Couverture :
Résumé :
Des êtres synthétiques soumis à nos désirs, de l’orgasme en capsule, la radiographie du plaisir. Nos futurs nous réservent des fantasmes inédits et mystérieux... Douze auteurs soulèvent le lourd
rideau des tabous pour emprunter la voie des sens et mieux affoler les nôtres.
Anthologie sulfureuse, aux frontières de l’érotisme, de la science fiction et du fantastique, « 69 » réuni douze auteurs français de renom des littératures de l’Imaginaire.
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35434
Mon avis :
Après une préface qui excite la libido du lecteur de SF, c'est à l'auteur du
Déchronologue que vient la lourde tâche
d'ouvrir cette anthologie avec une nouvelle (qui n'est même pas de la SF d'ailleurs) pleine de désirs refoulés : désirs sexuels, bien entendu, désirs de liberté, aussi, mais surtout, désirs de
vivre. Sur une plage, une femme observe ou plutôt espionne un couple de jeunes vacanciers - ses voisins de serviettes - jusqu'à fantasmer sur eux...
Eddy Merckx n'est jamais allé à Vérone
confirme le talent du dernier GPI ; oui, incontestablement, Stéphane Beauverger fait déjà parti des grands. ****/5
J'ai ouvert deux romans de Maïa Mazaurette. Je n'ai jamais réussi à en terminer un : trop froid, trop dénué de sentiment. Basé sur Saturne, Honey Moon, un hôtel d'un genre un peu particulier,
abrite "tout le confort nécessaire à la découverte charnelle au sein de 40000 chambres réparties sur 200 niveaux". Ce n'est pas cette nouvelle qui va me faire changer d'avis sur la froideur des
textes de Mazaurette - jamais le sexe ne m'a paru aussi froid et aussi peu naturel ; pour autant, j'ai aimé, mieux j'ai adoré. Certains dialogues de ce texte qui n'hésite pas à égratigner notre
société valent leur pesant de cacahuètes. Bref, une belle surprise pour moi. ****/5
Si j'ai des difficultés avec les oeuvres de Maïa Mazaurette, c'est bien pire avec celles de Daylon. Pour ne rien vous cacher, je n'ai jamais réussi à achever ... une de ses nouvelles (au sommaire
des antho. Dragons et
Retour sur l'Horizon). Le ton sec et le rythme saccadé se prêtent bien à cette histoire qui raconte la
vie de Miss Virginity, une synth - comprenez un sexe toyz de luxe. Bonne nouvelle : j'ai lu la nouvelle en entier. Mauvaise nouvelle : Daylon en fait toujours trop et se regarde parfois écrire. Cet
exercice de style aurait mérité un peu plus de simplicité, un peu moins de pages, un peu plus de travail sur le fond, un peu moins sur la forme. Initiative louable, l'auteur a mis la nouvelle en
ligne à l'adresse suivante : moonmotel.fr/antho69. */5
C'est toujours un plaisir que de lire une des créations de
Mélanie Fazi. Pourtant, comme toujours, il m'est difficile d'en
parler puisque celles-ci me semblent toujours insaisissables, évanescentes, éthériques ; comme un rêve que l'on sait avoir été plaisant mais qui nous fuit inexorablement au réveil. Pourtant, comme
toujours, quelques images hantent mon esprit : celle de deux automates, l'un blanc, l'autre noir, l'un femme, l'autre homme, celle d'une danse sur une musique entêtante à la cadence parfois
militaire. Un beau texte. ***/5
Quel cinéphile n'a pas rêvé de pouvoir intervenir dans un film ? Dans
LXIX, Francis Berthelot se rend coupable de ce fantasme et imagine un spectateur qui décide de prendre en main un
film. Malheureusement, ce joli scénario prend assez vite une direction inattendue et, pardonnez-moi l'expression, il part en sucette ! L'intérêt décroit rapidement lorsqu'arrive la fin, on a qu'une
seule hâte : lire la prochaine nouvelle et oublier celle-ci au plus vite. On a connu Francis Berthelot plus inspiré. 0/5
Sylvie Lainé et les éditions des Trois souhaits, c'est une longue histoire d'amour (cf Espace insécables, Le Miroir aux Eperluettes et plus récemment
Marouflages). Aussi, rien de très
surprenant à la voir au sommaire de
69. Rien de bien surprenant non plus à se rerouver face à un très bon texte qui le sexe prend des couleurs inattendues ...
Toi que j'ai bu en quatre
fois, un titre magnifique pour une nouvelle qui l'est tout autant. ****/5
Norbert Merjagnan ? Souvenez-vous, il est l'auteur d'un unique roman paru aux éditions Denoël :
Les Tours de Samarante. On
retrouve le style si particulier et déroutant dans ce texte ... particulier et déroutant qui n'a jamais réussi à m'enchanter. Toutefois, je lui reconnais volontier quelques qualités et je ne serai
pas surpris si certains avaient succombé aux charmes de
Louise ionisée. **/5
Le sexe sous la plume de Gudule : une expérience souvent traumatisante (cf
Le Club des petites filles mortes). Aussi, c'est
avec prudence mais aussi un plaisir malsain que je m'attaquais à
Sabbat. On commence avec une orgie et une pipe et on finit avec de l'humour noir dans une baignoire. On est plus près de sa
trilogie de
La Ménopause des Fées (à laquelle j'ai été très imperméable) que de ses textes plus sérieux. Mouais. Un sabbat tout ce qui a de plus oubliable. */5
Introduit par quelques vers de Baudelaire, la nouvelle de Charlotte Bousquet constitue une bonne surprise. Lorsque la peinture, le sexe et la mort s'entremêlent si intimement que seule la tragédie
peut les en séparer, on obtient un joli tableau réussi du premier au dernier coup de pinceau. L'auteur d'
Arachnae nous
régale encore une fois. ***/5
Dans
Les Vestiges de l'Amour, Jean-Marc Ligny met en scène un écrivain qui voit une femme en rêve (sa muse ?) sucer toute son énergie vitale. Sa femme - la vraie, celle de la vie réelle -
croit qu'il simule pour ne pas à avoir à trouver un travail. Un vrai. Si l'histoire se lit d'une traite et sans déplaisir, elle se révèle sans surprise. Sympa, sans plus. **/5
Les anthologies sont souvent l'occasion de découvrir de nouvelle plume ; à ce titre, 69, avec son casting de haute volée, ne présente qu'une seule "nouvelle tête". Si Virginie Bétruger ne s'en sort
pas trop mal, elle n'arrive pas à se hisser au niveau des meilleurs. Vite lu, vite oublié. **/5
69 se termine comme elle avait débuté. Avec un très bon texte. Un grand morceaux de SF comme j'aime où le sexe pourrait bien être le seul moyen de concilier deux races et de sauver une
humanité mourrante, stérile qui s'est exilée sur une planète où vivent d'étranges papillons. Contrairement à nombre des textes qui la précèdent,
Camélions ne s'oublie pas sitôt terminée.
Du grand Winterbert ! ****/5
6,5/10 Trop inégale, 69 ne convainc pas totalement et déçoit un peu après la très bonne anthologie des Utopiales. Toutefois, si la thématique vous intéresse, la lecture de 69 devrait vous
satisfaire à défaut de vous laisser sens dessus dessous.
Simatural
PS : J'ai terminé ma chronique et je vois que je n'ai pas parlé de la très belle couverture de Diego Tripodi qui avait déjà oeuvré sur
This is not America. Classe ! Du bon boulot ! Vraiment.
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