Fiche n° 228 : 12 de Jasper Kent

Publié le par Simatural

Couverture :



Résumé :

Le capitaine Alexeï Ivanovitch Danilov a depuis longtemps oublié les créatures légendaires qui le terrifiaient quand il était enfant.
En cet automne 1812, il fait face à un ennemi bien plus tangible : la Grande Armée de Napoléon Bonaparte.
Les villes sont tombées les unes après les autres devant l avancée des Français ; à présent, seul un miracle pourrait les empêcher de prendre Moscou. En désespoir de cause, Alexeï et ses camarades font appel à un groupe de douze mercenaires venus du fin fond de l Europe chrétienne, les Opritchniki. Ils prétendent pouvoir renverser le cours de la guerre.
Les Russes n y voient que vantardises; ils ont pourtant tôt fait de découvrir que les douze sont capables de tenir leurs promesses. Devant de telles prouesses, Alexeï se remémore les contes de son enfance et commence à comprendre la véritable et horrible nature de ces douze étrangers... 

Informations complémentaires :
 http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=32520

Mon avis :
En ce mois d'avril, Bragelonne sort l'artillerie lourde : après le génial Le Nom du Vent, voici l'excellent 12.

"Un peu comme si David Gemmell rencontrait Dracula"
nous prétend la quatrième de couverture.
Je sais bien que le texte placé en quatrième n'a pour seul et unique objectif que la vente du livre. Mais quand même ! 12 n'a pour ainsi dire rien à voir avec les deux œuvres citées. Tout juste pourra t-on rapprocher 12 du live de Bram Stocker par ses vampires (ce qui, vous en conviendrez, est bien peu). Pour Gemmell, je cherche toujours...

L'ambiance de 12 est remarquable à plus d'un titre. Soulignons d'abord que la période napoléonienne, si elle a déjà abritée des ouvrages de fantasy (la série de Téméraire par exemple), a vu trop peu d'auteurs osés s'aventurer dans l'immensité russe. Ensuite, Kent connaît son sujet et dévoile un talent de conteur né qui se reflète aussi bien dans sa description d'un empire russe en proie à une guerre depuis bien trop longtemps (une guerre qui le ronge, le vampirise et le tue à petit feu) que dans son histoire de vampires qu'il emprunte aux folklores russe et d'Europe de l'Est. Je me rappelle avoir ouvert 12 pour la première fois pour en lire 5 lignes, histoire de "sentir" le roman ; il était tard, j'étais fatigué mais j'ai lu 100 pages.

Plusieurs éléments expliquent cette aspiration dont j'ai été le témoin consentant. La narration à la première personne, tout d'abord, qui rend sympathique un personnage que l'on croirait tout droit tiré d'un roman de littérature générale (j'aurais été éditeur : j'aurais situé le texte comme un mélange de Dracula, Gemmell et Dostoïevski !). De fait, les réactions de Alexeï Ivanovitch Danilov ne manquent jamais de naturel, comme on a souvent l'habitude dans les livres de fantasy. Mieux, elle nous plonge littéralement dans le corps de ce personnage. Son héroïsme dans certaines situation n'a d'égal que sa couardise d'en d'autres. Une humanité qui le rend d'autant plus différent de ses adversaires du jour (les français !) de la nuit : les vampires. Seconde réussite pour l'auteur qui s'essaie, pour son premier roman, à mélanger un mythe vu et revu en s'attachant à l'introduire avec le plus de naturel possible dans un contexte historique. Et ça fonctionne ! On se prendrait presque à considérer 12 comme une œuvre purement historique.

Et que dire du style de l'auteur qui distille avec parcimonie et talent beaucoup de métaphore et de comparaisons. Mais, loin d'être inappropriés ou redondantes, elles font état, au contraire, du tempérament réfléchi du personnage principal, largement porté sur les réflexions intérieures. On a l'impression de voir la Russie à travers les yeux d'un russe mais plus encore, d'une personne ayant réellement existé.

Enfin, ce ne serait pas rendre honneur à 12 que d'oublier ses personnages secondaires. Tous, à l'image d'Alexeï, dégagent une profonde complexité. Qu'ils se nomment Maxime, Dimitri, Vadim ou Domnikiia, tous cachent bien des secrets, tous abritent une personnalité marquée et dévoilent lentement leur jeu et leurs motivations. Quant aux vampires, traités ici sur un mode réaliste, on ne cesse de se demander s'il sont bien les méchants de l'histoire (et pas plutôt une arme ?) et ce, jusqu'aux révélations finales.

Au rang des défauts, difficile d'y trouver quelque chose à redire. Je pourrais vous signaler quelques facilités présentes à la fin du roman ou encore quelques coquilles grossières mais je ne voudrais pas vous détourner d'un roman sinon parfait, au moins excellent !

Vivement la suite intitulée avec Thirteen Years Later (quel beau titre ! ). Celle-ci n'étant malheureusement pas sortie outre-atlantique, il nous faudra attendre bien trop longtemps pour la lire.

8,5/10 Sur un fond de campagne napoléonienne en Russie, Jasper Kent tisse une histoire de vampires avec beaucoup de savoir-faire et d'habileté. Premier volet d'une pentalogie qui retracera l'histoire russe du début du 19ème siècle jusqu'au début du 20ème,
12 affirme Kent comme un auteur de tout premier plan. Lisez 12 !  Ses contrées gelées de Russie vous glaceront aussi sûrement que ses vampires. Une belle Ré(r)ussite !

Simatural 

Publié dans Critiques Fantastique

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reboux.mokhtaria@gmail.com 24/12/2014 03:41

J'avais lu (douze) en 2009 et je l'ai trouvé magnifique malgré que j'ai presque toute la collection de Anne
Rice,mais douze c'est le roman le plus vivant on vit et on voyage à travers le récit...
l'auteur a laissé un suspense concernant Dominique ou Domnikiia en russe l'amie de Iiocha il me semble q'elle a été vampirisée et j'aimerai savoir s'il y a une suite ce serai une grande joie de l'acheter

Simatural 10/01/2010 13:17


Tu n'es pas le seul à avoir été déçu à sa lecture. Plusieurs échos que j'en ai eu lui reprochait, comme toi, son manque de souffle et, de rythme.

A titre personnel, je ne me suis jamais ennuyé, mieux je l'ai dévoré de bout en bout. Comme quoi, les goûts et les couleurs... ^^


marc page 09/01/2010 23:43


Ce roman,qui nourrissait en moi plein d'espérance grace au savant mélange histoire/fantastique, est une déception. Même si c'est bien écrit l'histoire est plate et l'intrigue manque de souffle
épique. Dommage.


Vladkergan 27/07/2009 23:27

Je suis complètement d'accord sur les qualité de ce roman qui traite du mythe du vampire dans un contexte historique peu utilisé jusque-là par la littérature fantastique.

C'est bien écrit, assez captivant (même si le traitement du mythe vampirique n'est pas toujours des plus novateurs), et on referme le livre avec une seule envie : lire la suite. Une autre chronique ici : http://blog.vampirisme.com/vampire/?518-kent-jasper-douze-12