Fiche n° 501 : Canardo - Cycle 1 de Sokal

Publié le par Cyrielle

Couverture :
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Résumé :

Trois aventures du célèbre Canardo, qui nous emmènent jusqu’au fin fond de la Russie. Meurtres, jeunes femmes en détresse, règlements de compte, alcool et solitude ne manquent pas dans ce premier cycle de la série.

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=36056

Mon avis :
       Canardo, c’est l’antithèse du héro. Il boit, il fume, il déprime, et se lance souvent dans l’aventure à contre-cœur. Mais il est toujours où il faut quand il faut, et ne lâche jamais rien. Un esprit cynique et rongé par un passé douloureusement chargé, on se croirait dans un polar à l’américaine. L’univers de Sokal, ce sont des personnages presque enfantins (chiens, chats, gros ours ahuri et, bien sûr, le fameux canard) le tout dans une ambiance toujours très colorée, qui forment un ensemble pourtant très sombre… Il dépeint un monde lugubre, fait de vengeances et de corruptions, où les gentils ne le sont jamais vraiment. Avec, par-ci par-là, quelques répliques dignes d’un Audiard (on notera par exemple celle-ci, juste excellente « qui a dit que le courageux avait peur avant, le lâche pendant, et le téméraire après ? Moi, j’ai peur tout le temps. En fait, je suis simplement un couillon qui fonce ! »).

       Dans ce recueil de trois enquêtes, le ton est de plus en plus sinistre au fur et à mesure des pages… On commence en douceur avec une énigme dont la solution, pour être surprenante, n’en est pas moins drôle. Et puis on s’enfonce, comme Canardo, dans une sorte de dérive nébuleuse, qui ne s’arrange pas même à la fin de l’histoire. L’aventure est finie, mais on en garde un petit goût amer. Car, contrairement aux polars à l’américaine, elles ne connaissent pas forcément de fin heureuse.

       Dans l’ensemble, le trait est accrocheur et régulier, les scénarios simples et cohérents, et l’anti-héro attachant. Les dénouements ne sont pas spectaculaires, et si le lecteur s’attend à du Agatha Christie, il sera déçu. Mais la lecture reste très agréable et divertissante, sans longueurs… Plutôt que d’allumer sa télé pour regarder une énième série policière à l’intérêt tout relatif, pourquoi ne pas se plonger dans une bande dessinée surprenante et tout simplement réussie ?

8/10 Du format de la BD aux dialogues mordant des protagonistes, tout dans ce recueil des aventures de Canardo est agréable. Si l’on aime les bars sordides et les règlements de compte à coup de pétard, ce premier tome est idéal pour occuper de longues soirées d’hiver…

Cyrielle...

Publié dans Critiques BD

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stupidboy 22/01/2010 18:51


Les 3 premiers: Le Chien debout
La Marque de Raspoutine
La Mort douce


Loula 22/01/2010 15:33


Canardo fait partie de mes incontournables en bd, j'aimerais bien savoir quels sont les trois titres réunis ici?