Fiche n° 474 : Le Jour des Triffides de John Wyndham

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :
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Résumé :
Lorsque Bill Masen se réveille dans son lit d'hôpital, après une semaine passée les yeux bandés, il pense avoir manqué le spectacle du siècle : une pluie d'éclats de comète qui a illuminé le ciel d'éclairs verdâtres. Il ne le sait pas encore mais son destin et celui de la planète entière viennent de basculer. En effet, si les bandages de Bill l'ont sauvé d'une cécité définitive, la quasi-totalité de l'humanité est devenue aveugle. De petits groupes tentent de s'organiser pour survivre mais c'est compter sans les triffides, ces mystérieuses plantes capables de se déplacer et qui semble bien décidées à profiter de la faiblesse des humains survivants pour les anéantir...

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=22980

Mon avis :
Le pitch du Jour des Triffides rappelle immanquablement des oeuvres comme 28 jours plus tard (pour le cinéma) ou Walking Dead (en comics). En effet, le coup du pauvre type qui se réveille quelques jours après la fin du monde est devenu un cliché du genre. Pour autant, reprocher au livre de John Wyndham l'usage de ce poncif reviendrait à critiquer Tolkien pour son utilisation des stéréotypes de la fantasy ; l'un comme l'autre - à défaut d'avoir créé ces lieux communs - les ont popularisé... jusqu'à nous. Initialement paru en 1951, Le Jour des Triffides a, par la suite, connu de nombreuses adaptations plus ou moins heureuses.

Si l'on s'intéresse de plus près à la vie et à l'oeuvre de John Wyndham, on peut remarquer que la seconde guerre mondiale marque un tournant dans sa carrière d'écrivain. Lui qui, jusque là, s'était cantonné à quelques nouvelles policières et science-fictives se tourne définitivement vers des romans catastrophes où le monde fait face à des cataclysmes en tout genre. Bref, John Wyndham, c'était un peu le Roland Emmerich de l'époque. Les effets spéciaux en moins. Le talent en plus.

Dans Le Jour des Triffides, considéré comme son chef d'oeuvre, il imagine une fin du monde où seuls les gens qui n'ont pas regardé la pluie de météorites voient encore. Que s'est-il passé ? On découvre avec le personnage principal, toujours voyant, les tenants et aboutissants de cet apocalypse où les humains, en majorité aveugles, meurent de leurs mains ou de celles des triffides, ces étranges plantes mobiles qui semblent avoir décidé de se passer de nous...

A la lecture de la présentation du roman, j'ai conscience que l'aspect catastrophique peut aujourd'hui paraître un peu kitsh, après que l'on ait peu ou prou imaginé toutes les fins du mondes possibles dans les nanards de série Z, sur papier ou à l'écran - petit et grand. Pour autant, peu de romans peuvent se targuer d'être aussi immersifs, intelligents et divertissants et ce, plus de cinquante années après leur écriture.

A quoi tient ce miracle ? Tout d'abord, parce que l'auteur anglais, plutôt que de privilégier l'action - même si celle-ci est présente - a choisi de conter avant la chute de la civilisation humaine à travers les yeux du narrateur et donc, comme une expérience humaine plutôt qu'une excuse à spectacle (qui a dit Roland Emmerich ?). Le Jour des Triffides, c'est l'histoire de quelques survivants qui tentent de survivre, de s'adapter, de trouver leur place dans un monde menaçant et ravagé et de retrouver leur place comme espèce dominante. Tout un programme !

8/10 A l'instar de L'Invasion des Profanateurs, Le Jour des Triffides fait parti de ces classiques du roman catastrophe qui, loins d'avoir pris une ride, se lisent avec autant de plaisir qu'au premier jour de leurs parutions. Intelligent et divertissant, il s'avère indispensable pour tout amateur d'ambiance apocalyptique ; et pour les autres aussi.

Simatural

Publié dans Critiques SF

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Simatural 11/01/2010 18:28


Je viens de regarder la nouvelle adaptation que la BBC vient de faire du "Jour des Triffides". Et bien, très bonne surprise avec un téléfilm (en deux
parties) très convaincant : des bons acteurs déjà aperçues ça et là,
des effets spécaux discrets mais efficaces, des petites différences
bien trouvées par rapport au roman. Si l'adaptation n'est pas exempte
de défauts (ils ont font parfois un peu trop), elle est bien la preuve
que si l'on veut de la SF sur le petit écran, c'est bien vers la
Grande-Bretagne qu'il faut tourner les yeux.


Simatural 23/12/2009 21:27


A noter dans vos agendas : 28 décembre
Minisérie en deux parties,
The Day of the Triffids
(nouvelle adaptation du roman), sur la BBC.