Fiche n° 170 : Witchling (Les Soeurs de la Lune 1) de Yasmine Galenorn

Publié le par Librairie CRITIC

Couverture :


Résumé :

Nous sommes les sœurs D’Artigo : mi-humaines, mi-fées, agents de la CIA d’Outremonde. Être une fée dans votre monde confère bien des avantages : nous sommes plutôt bien perçues, contrairement à nos congénères un peu moins, disons… sexy.
Malheureusement, notre ascendance nous joue parfois des tours. Quand elle panique, ma sœur Delilah se transforme en chat. Menolly, elle, est un vampire qui tente de s’adapter à sa condition. Quant à moi ? Je suis Camille… une sorcière. Sauf que ma magie est aussi imprévisible que la météo, et ça, mes ennemis vont l’apprendre à leurs dépens !

Informations complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=31746

Mon avis :

Evacuons tout de suite les rares qualités de Witchling pour pouvoir pleinement se concentrer sur ses très nombreux défauts. Derrière cette couverture racoleuse que certains, je suppose, trouveront jolie, se cache un court roman sorti directement en poche à un prix abordable. Première traduction en France de l'américaine Yasmine Galenorn, Witchling réussit un exploit prétendument impossibe. Cette corvée terminée, passons maintenant aux points faibles du livre. Quel exploit me demanderez-vous et vous auriez raison. Celui d'être plus mauvais que le plus mauvais épisode de Charmed. Explications...

Alors que certains auteurs construisent patiemment leurs univers (Jim Butcher par exemple), Yasmine Galenorn se lance dès les premières pages dans un melting-pot de tous les mythes et légendes que compte le Fantastique, de toutes les références qu'elle a vues, lues ou entendues au cours de sa vie de sorcière. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est sa biographie. Vampires, chat-garous, magiciennes, fées, démons, dragons, métamophes, pas de doute, le monde où vivent les trois soeurs D'artigo est riche, trop peut-être. La richesse devient vite surabondance. Je commence à croire que l'auteur bâtit son univers et ses personnages au fil de sa plume. Une hypothèse confirmée par la présence de nombreuses contradictions en tous genres. De fait, qu'ils s'agissent des personnages, de l'intrigue ou de l'univers, les incohérences se multiplient alors que s'additionnent les pages. Ainsi, on apprend à un moment qu'être vampire permet de "sentir le sexe" où que l'acte sexuel ait lieu, juste pour le comique de la situation (ici un coup de téléphone). Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas. Cette caractéristique apparemment propre aux vampires  n'est pas reprise ni expliquée par la suite. Une erreur sans conséquence qui ne serait pas trop grave si elle était exceptionnelle. Hors, ce n'est pas le cas, loin de là, et les contradictions sont légions. Les réactions des personnages nous semblent parfois incompréhensibles, leurs actes aussi d'ailleurs. Difficile alors de s'attacher à l'univers ou aux personnages si l'on ne sait jamais sur quel pied danser. 

L'expression "écrire comme une patate" semble avoir été inventée pour l'auteure. Le style est parfois si haché qu'on en vient presque à se demander, avec un peu de mavais foi, si Galenorn ne s'est pas adonnée au petit jeu du cadavre exquis. Les phrases sont grammaticalement correctes mais la juxtaposition de certaines laisse parfois pantois. Un petit problème qui trouve son point culminant dans les dialogues.

Pour contrer le gnangnan généralement propre au genre, l'auteure semble avoir trouvé la parade ultime : la vulgarité. Lorsque les personnages se draguent, ce qui arrive assez souvent, et qu'ils en viennent à comsommer leur relation (ça y' est je me mets à écrire comme un auteur de Bit-lit), les personnges commencent à parler comme des acteurs de films pornographiques ou "triple X" pour reprendre une blague hilarante de notré héroïne préférée. Un humour tout aussi mauvais que la construction des dialogues qui non seulement manquent de naturels (les personnages parlent comme des robots) mais se permettent des longues et lourdes tirades qui, à l'instar de certains mauvais mangas, apportent des informations nécessaires à la compréhension de l'histoire pour que le lecteur ne se perde pas en route. 

Après 300 pages d'incohérences en tous genres, d'invraisemblances, de scènes érotiques torrides, arrive enfin le combat final (je vous passe le ridicule de la révélation finale où l'on découvre comment tuer le grand méchant) et surtout la fin. LA FIN. En guise de conclusion, nous pouvons retirer de cette éprouvante lecture un petite morale à deux balles. Si nous avons déjà vu par le passé des auteurs se révéler être de grands magiciens, l'inverse n'est visiblement pas vrai : on ne s'improvise pas auteur ! 

2/10 La Bit-lit dans ce qu'elle a de plus risible. Tout est mauvais dans ce livre : des personnages creux à la plume ratée de l'auteure en passant par les très nombreuses incohérences et invraisemblances. Et pendant ce temps-là, l'Amazonie pleure...

Simatural

PS : Un roman d'ores et déjà favori pour le coup de pied de l'année 2009.

Publié dans Critiques bit-lit

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Maleeva 11/05/2010 03:22


ah bien contente de voir que je suis pas la seule a pas avoir aimé ce livre. ^^' J'ai trouvé ça pénible. Je me suis quand même tappé les 2 autres. Ça relève du miracle. Superbe critique en passant.
Continue ton beau travail :)


Simatural 28/02/2010 11:18


Le pire, je crois, dans cette histoire, c'est que cette série cartonne et pas qu'un peu... Et quand je vois une excellente série comme Les Dossiers Dresden qui peine à côté... C'est frustrant !


Mathilde 28/02/2010 02:00


J'admire ton courage pour avoir lu 300 pages:)
Moi je n'est pas dépassé le premier chapitre. Et pourtant j'ai du m'y reprendre à deux fois !

Cela m'apprendra à acheter de la bit-lit avant de lire les critiques dessus^^


Tiphaine 07/10/2009 19:53


J'aurai du lire votre chronique avant d'acheter ce livre.
J'ai fait confiance à l'éditeur. Mais non tout n'y est pas du même niveau. Et là c'est le fond.
Merci pour votre site et je vais suivre plus souvent vos conseils de lecture.


Oyewo 02/03/2009 20:35

Oui, pour avoir lu les deux, Simatural a raison, Succubus Blues et L'appel de la lune sont de loin meilleurs que ce livre franchement incroyablement inutilite! Et pourtant je ne suis pas spécialiste.