Fiche n° 262 : London Bone de Michael Moorcock

Publié le par Simatural

Couverture :


Résumé :
Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs & Chasseurs Surréalistes, avant que les gentlemen du club ne reçoivent la visite impromptue de Dieu en personne.
De son côté, Raymond Gold fait une étrange découverte. Sous Londres se cache le plus fabuleux des trésors, un gisement d’Os merveilleux qui fera sa fortune… ou sa perte.
Plus loin dans l’espace et le temps, une petite équipe d’explorateurs parcourt une planète gelée qui ne possède aucune trace de civilisation. Stupeur, trouble, affolement ; autant de sentiments qui bouleversent leur âme lors qu’ils découvrent un Cardinal pris dans la glace.
Dans un monde parallèle au nôtre, l’enquêteur métatemporel Minos Aquilinas doit résoudre une affaire délicate. Un homme a été assassiné dans le jardin d’agrément du chef de la police de Berlin, Otto von Bismarck. Un Cluedo uchronique dans lequel les pions sont des personnages historiques.

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_auteur.php?auteur=1518

Mon avis :
Toutes racontées à la première personne, les quatre nouvelles diffèrent par leur ton ou leur ambiance. Toutefois, ce n'est pas vraiment une surprise, Moorcok s'étant toujours senti à l'aise aussi bien dans la fantasy, le fantastique que la science-fiction.

Écrite sous la forme épistolaire, Le Cardinal dans la Glace, la première nouvelle au titre assez explicite, raconte comment les premiers explorateurs explorateurs d'une planète vont tomber sur le corps d'un cardinal que la glace a conservé tel quel. Impossible, la planète en question n'a jamais été explorée par l'homme. Cette nouvelle profondément triste et mélancolique est aussi très belle.

Dans le seconde, Raymond Gold, un négociant londonien spécialisé dans le tourisme – comprenez dans les pièges à touristes – apprend l'existence d'une réserve d'os découvert sous la capitale anglaise. Ces os couleur ambre proviendraient de gros mastodonte – des mammouths ? Si  au début de la nouvelle, l'auteur s'attache à décrire une Londres où prolifèrent spectacles, célébrités, touristes et voleurs en tous genres, la suite expose les effets de cette découverte sur l'économie, la politique, et les médias du pays. En effet, ces os vont rapporter gros et le trafic qui s'ensuit va vite dégénérer. On apprend aussi dans cette nouvelle les effets bénéfiques d'un pétard sur la noblesse d'âme.

Dans Un samedi soir tranquille à l'Amicale des Pêcheurs et Chasseurs surréalistes (rien que le titre enivre), Moorcock prouve qu'il sait aussi faire rire dans une nouvelle plus légère, teintée d'une atmosphère jazz, de l'odeur d'un bon whisky et de la fumée de cigares. La scène se déroule dans un bar où se retrouve d'étranges personnalités.

La fin du monde serait pour bientôt ; c'est Dieu lui-même qui l'affirme. Une petite pépite d'humour noir. « Je m'appelle Minos Aquilinas, premier enquêteur métatemporel ». Dans la nouvelle qui clôt ce recueil, Minos enquête sur le cadavre d'un romain que l'on a retrouvé dans le jardin du chef de la police Bismarck. Une terrible affaire où se retrouve impliqué un certain Adolf Hitler. Qui est l'assassin ? Vous le saurez en lisant cette nouvelle policière intéressante mais indéniablement, la plus faible du lot.

8/10 London Bone regroupe quatre textes de hautes tenues de la part de l'un des mastodontes de la SF. Une excellente manière de nous rappeler que Moorcock sait écrire dans tous les registres, et toujours avec beaucoup beaucoup de talent.  

Simatural

Publié dans Critiques Fantastique

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