Lundi 7 décembre 2009
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Couverture :
Résumé :
"On l'appelle Chien du Heaume parce qu'elle n'a plus ni nom ni passé, juste une hache ornée de serpents à qui elle a confié sa vie. La quête de ses origines la mène sur les terres brumeuses du
chevalier Sanglier, qui règne sans partage sur le castel de Broe. Elle y rencontre Regehir, le forgeron à la gueule barrée d'une croix, Iynge, le jeune guerrier à la voix douce, mais aussi des
ennemis à la langue fourbe ou à l'épée traîtresse. Comme la Salamandre, cauchemar des hommes de guerre...
On l'appelle Chien du Heaume parce qu'à chaque bataille, c'est elle qu'on siffle.
Dans l'univers âpre et sans merci du haut Moyen Âge, loin de l'image idéalisée que l'on se fait de ces temps cruels, une femme se bat pour retrouver ce qu'elle a de plus cher, son passé et son
identité."
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=35058
Mon avis :
Voici donc le premier roman de Justine Niogret, jeune auteure bretonne déjà remarquée par plusieurs nouvelles, dont Un chant d'Eté (ed Oxymore), sélectionnée pour le Prix Imaginales 2005. Comme le
souligne le quatrième de couverture,
Chien du Heaume nous aspire dans une quête identitaire, celle d'une femme devenue mercenaire, et une bonne encore. Crainte et respectée des hommes,
elle fait parler sa hache aussi facilement qu'un conteur manipule le verbe.
Premier constat :
Chien du Heaume, le personnage, sonne juste, très juste. Tourmentée, presque fade penseront certains, ni belle ni forcément très intelligente, elle impose néanmoins le
respect par ses actes. Pour tout dire, ce genre de personnage rappellera aux amateurs de mangas certains personnages de Kentaro Miura, l'auteur de Berserk. Miura sait en quelques scènes et quelques
traits crédibiliser un personnage ; à son image, Justine Niogret, par un style incisif, et relativement simple, parvient à la même force évocatrice : "l'homme [...] était tassé comme si la
vieillesse l'avait frappé de trop de coups, et pourtant son visage n'était pas plus fripé que celui d'un homme de trente ans ; et sur ses joues lisses, sa peau était aussi translucide que certaines
fines couches de neige, pas même colorée par la course bleutée de son sang." L'utilisation d'archaïsmes, voire de mots inventés, ("enfançon", entrefessons") ne nuit pas à la fluidité du récit ; au
contraire, il s'en trouve ragaillardi, sublimé par cette impression qu'ils sont si imagés qu'ils sonnent toujours, ou presque, vrais.
Réussite stylistique, lexicale,
Chien du Heaume nous raconte avant tout l'épopée d'une femme dans un univers violent, sombre et désespéré, cruel et passablement réaliste. Les personnages
qui gravitent autour de Chien du Heaume ne sont jamais figés, ils possèdent des failles, terriblement humaines (en témoigne cette petite fille, épouse à 9 ans, que le lecteur prend en pitié, et
pourtant capable elle-même des pires cruautés), et tout au long de son chemin, tout au long de sa quête,
Chien du Heaume en fera l'expérience.
En bref, difficile de reprocher quoi que ce soit à ce court (205 pages) roman. Lui reprocher même sa brièveté serait une grossière erreur car nous tenons ici ce genre de récit qui puise une grande
partie de sa force, de son impact, dans cette brièveté.
8/10 Justine Niogret nous offre donc un grand récit d'heroïc-fantasy, où la magie sait se faire discrète au profit d'un cadre "historique" très réaliste, un récit coup-de-poing qui laisse une
très forte impression après lecture. Si Chien du Heaume, en bonne mercenaire, manie la hache avec une dextérité éprouvée, Justine Niogret, en bonne conteuse, manie un récit efficace avec
un sens du verbe tout aussi cinglant. Nous ne pouvons que conclure ainsi : "bravo, merci, et vivement le prochain."
L'ex d'ici et d'à côté
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