Fiche n° 221 : Avant-Première : Le Nom du Vent (Les Chroniques d'un Tueur de Roi 1) de Patrick Rothfuss

Publié le par Librairie CRITIC

Pas moins de deux chroniques pour cette avant-première.
Le Nom du vent de Patrick Rothfuss sort jeudi et vous dire qu'il est attendu ici est peu dire. Quoi de mieux pour vous l'expliquer qu'un double avis ? Au menu :
- Une vidéo d'Eric (kronik vidéo n°30) (ne faites pas attention au service de presse, il frime) qui vous en vante les mérites.
- Une chronique de Simatural (fiche n°221) qui sera peut-être plus détaillée, en tous cas écrite.

Pour ma part je l'attend avec impatience - non je n'ai pas pu soudoyer Eric - ayant été très agréablement surprise par leur coup de coeur 2008 (cf La Marque (Kushiel 1) de Jacqueline Carey) - et sachant que Patrick Rothfuss porte des T-shirt à la gloire de Joss  Whedon... J'ai hâte !

Meor


KRONIK VIDEO 30 :


***

FICHE n ° 221 : Le Nom du Vent (Les Chroniques d'un Tueur de Roi 1) de Patrick Rothfuss.


Couverture


Résumé :
Mon nom est Kvothe. J’ai aussi porté le nom de Shadicar, de Doigts légers et de Six Cordes. On m’a aussi appelé Celui qui ne saigne pas, l’Arcaniste et le Tueur de Roi. Tous ces noms-là, je les ai gagnés. Je les ai mérités et j’ai payé pour chacun d’entre eux.
J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’oserait même évoquer. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui tirent les larmes aux ménestrels. Vous avez dû entendre parler de moi.

Informations complémentaires :
http://critic.fr/detail_livre.php?livre=32515

Mon avis :
Précédé d'un énorme buzz et d'une grosse campagne de publicité de la part de son éditeur, Le Nom du Vent est présenté comme l'évènement fantasy de l'année.
Malheureusement pour ses concurrents, je crois bien que c'est vrai.


On dit des chefs-d’œuvre qu'ils rassemblent les éléments les plus classiques de leurs genres respectifs pour les présenter sous un jour nouveau, pas forcément unique mais en tous cas assez personnel et novateur pour ne pas donner l'impression, toujours désagréable, d'un simple recopiage, d'un clone sans identité. Si Le nom du Vent ne mérite pas la note ultime eu égard à son manque d'originalité, il a pourtant l'étoffe des plus grands. 


A lire la quatrième de couverture, on pense tenir entre les mains un énième roman de fantasy, classique au possible. De fait, le livre raconte bien l'histoire d'un jeune magicien qui deviendra grand, du plus grand magicien même ; on y trouve donc l'école de magie, un amour impossible, des dragons, etc... Bref, tous les stéréotypes du genre sont présents et l'on pourrait s'attendre au pire. Et pourtant...Le Nom du vent, c'est tellement plus que cela.


Le Nom du Vent, c'est d'abord Kvote (prononcez "quote"), un enfant ménestrel qui deviendra le plus grand magicien connu. Près de la mort, même si pas tellement vieux au final, Kvote raconte son histoire, celle qui est caché derrière la légende, celle qu'il a lui-même créée. Contrairement aux stéréotypes du genre (Belgarion, Richard Rahl, etc...), Kvote n'est pas un boulet ; il est même trop intelligent pour son propre bien, ce qui lui vaudra son lots d'ennuis et d'ennemis. Kvote n'en est pas pour autant un dieu, loin de là, les périodes difficiles qu'il traverse le rende profondément attachant et tout bonnement inoubliable. 

Le Nom du Ven
t, c'est ensuite un talent, celui de raconter une histoire. A l'instar de son narrateur, Patrick Rothfuss connaît les milles et une ficelles pour tenir son lecteur en haleine. Impossible de s'ennuyer tout au long des presque 800 pages qui composent ce premier volume. Tout est magnifiquement pesé, emballé ; chaque mot est savamment choisi et l'on en vient presque à considérer cette histoire tout ce qu'il y a de plus basique d'oeil nouveau. Vous ne me croyez pas, lisez donc les deux premières pages ! Elle nous emmène tout doucement dans l'univers de Kvothe et disent tout sans rien dévoiler.


Pour ne pas vous gâcher la lecture, je ne vous parlerai pas de l'épisode dans les bois ni de celui du bâteau ni de celui se déroulant sur les toits de l'université. Tous valent leur pesant d'or et témoigne du talent immense d'un auteur qui n'écrit pourtant là que son premier roman. Page après page,  Rothfuss nous parle de silence, de musique et d'amour avec un telle sincérité, une telle simplicité qu'on ne peut pas s'échapper au charme si tant est que l'on en ait envie. Et nous voilà happésdans un roman qu'on aimerait ne jamais finir. 

