Fiche n° 467 : Gainsbourg (Hors champ) de Sfar

Publié le par Cyrielle

Couverture :
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Résumé :
Joann Sfar nous donne à lire dans ce livre événement l'intégralité de l'histoire de Gainsbourg qu'il voulait raconter depuis longtemps. Une histoire racontée en bande dessinée et en story board. Ce livre gargantuesque offre aussi toutes les images dessinées par Sfar pour préparer le film. Une somme fabuleuse (un millier d'images !) de croquis, de recherches diverses, de grandes illustrations, de notes graphiques, qui se laissent dévorer comme le roman de la vie de Gainsbourg, mais aussi comme l'histoire d'un auteur de génie qui s'empare d'un sujet pour y plonger totalement.

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35167

Mon avis :
       « Ouille. Pitié, un Doliprane ! » Oui, c’est le risque que vous courrez si vous chercher à lire d’une traîte ce pavé de Joann Sfar. Ce n’est pas une BD, ce n’est pas un album illustré, ce n’est pas le story-board du film, c’est les trois à la fois. Et quand on l’ouvre, il faut se préparer à ne pas tout saisir. Car ce n’est pas dans la vie de Serge Gainsbourg que l’on se plonge, mais bien dans l’esprit complexe et néanmoins ultra-créatif de Sfar. Pas facile facile de suivre sans s’y perdre les délires et les idées du scénariste. Mais, après tout, là n’est pas forcément le but…

       Qu’on se le dise : ces planches, il ne les a pas faites pour nous, lecteur. Ce sont avant tout ses recherches et les différentes pistes de créations de son film qu’il nous offre à découvrir. Et d’ailleurs, on se sent parfois intrus en feuilletant les pages de ce carnet de croquis. Un carnet de croquis, c’est un peu le journal intime d’un artiste. Les dessins réunis dans cet ouvrage ont été son outil de travail durant des mois, tant avant le tournage (pour convaincre les différents investisseurs) que pendant (pour guider les comédiens, costumières, etc…). L’écriture est parfois presque illisible, et les aquarelles tellement peintes sur le vif qu’elles en deviennent quasiment abstraites. Ici ou là, seul un trait permet d’imaginer une silhouette, un meuble, une cigarette… Sur d’autres planches, on retrouve le trait familier de Sfar au service de tranches de vie complètes et détaillées, story-boards poussés de scènes du film.

       Et, au fur et à mesure de la lecture, on en apprend un peu plus sur ce monument de la chanson française. De ses origines russes et juives à ses histoires d’amour nombreuses et complexes, en passant par ses cours de dessin à Montmartre (où il nourrissait une passion ardente pour le croquis de modèle vivant), Sfar parvient, grâce à de nombreux extraits d’interview, à nous faire toucher un peu de ce qu’était Gainsbourg. Il ne s’agit pas ici de le comprendre ou de le connaître, simplement de l’effleurer, d’avoir un peu, le temps de quelques aquarelles, l’impression de l’avoir vécu.

       Par son aspect un peu fouilli, un peu brut, comme l’était l’homme auquel il rend hommage, ce « hors-champ » ne se lit pas. Il s’ouvre au hasard sur des planches parfois magnifiques, parfois imbuvables. Quoi qu’il en soit, la multiplicité des traités et les divers commentaires attirent l’œil et l’attention, et les fans de Sfar autant que ceux de Gainsbourg s’y retrouveront. De plus, et ça ne gâche rien, l’objet est magnifique, avec une couverture d’une sobriété bienvenue, compte tenu de l’explosion de couleur et d’informations que nous propose l’intérieur…

6/10 Une chose est sûre, même si Sfar a sélectionné ici une petite partie seulement de ses 40 carnets de recherche, il n’a pas été avare sur le nombre de pages. Du coup, on peut friser l’indigestion. À feuilleter ou à lire planche par planche, à dose homéopathique. Étonnamment, la magie opère quand même : on a envie de se précipiter dans les salles voir le film auquel ont pu aboutir ces croquis. Quoiqu’il en soit, une belle idée de cadeau pour les amoureux du chanteur.

Cyrielle...

Publié dans Critiques BD

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