Fiche n° 523 : Medieval Lady Death de Pulido

Publié le par Winter

Couverture :
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Résumé :
Lady Death est revenue d'entre les morts pour se venger des hommes qui l'ont assassinée.
Mi-femme mi-sidhe, elle est rejetée par les deux races. Dans la guerre sanglante qui les déchire, elle pourrait pourtant être le dernier espoir de l'humanité...

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35799

Mon avis :
       Ah ! Lady Death, les bad girls des nineties, les hormones, la bulle  spéculative, les foil-embossed-triple-3d-gatefold-limited-gold-hologram covers pour le même comic mais quatre fois plus cher avec l'espoir de le revendre une fortune dans dix ans ... c'était le bon temps, tiens. Originellement, Lady Death est un personnage de la série Evil Ernie. C'était la super-méchante über-sexy qui promettait monts et merveilles à l'adolescent zombie Ernie si celui-ci exterminait toute vie humaine de cette planète. De base, on n'était pas dans la grande littérature mais bon, un bon délire jubilatoire destroy et ultra violent qui partait dans tous les sens, ça avait le mérite d'être fun. 

       Les choses se sont gâtées quand Pulido s'est mis en tête de développer le personnage à forte poitr ... pardon, à fort potentiel de Lady Death. Et que je t'invente des origines médiévales-fantastiques bancales là où notre déesse du mal nihiliste était bien suffisante. Les bad girls, dont Lady Death est une éminente représentante, n'ont jamais été qu'un produit marketing, un buzz, de l'industrie US du comic pour essorer encore et encore le juteux marché des années 90 jusqu'à l'explosion de la bulle mais c'est une autre histoire.

       Lady Death s'est baladée d'un éditeur à l'autre au gré des banqueroutes jusqu'à atterrir chez Avatar Press, un éditeur ayant démarré par la production de mini-séries d'horreur, de porno ou de mélange des deux. Bragelonne-Milady ayant acquis les droits d'exploitation d'Avatar pour la France, nous voilà donc avec une v.f. de Medieval Lady Death.

       A ce stade, on peut s'interroger : pourquoi publier ça ? Pour rentabiliser l'achat de la licence ? Pour combler le vide éditorial français concernant Lady Death ? 3 numéros de Lady Death avait été publiés par un éditeur allemand en 1998 en France et depuis plus rien. Pas que ça nous ait manqué d'ailleurs, c'était déjà médiocre à l'origine. Le lecteur qui décide de s'y mettre va en plus rencontrer quelques soucis de compréhension. Ces épisodes qui nous narrent les débuts médiévaux de Lady Death avant sa rencontre avec Evil Ernie sont la suite directe d'épisodes parus chez un autre éditeur, le défunt Crossgen pour lequel Bragelonne n'a pas les droits. Zut, on a manqué le début de l'histoire. Bon, on se dit qu'on va se rattraper sur les qualités intrinsèques de l'œuvre alors ? 

       Ben, non. Le dessin est laid : on est encore dans cette catégorie de dessinateurs qui ont séché le cours d'anatomie (là l'esprit des 90's est respecté). Le deuxième illustrateur, Wellington Alves, s'en tire un peu mieux mais rien de glorieux. Rien de mieux à glaner côté scénario. Pulido n'a jamais été et n'est toujours pas un bon scénariste (quelqu'un se rappelle de son passage chez Marvel sur Supernaturals ?). Les dialogues sont à la limite du ridicule, l'histoire cousue de fil blanc, bourrée de clichés d'héroic-fantasy. On n'a même pas la consolation d'admirer les courbes irréelles de la Lady Death originelle ! Même là, on est volé ! 

       Au fil des années le catalogue d'Avatar est devenu plus respectable avec des auteurs comme Alan Moore, Garth Ennis ou Warren Ellis et aussi quelques daubes comme les adaptations de licence. En tous cas, il y a chez eux bien mieux à traduire que Lady Death.

2/10 Vous avez vraiment, mais vraiment, beaucoup mieux à faire de vos 14.90 euros. Tiens, par exemple, vous les avez tous les DMZ ?

Winter

Publié dans Critiques Comics

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