Fiche n° 480 : Le roi n'embrasse pas (L'Ancien Temps 1) de Sfar

Publié le par Cyrielle

Couverture :
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Résumé :
C’est l’histoire d’un pays où l’eau voyage à l’envers. On y rencontre une amoureuse qui se change en renard, un roi qui n’embrasse pas et, bien sûr, un héros au coeur pur…

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35031

Mon avis :
       Un renard… Un serpent… Un jeune garçon qui découvre la vie… Non, ce n’est pas le Petit Prince, c’est Le Roi n’embrasse pas, premier livre de l’Ancien Temps de Joann Sfar. Et ce qui est étonnant, c’est qu’on ne peut pas s’empêcher de remarquer le lien avec ce chef-d’œuvre de St Exupéry, même si l’on ne sait pas que Sfar lui-même en avait déjà fait l’adaptation, et qu’il considère l’Ancien Temps comme sa suite directe. 

       Graphiquement, on reste effectivement dans la même lignée. Le style réussit à être à la fois naïf et agressif, saisissant et déconcertant dans son apparente maladresse. On adhère, ou pas. Mais on y trouve incontestablement une vrai signature, des couleurs et des cernés qui sont la touche propre du dessinateur, ce qui est selon moi bien plus marquant qu’un traîté visuellement plus flatteur, mais finalement insipide ou déjà vu.

       L’histoire est un tantinet « capillotractée ». La jeune sourcière (oui, puisqu’elle pratique l’art de la sourcellerie) part en vadrouille lasse de sa vie trop calme et de son fiancé trop exclusif et invente un bobard pour qu’il la laisse partir. Ce qui va finalement le pousser à la suivre durant son périple afin de veiller à sa sécurité. À partir de là, et sans raison apparente, s’ensuit une série de combats, de sortilèges, de trahison etc… Une grande quête fantastique… sans but, si ce n’est de permettre à miss Nadège d’aller vivre sa vie à la ville. Un prétexte pour mettre en scène créatures de la forêt, ogres et autres licornes ? On peut le penser. Ceci dit, le scénario reste maîtrisé, on sent que Sfar s’amuse dans cet univers fantastique qu’il nourrit à plusieurs reprises de pages « encyclopédiques » où l’on peut découvrir par exemple pourquoi, dans ces étranges contrées, l’eau de source est un poison pour l’homme, ou encore apprendre quelques rudiments théologiques qui laissent songeur… L’ensemble est raconté sur un ton toujours simple, souvent cynique, parfois vulgaire, mais jamais lourd. 

       Et puis, bien sûr, il y a toute cette analyse sur le couple et l’amour éternel. Car au-delà de l’histoire, Sfar nous offre une réflexion très juste sur les promesses que l’on se fait quand on s’aime, sur les difficultés de quitter quelqu’un qui rêve d’un avenir à deux, sur le danger de se perdre soi-même en essayant de ne pas blesser l’autre… bref, une jolie métaphore de toutes les relations amoureuses qui ont été, qui sont, et qui seront.

7/10 Une jolie jeune fille en danger, un jeune héros prêt à tout pour sa belle, des animaux qui parlent et qui conseillent… C’est Disney au pays des graveleux. Passées les premières difficultés à se plonger dans l’histoire et à s’habituer au style, on découvre un joli conte fantastique dont on se surprend à tourner la dernière page avec une pointe de tristesse… en attendant la suite !

Cyrielle...

Publié dans Critiques BD

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kanux 29/12/2009 10:33


Allez, Cyrielle m'a presque donné envie de lire l'album...
Mais franchement, je trouve que Sfar depuis 3/4 ans c'est :
1/ Très surfait
2/ De plus en plus mal dessiné.