Fiche n°217 : Majestrum de Matthew Hughes

Publié le par Simatural

Aujourd'hui retour de Simatural avec la chronique d'un livre plus qu'agréable sorti le mois dernier chez l'Atalante !

Couverture :


Résumé
:
Un coureur de dot atypique, une chan sonnette obsédante, un grimoire indé chiffrable… rien que de très banal pour Henghis Hapthorn, le plus illustre discri minateur de Vieille Terre. Si ce n’était que son intégrateur s’est trans formé en petit animal amateur de fruits exotiques, son intuition a décidé de devenir autonome, la Grande Roue s’apprête à passer de l’âge de la raison à celui de la magie… et l’archonte en personne l’envoie en mission parmi les Dix Mille Mondes. Sans compter Majes­trum… mais il serait prématuré d’en dire plus pour l’instant! Mêlant savoureusement science, magie et enquête policière, Matthew Hughes développe son cycle de l’Ar chonat dans le plus pur style de Jack Vance.

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=31358

Mon avis :
Majestrum est le second roman de Matthew Hugues traduit en France, le premier étant le Brillion noir, lui aussi paru aux éditions de l'Atalante. Ne l'ayant pas lu, je ne ferai pas de comparaison avec celui-ci.

Il m'a fallut une cinquantaine de pages pour rentrer dans Majestrum ; plusieurs fois, j'ai eu l'impression de commencer un second tome, d'ouvrir un roman dont on aurait sabré les premiers chapitres. Mais c'est plutôt agréable au final : pas de mise en place longue à en mourir, on rentre tout de suite dans le vif du sujet. 

Henguis Hapthorn est un détective privé (appelons un chat un chat), schizophrène certes mais un détective privé quand même. Et loin d'être le plus mauvais en plus, car l'Archonte en personne fait appel à lui. C'est quoi un archonte ? En gros, il s'agit du chef de la Terre, de la Vieille Terre comme on l'appelle alors (le roman se déroule far far away in the future). L'univers de Majestrum est riche : prenez un monde que n'aurait pas renié Jack Vance, ajoutez une petite dose de magie, un soupçon de policier, une chouaïa de folie et deux marmites pleines à ras bord d'humour et vous aurez une bonne idée de ce que vous réserve la lecture de Majestrum
Tout à l'heure, je vous ai dit schizophrène, c'est un peu plus compliqué que celà voyez-vous. 
Comme indiqué en quatrième de couverture, l'intuition de Henguis a décidé de devenir autonome. Chose plutôt facheuse pour notre héros qui voit se dérouler entre ses deux oreilles des discussions assez énergiques entre son intuition et sa logique. Ces tête-à-têtes vous réserveront immanquablement quelques moments savoureux avec, à la clé, quelques éclats de rire. Comme si cela ne suffisait pas, son intégrateur, son assistant informatique si vous voulez, s'est transformé en animal familier dont la qualité principale n'est pas l'obéissance.

Un bon roman. Oui. Pas plus. Pourquoi ? Tout au long de ma lecture, je n'ai réussi à me départir d'un sentiment d'insatisfaction, d'une impression d'inachevé. Matthew Hugues a du talent, c'est indéniable, mais il pourrait faire mieux, beaucoup mieux je pense. L'auteur conduit Majestrum à bon port. Le voyage aura certes été agréable mais il aura manqué cette petite touche de folie que le rendrait incontournable. Pour continuer avec ma métaphore filée foireuse, Hugues est un conducteur trop prudent, trop précautionneux, trop sage. 
Peut-être que la lecture du Brillion noir me donnera tord. Je l'espère en tout cas.

7/10  Majestrum est un bon roman, plaisant à lire, bourré d'humour et mais on ne peut s'arrêter de penser tout au long de sa lecture que son auteur en a beaucoup sous la pédale et peut faire beaucoup mieux. A voir lors des prochaines parutions de l'auteur, la fin du roman ne fermant pas la porte à une suite bien au contraire... 

Simatural

Publié dans Critiques SF

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