Fiche n° 39 : Les Continents perdus de Thomas Day

Publié le par Simatural

Couverture :


Résumé :

De tout temps, imaginaire et récits de voyage ont fait bon ménage. Pour s'en convaincre, il suffit de se plonger dans L'Odyssée d'Homère, Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift ou, plus récemment, Rihla de Juan Miguel Aguilera. En vous proposant un tour du monde aux destinations souvent inédites, l'anthologie Les Continents perdus se place dans la continuité de cette tradition littéraire. L'Europe de Mary Shelley ; l'Arctique durant la Seconde Guerre mondiale ; l'Afrique du Sud au temps de l'Apartheid ; le Delà, ce pays insensé que l'on rejoint en prenant le Train Noir ; et, enfin, un Sud-Est asiatique fantasmé, inquiétant, voici les cinq étapes de ce Livre des merveilles moderne où il sera beaucoup question d'injustices, de sacrifices, de petites et de grandes tragédies.

Informations Complémentaires :
http://www.critic.fr/detail_livre.php?livre=16588

Mon avis :
Après une préface qui ressemble plus à un édito de bifrost qu'à une présentation du recueil, nous voilà parti pour 5 textes qui sont autant de voyages extraordinaires.

L'anthologie dirigée par Thomas Day (pseudonyme de Gilles Dumay) commence par un très bon texte de l'américain Walter John William (Plasma, Cablé,...) qui nous emmène dans une Europe alternative en compagnie d'un Lord Byron soldat et d'une Mary Shelley dont on se demande si elle finira par écrire son chef-d'oeuvre. 

On enchaine rapidement avec un texte de l'auteur anglais Ian R. McLeod (auteur du chef-d'oeuvre les Iles du Soleil ou de l'excellent steampunk L'Age des Lumières) qui préfère, quant à lui, la morsure du froid dans une nouvelle implacable et magnifique, mettant en scène la survie d'un scientifique aux prise avec les glaces et ses habitants.

Puis, changement de climat, avec l'Afrique de l'Apartheid sous la plume d'un autre américain : Michael Bishop. L'auteur de Visages volés réécrit cette triste période que l'on a pas beaucoup l'habitude de voir en SF avec beaucoup de talent. A n'en pas douter, vous ne pourrez pas rester insensible à cette nouvelle.

L'avant-dernier texte est l'oeuvre de Lucius Shepard. Le train noir est au moins aussi hallucinant que les textes de Aztechs. Encore une réussite donc pour un voyage en train que vous n'oublierez pas de sitôt ! 

L'adage "le meilleur pour la fin" n'aura jamais été aussi vrai que pour cette anthologie. En effet, alors que le lecteur croit avoir tout vu, le texte du canadien Geoff Ryman est l'une des plus belles perles qui m'ai été donnée de lire ces dernière années. Son conte totalement hallucinant et complètement barré fait allusion au génocide du Cambodge, d'une manière détournée mais non moins géniale. L'annonce de la traduction de Air, considéré comme son meilleur roman, dans la collection de SF de Bragelonne, nous permettra de découvrir on ne peut mieux cet écrivain de talent.   

9/10 Du très bon, de l'excellent et même une p'tite pépite. Le sommaire de cette anthologie est une réussite ! Et vous savez quoi, M'sieur Day, j'crois que j'en reprendrais bien un peu, de ces continents perdus. 

Simatural

Publié dans Critiques SF

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