Fiche n° 328 : Le Roi sur le Seuil de David Gemmell

Publié le par Simatural

Couverture :


Résumé :
Un siècle s’est écoulé depuis l’incroyable résistance de la forteresse de Dros Delnoch.
Mais aujourd’hui, le tyrannique empereur Ceska a pris le contrôle du territoire drenaï. Dans sa quête de pouvoir, il a trahi ses plus fidèles soldats, le corps d’armée du Dragon. Le massacre fut terrible et Tenaka Khan est le seul survivant. Il n’est pas près d’oublier la trahison de son maître. Dans ses veines coule le sang d’ancêtres mythiques : Regnak et Ulric, qui guerroyèrent l’un contre l’autre au temps de Druss la Légende. Avec un tel héritage, la glace et le feu fusionnent pour forger un chef à la volonté trempée comme l’acier. Dans le regard violet du Khan brillent les flammes de la haine. Sa mâchoire et ses poings sont serrés. Et aujourd’hui, son cœur crie vengeance !

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=33197

Mon avis :
Le Roi sur le Seuil appartient au cycle Drenaï ; il se déroule près d'un siècle après les évènements racontés dans Légende. Il est l'occasion pour l'auteur d'approfondir son univers et pour le lecteur d'en apprendre un peu plus sur l'empire drenaï mais aussi et surtout sur l'empire nadire qui, il est vrai, n'avait été qu'effleuré -au mieux évoqué- dans Légende.

Les années n'ont pas réussi à apaiser les tensions entre Drenaïs et Nadirs. Les guerres civiles qui rongent les deux pays freinent tout véléité de nouvelle invasion mais c'est bien la seule raison qui n'a pas poussé l'un à envahir l'autre. Pour Gemmell, il n'est pas question de diaboliser l'un des deux camps ; tous deux donnent pareillement naissance à des héros, qu'importe leur sexe ou leur étendard. Tenaka Khan le sait mieux que tout autre, lui, le sang-mêlé. Lui, l'héritier d'Elric et de Regnak. Lui dont le sang des deux peuples coulent dans ses veines.

Malheureusement, ce status quo est en passe d'évoluer et la relative paix qui règne est menacée. L'empire drenaï est aux mains d'un tyran : l'empereur Ceska. Personne ne semble capable de s'élever contre sa folie, celle-là même qui le pousse à se prendre pour dieu en créant les unis, ces humains croisés avec des animaux qui se battent dans ses arènes et servent ses plus noirs desseins. Personne ? Non. Car Tenaka Khan a décidé de prendre sa revanche. Autrefois son plus fidèle soldat, il ne rêve que de vengeance depuis que Ceska l'a trahi, lui et ses frères d'armes aujourd'hui décédés. Dans sa quête, il sera rejoints par d'anciens compagnons, s'en fera de nouveaux et rencontrera même l'amour.

La recette de gemmell a déjà fait ses preuves : des guerriers héroïques, des femmes fortes, des batailles à foison, le tout servi par le prodigieux souffle épique dont l'auteur avait le secret, celui qu'aucun autre depuis sa mort ne semble avoir été en mesure d'égaler ni même d'approcher. Tenaka ne monopolise pas toute l'attention du récit ; un certain personnage secondaire se permet même le luxe de lui faire de l'ombre, Ananaïs pour ne pas le citer. On retrouve dans Le Roi sur le Seuil toutes les autres qualités de l'auteur : ses rapides descriptions qui campent un personnages aussi sûrement sinon mieux que des pages pleines, son sens du rythme et du spectacle avec des combats et des scènes qui n'ont rien à envier à un grand film d'action et même une certaine forme de naiveté dont il était coutumier. Une naiveté étrange et presque paradoxale au regard des univers sombres imaginés par l'auteurs. Une naïveté à laquelle le lecteur adhère s'il veut l'espace d'un instant, croire à l'existence des héros.  

7/10 Un bon Gemmell ; mieux, un bon roman d'heroïc fantasy. La recette de l'auteur anglais est connue de tous mais fonctionne toujours :  des héros -hommes et femmes- naissent, vivent, aiment et meurent au gré des batailles ! Beaucoup considèrent l'oeuvre de Gemmell comme simplement divertissante voire mineure, mais à dire vrai, en héroïc fantasy, on n'a pas fait mieux depuis.

Simatural

Publié dans Critiques Fantasy

Commenter cet article

Simatural 12/08/2009 10:26

Je suis à moitié d'accord avec toi ; il y a certes les moyens (waylander 2 et 3, l'écho du grand chant, la quête des héros perdus), les bon (Légende, L'étoile du matin, waylander) et les très bon (Rigante) voire les excellents (Troie).
M'enfin, je me répète. :)

micke 12/08/2009 10:08

Personnelement, je pense qu'il y a 2 catégories de livres écrit par gemmel: les moyens et les bons.
Et celui-ci fait partie de la seconde.

Un bon remake de Druss la légende, seul contre tous, et une fin, qui laisse entendre une prochaine bataille comme je les aimes.

Sreekstar 06/08/2009 17:51

C'est vrai du coup que les 2 styles sont difficiles a comparer, mais souvent dans l'Heroic Fantasy, y'a peu de place au doute (La prophétie de Lur en est le parfait exemple mais je rabache).
J'apprécie dans la compagnie noire, entre autres, le fait que les personnages principaux ne savent pas ou ils vont, ne sont pas destinés a remplir un mission pour sauver les gentils contre les méchants.
Ça a un coté plus "réaliste" très appréciable

Etienne 06/08/2009 16:59

Bon, je ne vais pas lancer ici un débat sans fin sur qui de Gemmell ou de Cook est le meilleur auteur (de toute façon on s'en tape, c'est Tolkien ;)), mais juste pour défendre mon peit bout de gras face à l'Ogre Simon, je dirais que les personnages de Cook sont certes forts, mais cela repose d'avantage sur la ruse, les techniques de groupe, que la puissance de combat de base...
Druss c'est une sorte de Conan fois 10 (sauf pour le QI), qui tape sur tout ce qui bouge et qui le bat à chaque fois...
Le Capitaine, lui, ou Tam-Tam, ou Qu'un-Oeil (rien qu'écrire les noms me donne envie de les relire!), sont forts dans leur domaine, que ce soit la magie ou le commandement, mais ne feraient pas le poids en combat face à une bande de loubards en blousons de cuir (quoique les deux sorciers...)

Enfin voilà, de toute façon le meilleur, pour l'instant, c'est Jaworsky (mon dieu Gagner la Guerre...qu'est-ce que c'est bon!)

Simatural 06/08/2009 16:52

Il n'y a pas que Troie, Rigante est très bien aussi, certains livres du cycle Drenaï méritent le détour, l'étoile du matin aussi où le narrateur n'est pas le héros du livre, et j'en oublie plein.

Waylander et Druss sont des persos issus des premiers romans de l'auteur (que je trouve très sympa à titre personnel ; oui, les héros sont ultra-forts mais chez Glen Cook aussi...hum hum. L'auteur est en progression constante et quand je lis Troie, mazette, on retrouve le Gemmell des débuts sans les défauts...