Fiche n° 68 : La Nef des Fous de Richard Paul Russo

Publié le par Simatural

Couverture :


Résumé :
L'Argonos est un monstre de métal. Un vaisseau démesuré qui nourrit en son sein des milliers d'êtres humains depuis des générations. Nul ne sait plus dans quel but, nul ne sait plus pour quelle destination. L'Argonos erre d'étoile en étoile, mais pour y trouver quoi ? Bartolomeo Aguilera est un monstre de chair. Contrefait, sans bras, enferré dans un exosquelette, mais doté d'une intelligence hors du commun. Conseiller du capitaine Nikos Costa, il sera ses yeux au sein de l'équipe d'exploration d'Antioche, une planète depuis laquelle l'Argonos a capté une transmission probablement humaine. Une colonie ? Sans doute. Mais aussi un carnage, des centaines de corps pendus à des crochets comme de vulgaires morceaux de viande. Que s'est-il passé sur Antioche ? Pourquoi une telle atrocité ? Et surtout, commise par qui ?
Informations complémentaires :
http://critic.fr/detail_livre.php?livre=19245

Mon avis :
Si le résumé me plaisait bien, c'est avec un peu de suspicion que j'ai ouvert ce livre. En effet, le dernier livre qui avait aussi pour sujet un immense vaisseau, Le Grand Vaisseau de Robert Reed pour ne pas le citer, a été pour moi une lecture très éprouvante tant et si bien que j'ai dû me menotter au bouquin pour le finir tellement je n'accrochais pas (j'aime finir les romans que je commence). J'ai tout de même fait l'effort de lire le présent livre de Russo parce que je gardais un bon souvenir du Cimetière des Saints, un  gentil planet op' édité chez le même éditeur (le Belial quoi !).

J'ai vite été rassuré.
Point d'humains immortels et de longueurs interminables, La Nef des Fous fait dans l'efficacité. Le roman de R. P. Russo décrit un premier contact extraterrestre (un classique) par une humanité qui a depuis trop longtemps son nid. Elle ne sait plus d'où elle vient et sait encore moins où elle va...

De fait, un petit groupe vit dans un énorme vaisseau spatial : l'Argonos. En son sein s'affontent différentes factions qui veulent à tout prix prendre sa direction et choisir ses destinations futures. Au beau milieu des nombreuses intrigues politiques, il y a Bartolomeo Aguilera,  l'homme de confiance du présent (mais plus pour longtemps semble-t-il au début du roman) capitaine et narrateur de l'intrigue. Atteint de difformités qui l'obligent à vivre en permanence dans un exosquelette de métal, à porter des protèses aux bras, il vit néamoins dans à la "première classe" avec les  autres privilégiés en tout genre. Mais la bronca gronde : les soutiers commencent à deséspérer de faire les tâches les plus ingrates et de vivre dans les bas-fonds du vaisseau. Comme si cela ne suffisait pas, l'Argonos fait escale sur une planète où il découvre des milliers de corps pendus à des crochets. Qui a pu commettre ce massacre ? et pourquoi ? Y'a t-il un rapport avec le signal émit par un vaisseau apparemment inerte.
Une fois ouvert, difficile de refermer ce roman foisonnants d'intrigues, peut-être une peu trop parfois. Certaines idées lancées par l'auteur ne connaîtront pas de développement, ce qui peut frustrer le lecteur.

Celui-ci se consolera tout de même en pensant que rare sont les romans capables de satisfaire à le fois les amateurs de space op' mais aussi ceux d'épouvante. Que ce soit l'exploration de la planète ou celle de l'autre navire, la lecture peut parfois se révéler angoissante.

7,5/10   Un space op' passionnant et intelligent qui, à défaut d'être original, réussit le pari de distraire son lecteur et de le tenir en haleine  sur un peu plus de 400 pages. Pas mal, non ?

Simatural

Publié dans Critiques SF

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