Fiche n °200 : La Vitesse de l'Obscurité d'Elizabeth Moon

Publié le par Simatural

Couverture :


Résumé :
Il y a la vitesse de la lumière, dont tout le monde a entendu parler, sur laquelle ont travaillé les plus grands savants. Mais qu’en est-il de la vitesse de l’obscurité ? Lou Arrendale sait qu’elle existe, qu’elle est aussi digne d’intérêt, et même peut-être plus. Mais personne n’écoute Lou. Car Lou est autiste. Grâce à ses dons pour les mathématiques, il jouit d’une excellente situation dans une compagnie pharmaceutique et mène une vie indépendante. Mais l’offre de tester un traitement expérimental censé annuler les effets de l’autisme chez l’adulte vient perturber son existence bien réglée. Si celui-ci réussit, Lou devrait penser, agir et se comporter comme n’importe quel adulte « normal ». Mais, délivré de l’autisme, Lou Arrendale serait-il encore lui-même ?
Roman profond et poignant, inoubliable, qu’Elizabeth Moon a dédié à son fils autiste, La vitesse de l’obscurité a été nominé pour le prix Arthur C. Clarke et couronné par le prix Nebula en 2004.
Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=31426

Mon avis :
Habituellement; Elizabeth Moon écrit de médiocres romans militaristes publiés en France aux éditions Bragelonne. Habituellement. Car, voilà que l'auteur nous sort un magnifique roman, La Vitesse de l'Obscurité. Celui-ci a été nominé pour le prix Arthur C. Clarke et couronné par le prix Nebula en 2004.

Contrairement à ce que l'on pourrait craindre en lisant le résumé, La Vitesse de l'Osbcurité n'est pas un simple ersatz des Fleurs pour Algernon. Les deux romans ont en commun leur sujet, le rapport entre intelligence et bonheur, mais le traitement choisi par Moon n'est pas le même que chez Keyes. Il est même, en quelque sorte, son opposé. Car si Lou est autiste, il est aussi un génie. Pour lui, les mathématiques ne sont qu'un jeu contrairement aux gens normaux qui le troublent par leur comportement déraisonnable et souvent irrationnel.
« L’enfant que j’étais trouvait que les systèmes abstraits des nombres étaient plus intéressants que les systèmes abstraits des relations humaines. (…) L’homme que je suis devenu aujourd’hui pense que si les gens ressemblaient davantage à des chiffres, ils seraient plus faciles à comprendre. Mais l’homme que je suis aujourd’hui sait aussi qu’ils ne sont pas comme des chiffres. Quatre n’est pas toujours  la racine carrée de seize chez les humains »
Dans un futur proche, un traitement contre l'autisme voit le jour. Se pose alors la question pour les personnes atteintes d'autisme de savoir s'ils doivent prendre ou non le "médicament". Une question qui prend vite des allures d'obligation tant le regard que portent les autres est lourd à porter. Un choix qui n'en pas un dans un monde qui ne supporte pas la différence.
« Mais il y a aussi l’ignorance, le non-savoir, et l’ignorance volontaire, celle qui refuse de savoir, celle qui recouvre la lumière du savoir avec la couverture des préjugés noirs »
Grand roman sur l'altérité et sur la perception de l'Autre, La Vitesse de l'Obscurité est une leçon de tolérance qui doit passer entre toutes les mains.

9/10 La Vitesse de l'Obscurité, c'est celle de notre ignorance ; pis encore, celle de notre stupidité. Entre rires et larmes, la vie de Lou Arrendale mérite toute votre attention. Un roman profond, poignant et inoubliable que l'auteur dédie à son fils autiste. Habituellement auteur de médiocres romans militaristes, Elizabeth Moon nous livre un chef-d'oeuvre d'humanité, un hymne à la tolérance et à la différence, qui devrait vite rejoindre les classiques de la SF comme l'a fait Des Fleurs pour Algernon en son temps !

Simatural

Publié dans Critiques SF

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C... 25/03/2009 18:08

Mmmm... Quelle merveilleuse couverture !!!
Rien que pour ça, ce bouquin vaut le coup...