Fiche n° 37 : Le Miroir Flexible de Régis Messac

Publié le par Simatural

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Résumé :
Le Miroir flexible a paru à partir de novembre 1933 sous forme de feuilleton dans la revue des Primaires. Le récit appartient au genre de ce que l'on appelle aux Etats-Unis, la novelette. Un genre qui, pour Messac, "en un sens, se prête à certaines exigances du roman policier."

Si le Miroir  flexible tient en partie du roman policier, il relève aussi du domaine de la science-fiction et de celui de la critique sociale . Avec le Miroir flexible, nous dit Gérard Klein, Messac "s'établit en continuité avec la science-fiction vernienne", et il introduit  sans son livre,  "une conception  darwinienne du progrès de la vie artificielle vers le but ultime, égaler voire surpasser l'intelligence humaine, qui est exactement celle de ses promoteurs actuels." De plus, son mécanozoaire, "cet animal mécanique, ne doit rien à l'imitation du vivant , ce qui est d'une grande et peut-être d'une totale originalité dans la littérature". Pour Gérard Klein,  le Miroir flexible est "en soi une expression bizarre qui sonne comme le cadavre exquis surréaliste", mais l'auteur, nous dit-il, "avait compris, vingt ans à l'avance, à une époque où la documentation spécialisée était inexistante".

Information Complémentaires :
" Régis Messac n'est pas un prophète. Les auteurs de science-fiction n'ont pas le don mystique de voir un futur déjà écrit . C'est avec beaucoup de précaution qu'il faut accorder même le titre de précurseurs. En effet, la profusion de leurs prévisions, extrapolations, et inventions, est telle qu'il serait bien étonnant que le temps ne donne pas raison à l'un ou à l'autre. (...)
Mais dans le cas considéré, la richesse du texte indique que l'auteur a beaucoup réfléchi à la question et qu'il manifeste un remarquable sens de l'avenir." Gérard Klein

Mon avis :
J'ai découvert Messac il n'y a pas longtemps avec la réédition de son p'tit chef-d'oeuvre, Quinzinzinzili aux éditions de l'Arbre Vengeur. L'annonce d'une nouvelle réédition avait tout pour me plaire...

S'il se situe un cran en dessous de Quinzinzinzili, Le Miroir flexible reste un excellente livre qui, je crois, est d'un excellent moyen d'abordre cet écrivain trop méconnu qu'est Régis Messac. A mi-chemin entre le roman policier et la science-fiction, il est question dans Le Miroir flexible d'un meutre et de la tentative de se résolution.  Sur un fond d'une Amérique en proie au racisme, un meutre vient secouer le petit village de Tawasentha. Qui est le meutrier  de ce brave Sunny Jim ? Les noirs comme semblent le suggérer les membres à demi-demaqués du Ku Klux Clan. Où le serpent  géant qui rôdent autour des marais...

Pour l'auteur, ce meutre n'est qu'un prétexte pour étudier tout d'abord, une époque des Etats-Unis trop souvent ignorée. Du social donc, mais aussi surtout de la SF, avec l'introduction d'une des premières figures d'automate dans la SF française. Le traitement par l'auteur  de la question de l'intelligence artificielle et "du miroir flexible"  qu'elle suppose, est impressionnante par la réflexion qu'elle propose à son lecteur.

A noter l'importance du paratexte (et notamment l'excellente préface de Monsieur Klein que je vous conseille de consulter après avoir lu le texte) qui éclaire l'oeuvre de  Messac tout en lui rendant hommage.

8/10 Si vous ne connaissez pas Messac, ce roman semble un excellent moyen pour réparer cet oubli impardonnable ! ^^Un livre à découvrir d'urgence !

Simatural

Publié dans Critiques SF

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