Fiche n° 102 : L'Accroissement mathématique du Plaisir de Catherine Dufour

Publié le par Kalys

Couverture :


Résumé :

Comment, je vous le demande, résumer en quelques lignes le contenu de vingt nouvelles? Après y avoir réfléchi un bon moment (c'est-à-dire plus d'une minute), j'en suis arrivée à la conclusion suivante : on ne peut pas. Aussi je quémande votre indulgence, ainsi que votre bienveillance, car cette chronique empruntera des sentiers moins balisés que d'ordinaire.
Alors, de quoi ça parle ?
De vampires, d'une baguette magique au sens très pratique mais dénuée de tout lyrisme, d'une grossesse monstrueuse, d'un fantôme trempé dans un canal pollué, de Kurt Cobain, d'Alice, de Poe, d'un troll amoureux, de mafieux russes, d'œuvres d'art enivrantes, de maternité, de Peter Pan, de sociétés froides et fades où tout se contrôle... D'emblée, c'est l'extrême diversité des sujets traités qui frappe le lecteur.
Catherine Dufour s'essaie à tous les genres, qu'elle mélange d'ailleurs allègrement. Du conte de fée au thriller, en passant par la science-fiction et le fantastique, ce recueil offre un panel de textes qui devraient retenir l'attention de tout livrophage.

Informations complémentaires :
Les éditions Le Bélial compilent dans ce recueil vint nouvelles, dont sept parues dans diverses anthologies et fanzines. Plus d'infos sur www.belial.fr.
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=30558

Mon avis :
Précisons qu'il s'agissait de ma première rencontre avec cette auteur... Et que j'en sors conquise !

S'il fallait recommander Catherine Dufour pour une raison, ce serait, sans hésiter, pour son style. Un mot qui peut prendre tous les sens qu'on veut, et que l'intéressée décrit elle-même comme un outil... Mais le style de Catherine Dufour n'a rien d'un outil. Il est... elle, il est unique. Témoignant d'une très grande maîtrise, tant syntaxique que lexicale, il se révèle à travers des images, des métaphores impeccablement enchâssées dans la phrase, jamais bancale, jamais lourde. D'une poésie incomparable, ses textes n'en sont pas moins noirs et cruels. Rien n'y est jamais niais, et ce qui scintille finit presque toujours pas couper.

J'ai cependant quelques réserves à propos des histoires en elles-mêmes. A beaucoup de textes, je reprocherai le manque de fond. L'immaculée conception, qui a raflé le grand prix de l'imaginaire 2008, est en ce sens assez représentative. Longues et terribles sont ces pages de descente aux enfers, tout droit sortie d'un Bret Easton Ellis... Mais le scénario s'avère mince, voire, inexistant. C'est un défaut que l'on retrouve dans Le jardin de Charlith ou encore Le rhume des foins. Certes, on se laisse glisser dans l'écriture comme dans un courant, tantôt tiède, tantôt glacé, qui nous emporte au fil des vagues, vers l'horizon, vers ailleurs, vers la fin. Mais parfois le voyage ne mène nulle-part.

Et on rouvre les yeux, un peu déçu, même si le voyage était magique.


9/10 L'une de mes plus belles découvertes, de celles qui, bien qu'imparfaites, laissent un souvenir à la fois confus et émerveillé...  Comme une soirée de nouvel an réussie, vous voyez ?

Kalys

Publié dans Critiques SF

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