, Fables, Invisibles, 100 Bullets, The Filth ...et je ne parle que de ce qui a été traduit en français. Encore une petite place ? Allez ...voici DMZ. 

       De Brian Wood, je ne connaissais que ses scénarii, assez moyens, sur Generation X, un énième spin-off des X-Men consacré à leur classe biberon. Rien de bien mémorable. Autant dire que je n'attendais rien de particulier de Wood sur ce coup là. Grave erreur (que j'aurais pu anticiper si seulement j'avais lu Chanel Zero mais honte sur moi, ce n'est pas le cas). 

       Premier choc : la couverture du numéro 1 de la série US. Vue embarquée d'un hélicoptère plongeant sur une cité en proie aux flammes et au chaos, l'œil sous le canon de fusils d'assaut, très Black Hawk Down. Une image forte, toute de blanc, de noir et de dégradé de gris. Seules couleurs : des flammes. Le décor est planté. Bienvenue à Manhattan en pleine Seconde Guerre Civile Américaine. Eparpillé sur tous les fronts du globe, trop occupé à sécuriser les intérêts américains dans le monde, le gouvernement fédéral a négligé la montée en puissance des milices. Quand elles ont lancé leur mouvement d'insurrection contre l'état fédéral, la garde civile a été rapidement dépassée. Le rapatriement des armées en catastrophe n'y a rien changé. Les soldats, las après des années de conflits, ont refusé de se battre contre d'autres américains. La ligne de front s'est stabilisée à Manhattan, décrétée zone démilitarisée par les deux camps. Isolés de tout et tous, les derniers habitants de l'île, les pauvres et les exclus qui n'ont pas pu évacuer à temps, se reconstruisent une société en miniature, tribale et ultra violente, où la survie est littéralement un combat permanent. Chaque camp rêve de prendre ce symbole qu'est Manhattan.
La bien nommée chaîne télé Liberty News décide de dépêcher son journaliste vedette sur place pour rapporter quelles sont les conditions de vie des new-yorkais. Il est accompagné par un photographe stagiaire, fils à papa pistonné, Matthew Roth alias Matty. 

       A peine leur hélico posé, les choses dégénèrent. L'équipe est prise dans une embuscade, l'hélico abattu. Seul survivant, la bleusaille Matty Roth, coincé dans le no man's land qu'est devenu New-York. Disposant encore de son matériel, Matty joue son va-tout et décide de poursuivre sa mission. Seul journaliste au milieu de l'enfer, Matty apprend et comprend progressivement les dessous du conflit et ce que peut être la vie en temps de guerre. Ses reportages sont diffusés et vus par ses voisins new-yorkais comme par le reste de l'Amérique.
La célébrité subite de Matty ne va pas aller sans lui causer quelques menus ennuis dans tous les camps.
Avec DMZ, Brian Wood met en scène une féroce critique de la politique américaine de ces dernières années. La politique-fiction du meilleur tonneau y côtoie une sacrée finesse scénaristique entre les machinations politico-médiatiques des belligérants d'un côté et les trucs et astuces imaginés par les citoyens de New-York pour survivre de l'autre.

       En parallèle, le récit met l'accent sur le rôle de la presse dans les conflits, les manipulations médiatiques (difficile de ne pas voir Fox News en Liberty News), l'usage de l'information comme d'une arme. Au fil des tomes, le récit se densifie et la tension va crescendo. Chaque nouveau tome est encore meilleur que le précédent. Pour alléger un peu l'ensemble, les auteurs insèrent parfois entre deux story-arcs un épisode autonome mettant en lumière un protagoniste, ce qu'il faisait avant la guerre, comment il en est arrivé là. Même dans ces tranches de vies, le scénario arrive à nous surprendre.

       Seul petit bémol à mon avis, la partie graphique de l'italien Riccardo Burchielli qui est assez inégale mais qui a le mérite de bien coller à l'histoire avec ce petit côté crade. De toute façons, le récit est tellement prenant qu'on oublie vite ce léger défaut.

9/10 Succès critique considérable aux USA, DMZ mérite toutes ses louanges et même plus que ça. DMZ est rien moins qu'une œuvre majeure.

Winter

PS : Six tomes sont parus à ce jour, soit les numéros us #1 à 34. Jetez-vous dessus !

Publié dans Critiques Comics

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Simatural 10/04/2010 10:22


Pour moi aussi l'une des toutes meilleures séries de comics actuelles ! Par contre, je suis un peu à la bourre, je n'ai lu que les 4 premiers !


Eric 08/04/2010 23:45


Exactement !! Entièrement d'accord ;o)


le shild 08/04/2010 14:56


DMZ!!! Je viens de terminer le 6ème tome, soit le n°34, et je dois avouer que je suis scotché. Cette série est une vraie bombe qui nous laisse pantois... D'un côté la difficile confrontation à une
certaine actualité : les dérives politico- journalistiques, la guerre et toutes ses victimes. De l'autre, la fiction que nous délivre les auteurs, à travers un scénario impeccable, des planches
magnifiques, et puis des personnages auxquels ont s'attache voir que l'on déteste... bref DMZ est une série qu'il faut lire, relire, encore et encore...