9/10 A moins d'une grosse surprise, nous tenons là le roman de fantasy de l'année. Le meilleur bouquin de fantasy depuis Les Mensonges de Locke Lamora. D'une simplicité déconcertante et rafraîchissante, Le Nom du Vent fait partie des romans que l'on oublie pas, de ceux qui comptent déjà, et tandis que la suite figure tout en haut de ma liste d'achat, je me prends à écrire dans ma tête la suite des aventures de Kvote. La fantasy a encore de belles histoires à nous raconter, en voilà une preuve éclatante ! Rothfuss nous rappelle la plus fondamentale des leçons :  Les plus belles des histoires sont aussi les plus simples ! 

Simatural

Publié dans Critiques Fantasy

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GwenMizu 01/03/2011 23:05


J'ai adoré ce livre!
Il faut bien avouer que le démarrage est un peu long mais, franchement, une fois dedans j'ai du mal à m'en sortir!
Ce qui est bien c'est que pour une fois l'histoire est différente, et le personnage n'est pas arrogant mais au contraire assez attachant. Je n'irai pas à dire que c'est du Tolkien (père de la
fantasy :D) mais c'est quand même un livre qui malgré tout n'est pas désagréable à lire :)


A.C. de Haenne 31/05/2010 20:49


Je suis tout à fait d'accord avec le commentaire d'Ultrarat. Les 782 pages de ce livres sont beaucoup trop nombreuses. Pour que son livre soit vraiment passionnant, l'auteur aurait du le resserrer,
en faire un livre de 350-400 pages. Il y a des morceaux de bravoure, comme la vie du héros enfant dans les rues de Tarbean, ou l'affrontement avec le dragon (qui arrive à la 700ème page !!!!!).
Sinon, je retiens de ce livre un profond ennui et, désolé de le dire, un style assez plat (où êtes-vous R. Hobb et M. Gentle ?)
Pour reprendre la comparaison qu'a faite Ultrarat, certes il y a quelques longueurs chez Jaworsky, mais elles sont portées par un style époustouflant !
@+

A.C. de Haenne


Micke 02/01/2010 12:35


D'excellents moments et parfois de l'émotion. Personnellement, j'ai trouvé les premiers chapitres un peu "plat", sans doute à cause de l'impatience qui me rongeait après avoir lu toutes les éloges
sur ce livre.

J'ai toujours rêvé de cloué le bec d'un professeur en fessant son cours à sa place, joué comme un dieu d'un instrument de musique et de pouvoir me souvenir 3 ans après de tous les muscles, tendons
et os du carpe (perso, en moins d'un an, j'avais déjà oublier toute l'anatomie de la main).

Bref, c'est tellement bon que j'ai l'impression d'y être, et pour ça, je dit merci!

:)


kanux 07/10/2009 23:30


Tu sais j'ai mis au moins 100 pages avant de rentrer vraiment dans Le Nom du Vent... je partage ton avis sur pas mal d'aspects, ce livre est de toute façon une boursouflure, mais au final j'ai
apprécié. Sans en sauter au plafond, et j'attends la suite avec intérêt, pas avec impatience.


Ultrarat 07/10/2009 22:52


Pourquoi est-ce que l'on rentre dans un bouquin au point de ne plus pouvoir le quitter ? Et pourquoi d'autres fois on reste insensible alors que beaucoup adorent le livre ? Vaste question.
Bien sûr, je pourrais me lancer dans une critique détaillée pour expliquer ce qui m'a déplu. Mais cela dépasserait la place impartie aux quelques lignes largement suffisantes pour bavarder sur un
forum.
Je n'ai pas aimé Le nom du vent. Tant pis pour moi. Et tant mieux pour tous ceux qui ont adoré. Après tout les livres pour lesquels on s'enthousiasme ne courrent pas les rues.
Reste aussi la possibilité, quand je lirais le tome 2 (si, si, j'en ai bien l'intention) de réviser mon jugement et de me dire que je suis passé à côté de quelque chose. Après tout, j'ai du m'y
reprendre à plusieurs fois avant d'apprécier Le seigneur des anneaux (dont le début est un brin longuet). Et, dans un genre très différent, il m'a fallu plusieurs essais (et aussi l'aide des
illustrations de Tardi) pour découvrir que Le voyage au bout de la nuit est un des plus grands livres de tous les temps.
Donc, lisez Le nom du vent et, vu que je suis minoritaire, il y a de bonnes chances que vous passiez de superbes moments. Sachant que, quand tout le monde est d'accord, ce n'est pas très rigolo.